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CHAPITRE IIL

DESCRIPTION ANALYTIQUE DU PLAN DE LA PREMIÈRE AREA DU CIMETIÈRE DE CALLISTE*.

Escalier A. — L'escalier par où l'on descendait originairement dans la principale galerie de Varea a été étudié et analysé en détail par MM. de Rossi en mai 1865. L'inclinaison des marches encore existantes a permis de déterminer celle de la partie détruite, figurée dans la figure 55 par une ligne de points. Ce qui reste dé Tescalier commence à une profondeur d'environ trois mètres au-dessous du niveau du sol et descend à près de douze mètres sous terre. Un mur construit en maçonnerie et en tuf mélangés formait d'abord les parois de cet escalier, qui bientôt commençait à descendre à travers le roc vif. On reconnaît les traces de deux constructions différentes, de deux rangées de marches superposées. Les degrés de l'escalier primitif étaient couverts de dalles de marbre, et ses parois étaient revêtues de très-beau stuc, sur lequel couraient d'éclatantes bandes de minium. Il fut en partie démoli, et ce qui restait de ses marches servit de fondations à un escalier nouveau, construit en maçonnerie. Ce second escalier est indiqué dans la figure 55 par la ligne de points. Le lecteur devra se reporter à Q,Q\\jt figure, ainsi qu'au plan qui accompagne ce cha-

I . Le lecteur devra suivre cette analyse sur le plan qui accompagne ç 75^ ce chapitre : il devra aussi recourir à Y élévation donnée figure ^5, page 487.

pitre. Les lettres et les chiffres sont les mêmes que ceux dont se sert M. de Rossi.

A-. — Mur ayant pour assises un degré de l'escalier primitif.

A^ — Construction semblable, appuyée sur trois degrés.

A^ — A peu près à moitié de l'escalier, à gauche, on trouve un sepolcro a mensa, divisé de manière à contenir trois corps. Il a la même forme que le célèbre tombeau de saint Corneille ; mais la niche qui surmonte la mensa est bouchée avec de mauvais plâtre, comme le sont également les lociili construits de chaque côté de Tescalier. Ce tombeau et ces loculi sont postérieurs à Tambulacre auquel conduit l'escalier A.

A^. — Trois ou quatre loculi ont été taillés dans l'escalier lui-même, évidemment à une époque qui se place entre sa démolition et la construction de Tescalier postérieur. Près de sa partie inférieure on avait construit deux vastes tombes (A^, A*°), profondes d'environ un mètre et demi, et qui percent le massif de Tescalier comme feraient deux petites galeries. Dans l'intérieur d'une de ces tombes sont trois loculi fermés de la manière ordinaire ; l'autre est divisée de manière à pouvoir renfermer neuf cadavres dans autant de niches séparées. Les ouvertures de ces tombeaux sont couvertes de tuiles ajustées en forme de toit, aiin de pouvoir supporter le poids de l'escalier qui fut plus tard bâti au-dessus d'eux. Les dernières marches de l'escalier primitif, indiquées par des points (A^*), ont été entièrement détruites, de manière à ne pas même laisser adhérents aux parois quelques fragments sur lesquels il fût possible de poser le pied; quiconque, après cette destruction, eût essayé de pénétrer dans le cimetière par l'escalier, aurait été obligé de faire un saut d'un mètre et demi environ avant d'atteindre le sol de l'ambulacre. Dans le mur vertical ainsi laissé à découvert, on a trouvé un sépulcre pouvant contenir plusieurs cadavres, et dont les ruines subsistent encore.

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A*^ — Le second escalier était d'environ 85 centi-. mètres plus haut que l'escalier primitif; cette différence de niveau rendit nécessaire la construction de quelques marches à droite et à gauche, pour descendre dans le cubiculum A} et dans la galerie L.

