‹ Rome souterraineChapitre 25 sur 338 · Hist. Eccl, III · texte numérisé non relu

Hist. Eccl, III

Voici, par exemple, un événement d'une extrême importance, qui vient naturellement à sa place au début d'une histoire des catacombes. Nous voulons parler de la conversion, dès les premiers jours de la prédication chrétienne, de plusieurs membres de cette famille des Flaviens*, qui devait donner Vespasien au trône impérial. Le frère aîné du futur empereur, Titus Flavius Sabinus, fut préfet de Rome l'année même du martyre de saint Pierre et de saint Paul. Les devoirs de sa charge durent le mettre en rapport avec eux, et il entendit certainement parler de la foi nouvelle. Or le grand historien de l'empire trace de lui ce portrait remarquable. C'était, dit Tacite, un homme juste, d'une pureté de vie irréprochable; un homme doux, qui détestait la violence et avait horreur du sang inutilement versé. Vers la fin de sa vie, quelques-uns l'accusèrent de se laisser aller à l'indolence, et lui reprochèrent de devenir indifférent aux affaires publiques. D'autres le considéraient seulement comme un homme modéré, désireux d'épargner la vie de ses concitoyens. D'autres enfin virent dans son existence retirée l'effet des infirmités d'un âge avancé, et cet amour du repos qui est naturel à la vieillesse ^. Ces explications diverses d'un changement de vie qui étonna si vivement les contemporains nous donnent le droit d'émettre à notre tour de nouvelles conjectures auxquelles ils ne paraissent pas avoir songé. Il est impossible de n'être pas frappé de la similitude entre le blâme dirigé contre la vie retirée de Sabinus^ et ces accusations d'inertie, de haine du genre humain, d'indifférence pour les affaires publiques ^, qui furent si souvent portées contre les chrétiens. Sabinus fut-il donc chrétien? Nous hésiterions à proposer cette hypothèse, si elle ne recevait un grand poids de ce fait certain, que ses descendants immédiats furent chrétiens.

1. De Rossi, Bidlettino di arch. crist.^ i^^^j P- 17-24. — Cf. Beulé, Fouilles et Découvertes ^ I^ p. 41 1-430.

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