Didron, Iconographie chrétienne ^ t. I
ministres tiendraient devant lui des patènes de verre, dans lesquelles les prêtres viendraient prendre la couronne consacrée (c'est-à-dire le pain eucharistique en forme de couronne) pour la distribuer au peuple. Vingt ans plus tard, saint Urbain « ordonna que les vases sacrés seraient tous d'argent, et fit faire vingt-cinq patènes de ce métal. » Des auteurs ecclésiastiques du moyen âge, tels qu'Honorius d'Autun, ont conclu de ces passages que « les apôtres et leurs successeurs célébraient la messe dans des calices de bois, le pape Zéphyrin dans des vases de verre, et qu'à partir du pape Urbain il ne fut plus permis au célébrant de se servir de vases qui ne seraient pas d'or ou d'argenté » Les textes du Liber pontificalis ne comportent pas une aussi étroite limitation de la période dans laquelle des vases de verre furent employés pour l'oblation eucharistique. Ils ne disent pas qu'Urbain défendit l'usage de calices qui ne seraient pas faits de métaux précieux ; ils rapportent seulement qu'il fit faire des vases d'argent, et en particulier un certain nombre de patènes correspondant à celui des tituli ou paroisses de Rome. L'histoire de saint Sixte II et de saint Laurent montre que les trésors de l'Eglise étaient sans cesse exposés à la confiscation : avoir toujours à sa disposition des calices d'or et d'argent aurait été aussi difficile à TÉglise persécutée qu'il le serait de nos jours aux communautés chrétiennes qui vivent sous le joug musulman ^. Quand vinrent des temps plus prospères, quand les libéralités des empereurs et des riches Romains convertis eurent rempli de vases précieux le trésor de l'Eglise, l'usage des calices de verre disparut sans doute peu à peu% et peut-être quelques-