Ambulacrum a. — U ambulacrum dans lequel nous pénétrons maintenant fut déblayé au commencement de 1856; il avait déjà auparavant été visité par Boldetti et d'autres explorateurs, dont les noms se lisent dans les galeries qui l'avoisinent. Arrivés entre les chambres A ^ et A ^, nous remarquons que, des deux côtés de l'ambulacre, les murailles sont entièrement ruinées, à l'exception d'un espace de la hauteur de deux loculi, laissé intact sous la voûte, et qui surplombe la partie inférieure de la muraille. Les loculi de cette bande demeurée intacte sont plus petits que les autres; le plafond et cette portion de muraille sont revêtus de stuc et décorés de peintures que l'on ne peut distinguer d'en bas. Cette partie supérieure, dont une section est donnée page ^^^^ figure 61, fut certainement creusée quand le reste de l'ambulacre était rempli de terre, et l'élévation de cet amas de terre, qui formait le sol de la petite galerie taillée au-dessus, a permis aux compagnons de Pomponio Leto d'écrire leurs noms, Tarthenius et GalluSj sur la voûte.

Pour entrer dans le cubiculum A% on est obligé de monter deux marches; à la chambre A^, deux marches encore rendent sensible la dépression subie par le sol de l'ambulacre. A l'autre extrémité de la galerie, la même particularité devient plus frappante : le plafond de la galerie transversale I reste constamment horizontal, tandis que, depuis la moitié de cette galerie jusqu'au point où elle rejoint l'ambulacre A, le sol ne cesse de s'élever. Arrivé à la porte du cubiculum A% on passe de plain-pied de l'ambulacre dans cette chambre, ce qui prouve qu'elle fut creusée quand le sol de l'ambulacre était déjà abaissé. A l'entrée de la galerie transversale H, de 60 centimètres plus élevée que l'ambulacre A, on voit les restes de deux

marches, qui, maintenant usées, forment un plan incliné. La différence des deux niveaux est indiquée dans la figure 61, et Ton reconnaît que H doit avoir été creusé avant la dépression du sol de A. Presque vis-à-vis de la galerie H est l'entrée de la chambre A% dans laquelle on descend par deux marches, comme on peut le voir dans la figure 61. Ce cubiculum a donc été construit après que le . sol de A était déjà abaissé et en prévision d'un abaissement plus profond encore, qui ne fut pas effectué. La même figure nous montre l'étroite galerie qui court au-dessus de ïambulacrum A, et les vestiges du plafond primitif de Fambulacre. Elle représente aussi une portion de la petite galerie I; le puits pour l'extraction des terres, m^ se trouve immédiatement au-dessus de la chambre A^. Le pont moderne qui aujourd'hui traverse l'ambulacre A ne correspond à aucun vestige de l'antiquité ; il a été construit par la commission d'archéologie sacrée pour rendre possible de traverser la galerie I, qui, maintenant que l'amas de terre formant son sol et comblant l'ambulacre A a été déblayé, serait sans cela impraticable et demeurerait suspendue en l'air.

Descendant cinq marches usées, et devenues un plan incliné A^*^, on arrive à l'entrée de la galerie G; elle suit le niveau le plus abaissé de A, et on n'aurait pu de l'ambulacre A passer dans cette galerie, si celui-ci avait conservé son niveau primitif. L'entrée de la galerie G a donc été creusée après la dépression du sol de A. Presque en face de G est la porte du cubiculum A^, dont le niveau est à peine inférieur à celui de A; nous sommes parvenus à la partie la plus abaissée de l'ambulacre : l'extrême dépression du sol, que l'on n'avait pu effectuer en face de A^, l'a été ici. Les murailles de V ambulacrum sont en cet endroit dans une condition si ruineuse, qu'il a fallu les soutenir par des travaux modernes de maçonnerie. L'entrée de la galerie F a été, au contraire, creusée au niveau du sol primitif de l'ambulacre ; plus tard on l'a abaissée jusqu'à son second niveau : on en trouve la preuve dans la hauteur inusitée de

cette galerie, et dans la manière grossière dont le tuf formant aujourd'hui la partie inférieure des murailles fut taillé lors de cette nouvelle excavation. Derrière le cubiculum A® s'ouvre un large sépulcre marqué A^^ dans le plan, et ressemblant à un sepolcro a mensa^ si ce n'est qu'il est creusé beaucoup plus près du sol, et qu'il paraît avoir été clos comme un simple loculus. L'entrée de la galerie E doit avoir été construite après la dépression du sol de A ; celles des galeries D et F portent, au contraire, la trace de travaux exécutés postérieurement à leur construction, pour les égaler au niveau abaissé del'ambulacre. Approchant du coin AC, nous remarquons que le mur de gauche est soutenu, dans une grande partie de sa hauteur, par une muraille en tuf et en briques, et que l'angle AC est presque tout entier rempli par un solide pilier fait des mêmes matériaux (A 2'^), et ne laissant qu'un étroit passage pour une seule personne à la fois. Dans toute la longueur de V ambulacrum A, on a trouvé de nombreux fragments d'inscriptions tombés des loculi : la plupart de ces inscriptions sont en grec.

CuBicuLUM A^. — Revenant sur nos pas jusqu'au pied de l'escalier, entrons maintenant dans le cubiculum A^ Le sol primitif de ce cubiculum était de 85 centimètres plus bas que son sol actuel ; par la hauteur où cesse le beau stuc blanc, orné de bandes rouges, qui couvre les murailles, nous pouvons déterminer la ligne originaire du plafond. Le mur de gauche n'existe plus ; il a été démoli pour élargir la chambre et la mettre en communication avec la deuxième et la troisième area de la nécropole, dont le niveau plus élevé a nécessité l'élévation du sol de la chambre et par suite celle du plafond. La porte du cubiculum et les loculi qu'il contenait sont tout à fait en ruine.

Cubiculum A*. — Deux marches conduisent au cubiculum A^. Il est revêtu de stuc, sur lequel se voient les fresques reproduites par les planches VI, i, VIII, 2. En examinant la partie inférieure des parois, on reconnaît que le sol primitif doit avoir été abaissé de 20 centimètres. A

droite, près de la porte, est un piédestal ou siège carré recouvert de terre cuite ; à gauche, un petit escalier conduit à un étage supérieur : cet escalier est certainement moins ancien que la chambre.

CuBicuLUM A^. — Le cubiculum A' est carré comme le précédent, et décoré de même. Le sol s'élève à 30 centimètres au-dessus du niveau de Tambulacre. Ces deux chambres sont appelées par les guides les Capelle dei Sacramentij à cause des peintures liturgiques qui se voient sur leurs murs. Voir planches III, V, i, VI, 2, 3, VIII, 3. Voir aussi page 385.

Cubiculum A^. — Le cubiculum suivant, A*, est décoré de la même manière, mais le stuc est d'une qualité inférieure. La voûte est très-basse, élevée à peine de deux mètres au-dessus du sol, qui est pavé de marbres de couleur, disposés en figures géométriques. M. de Rossi a reconnu que le sol primitif est beaucoup plus bas que ce pavage, et que, plus tard, Fambulacre n'ayant point été abaissé au niveau qu'avait prévu l'architecte du cubiculum. ce sol primitif fut exhaussé pour être de plain-pied avec A ; on ne changea rien au plafond, et ainsi s'explique le peu d'élévation de celui-ci. Ce cubiculum ^ de même que A^, a, creusé dans le mur, en face de la porte, un loculo a mensa ; les murs latéraux renferment aussi deux loculi, l'un au-dessus de Pautre. Au-dessus du loculo a mensa deux petits loculiy destinés à des enfants, ont été irrégulièrement taillés à une époque postérieure. Les explorateurs du xv® siècle pénétrèrent dans cette chambre, et y gravèrent leurs noms Parthenius, Gallus, Matthias , Thomas, qui sont maintenant à peine lisibles.

Cubiculum A^ — Le cubiculum A^ a la même forme que le précédent, et offre une décoration analogue. Il est probable que le sol, dans lequel on descend aujourd'hui de Tambulacre A par deux marches, fut, à une certaine époque, exhaussé artificiellement comme celui du cubiculum A'^, car on a la preuve d'une élévation, sans doute correspondante, du plafond. Celui-ci fut assez exhaussé pour

permettre de creuser tout autour de la chambre une rangée supplémentaire de loculi. Cette nouvelle portion de muraille est revêtue d'un stuc de qualité très-inférieure. Le plafond est cintré et non plat ou cruciforme, comme celui des précédents cubicula. Pour les changements de niveau, voyez les lignes de points dans la, figure 6i, page 498.

CuBicuLUM A^ — A^ a la forme et la décoration des cubicula précédents. Dans chacune des murailles latérales, le tombeau creusé le plus près de terre est un loculo a mensa. dont l'intérieur est revêtu de marbre, et forme un locus bisomus : la fermeture était semblable à celle des loculi ordinaires. La muraille du fond est tout entière occupée par un vaste sepolcro a mensa, divisé en deux tombes, chacune intérieurement garnie de marbre : les barres de fer qui supportaient la mensa sont encore visibles. A une époque plus récente, il devint nécessaire de renforcer le mur avec de la maçonnerie ; les deux pilastres de marbre qui s'élèvent de chaque côté du tombeau doivent être assignés à cette date, ainsi que la dalle de marbre grec qui était autrefois posée verticalement entre eux. Le sol de la chambre est encore garni de son pavé de marbre. L'épitaphe suivante a été trouvée dans ce cubiculum :

SERGIVS ALEXANDE CAECILIE FAVSTAE COIVGISVEBENE MERIENTI FECIT.

Escalier B. — L'escalier et Tambulacre B sont parallèles à A. Ils sont très-spacieux, très-élevés ; mais ils ont été détigurés non-seulement par d'anciennes altérations, mais encore par la négligence de ceux qui, pendant le siècle dernier, possédaient ce cimetière, et transformèrent l'ambulacre B en une cave. Les tombes et les murs furent ruinés pour placer des barriques de vin, et l'on construisit, pour descendre dans la galerie, un escalier moderne passant sous l'édifice à trois absides qui marque la limite de la seconde area. Aujourd'hui cet escalier est muré; l'endroit

OÙ les marches de Fancien escalier devaient atteindre la surface du sol est indiqué sur le plan par des lignes de points.

B^®. — Un mur fermant l'escalier à peu près à moitié de sa longueur. Depuis cet endroit la partie supérieure de Tescalier a été rétrécie de moitié, afin de ménager la place d'un étroit escalier B% qui descend aux galeries Z et Y. Près de ce mur l'escalier B conserve quelques restes d'un revêtement de beau stuc blanc, orné d'étroites lignes rouges, pareil à celui déjà observé sur les murailles de A. Presque immédiatement au-dessous du mur, les degrés de Tescalier ont été démolis, comme l'avaient été, évidemment à la même époque, ceux de Fescalier parallèle A : on distingue, le long des parois latérales, quelques débris des marches détruites. A cet endroit ont été trouvés les restes d'un petit sarcophage orné de dauphins, et portant l'inscription AOrrAIANOS. KAT. HPO H EIAQN AnPIA^; une inscription latine, dédiée àHASELLICA, a été découverte au même lieu : elle était sans doute originairement posée contre une marche.

B32. — Un petit corridor, s'ouvrant à gauche, conduit à une chambre rectangulaire revêtue de stuc grossier, et presque détruite par une galerie moderne qui passe immédiatement derrière elle. L'entrée de la galerie B% ouverte par la démolition d'un grand nombre de loculi^ montre quels dommages sa création a fait éprouver à Fambulacre B bien qu'on se soit efforcé de les limiter le plus possible. Le mur de droite est entièrement ruiné. Sur le mur de gauche on peut remarquer une rangée de loculi creusés immédiatement sous la voûte, et appartenant évidemment à une autre période que les loculi inférieurs, dont ils diffèrent par leur forme et leurs dimensions. Ils sont l'indice d'une galerie taillée dans le plafond de B, quand cet ambulacre eut été rempli de terre, de même que I* fut creusé au-dessus de l'ambulacre A ; cette galerie, après que l'escalier B eut été

I Planche XX, n" i.

rendu impraticable, dut communiquer avecB*, qui était sa seule issue, et paraît avoir été au même niveau.

Ambulacrum B. — L'ambulacre B est pavé de larges tuiles qui portent toutes la marque OPUS DOLIARE EX PR^DIIS DOMINI NET FIGL NOVIS, c'està-dire, selon Marini, la marque de la manufacture impériale deMarc-Aurèle. Approchant de l'ouverture de la galerie B^ , on remarque que, de chaque côté de la porte, la muraille est renforcée par une maçonnerie de tuf et de briques mélangés, et que l'entrée de la galerie a été taillée à travers plusieurs loculi; ce qui prouve que sa construction est postérieure à celle de l'ambulacre. Ce mur de maçonnerie n'atteint pas jusqu'à la voûte de l'ambulacre : à l'époque où il fut élevé, cette voûte n'avait pas encore été portée à sa hauteur actuelle par l'excavation de la petite galerie B^.

A droite est un sepolcro a mensa, 37 ; l'élévation inaccoutumée qu'il occupe dans la muraille montre que le sol de l'ambulacre a été considérablement abaissé au-dessous de son niveau primitif. L'entrée de la galerie I avait été d'abord creusée à ce premier niveau. Celle de H, au contraire, n'a guère plus de deux mètres de haut; cette galerie ne pouvait être en communication avec B, quand le sol de l'ambulacre avait i™,2o de plus que son niveau actuel. La disposition des loculi dans le mur de droite de B semble indiquer, cependant, que la mise en communication de la galerie H et de l'ambulacre faisait partie du plan primitif; mais elle ne put être réalisée qu'après la dépression du sol de B. Les murailles de maçonnerie qui longent une partie de H, et d'autres indices, montrent que, originairement, H s'avançait en ligne droite vers B, mais qu'à une époque plus récente cette galerie se détourna de près de 50 centimètres vers la gauche.

Dans l'ambulacre B, le mur de gauche est presque ruiné. A droite, on reconnaît les premiers travaux d'excavation de la galerie G ; ils furent abandonnés , et on ne les reprit qu'après l'abaissement définitif du sol de B. La petite gale-

rie taillée à même la voûte de Tambulacre est très-reconnaissable en cet endroit. L'entrée de F montre que, comme H, cette galerie ne fut commencée qu^après la dépression du sol de B. Le couloir B% taillé à même trois loculi, est très-peu élevé, et n'a pu non plus être construit avant cette époque. Immédiatement au-dessus de la porte de B% 01^ reconnaît l'endroit où cesse la petite galerie supérieure (B*^). Quelques ouvertures commencées à une assez grande hauteur dans la muraille de gauche indiquent que les fossores entreprirent de creuser une communication entre Tambulacre et la galerie E; mais ce dessein ne fut point poursuivi, probablement pour ne point démolir les loculi qui remplissaient la muraille.

L'entrée de la galerie D fut creusée au niveau primitif du sol de B, et ensuite abaissée en même temps que celui-ci. Le mur qui est au-dessus est moderne, et fut construit au siècle dernier, quand cette partie de la catacombe servait de cave aux propriétaires de vignobles. L'ouverture de la galerie T^ est également moderne. Le point de jonction des ambulacres B et C ne forme pas un angle aigu , comme à l'intersection de la plupart des galeries souterraines, mais une courbe assez douce. Cette particularité indique une date reculée ; elle montre qu'à l'époque où ces deux galeries furent creusées, \qs fossores n'avaient pas encore adopté un système immuable de construction. Le petit nombre de loculi taillés dans ce coin BC appartient à une date beaucoup plus récente que la construction primitive des galeries.

Galerie B*. — Aussi, quoique la galerie B% qui met cette area en communication avec un arenarium , ait été creusée dans le mur BC sans causer la démolition d'aucun loculus, il ne s'ensuit nullement que cette galerie soit contemporaine des deux ambulacres ; elle n'appartient point à la période primitive du cimetière. Après quelques pas nous atteignons un couloir moderne, qui conduit au cimetière de Sainte-Soteris, creusé à un niveau plus élevé que notre area.

Galerie B^ — La galerie B^ venait à peine d'être construite, elle était déjà remplie de loculi, quand on s'aperçut

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que sa proximité de B pouvait compromettre la solidité des tombeaux de cette dernière voie. Elle fut alors fortifiée par un épais mur de maçonnerie, qui la suivit dans toute sa longueur, et enfin tout à fait murée au point où elle opérait sa jonction avec T^

Galeries B^, B*, B^ — La galerie B^ conduisait dans V arenarium X, en passant par T. B* aboutissait à Y, B^ à Z; on entrait dans cette dernière galerie par des marches taillées dans la partie supérieure de l'ancien escalier B.

Ambulacrum C. — V ambulacrum qui joint A et B a été déblayé en 1863; il est spacieux et élevé. Il ne présente point de traces visibles d'un changement opéré dans son niveau primitif; mais comme on reconnaît des indices d'un changement de cette nature à l'extrémité de A et à celle de B, il est certain qu'il en a été de même dans C. Les loculi de Fambulacre C sont vastes, rangés avec ordre; on rencontre dans les murailles de nombreuses niches destinées à recevoir des lampes. Dans plusieurs -loculi on trouve encore de larges tuiles portant la marque des manufactures des empereurs Marc-Aurèle et Commode. A droite, immédiatement après avoir tourné l'angle B C, on aperçoit deux spacieux loculi (49, 50), et à gauche, quelques pas plus loin, un sepolcro a mensa (52 j. Ces tombes, étant presque à ras de terre, sont indiquées dans la. figure 56 comme ayant été construites postérieurement à l'abaissement du sol. Au-dessus du sepolcro a mensa on remarque, presque sous la voûte de la galerie, une ouverture pratiquée dans la muraille par les excavateurs du dernier siècle, se frayant un passage pour sortir dun étage supérieur de Varea de saint Eusèbe ; c'est par là que tombèrent probablement dans l'ambulacre C des fragments d'inscriptions entièrement différentes, par le style et le caractère, de celles découvertes dans cette galerie. Une d'elles a le ^, ce qui est sans exemple dans notre area; des fragments de plusieurs inscriptions, dont quelques débris avaient été découverts ici, furent retrouvés dans une galerie de Varea de saint Eusèbe.

Galerie C^ — L'entrée de la galerie C*^ a été pratiquée dans le mur extérieur de C en démolissant plusieurs loculi : il est donc certain qu'elle est d'une date postérieure à celle de cet ambulacre. La galerie C^ est remplie de terre et n'a pas encore été explorée ; un autre passage a dû traverser l'ambulacre C quand celui-ci était également comblé, et aller rejoindre D. Ce couloir était en communication directe avec Varea de saint Eusèbe, et paraît avoir été considérablement abaissé depuis sa première construction, soit par les explorateurs modernes, soit par l'excavation de tombes dans son sol. Il est marqué q^ dans le plan et dans la section donnée page ^%6^ figure 54.

Galerie C^ — Une autre porte conduit de l'ambulacre C dans la galerie C% qui appartient sans doute au même système de galeries que C^, et paraît avoir été construite à la même époque. Les fragments d'inscriptions trouvés dans Tune et dans l'autre sont du même caractère que ceux trouvés dans l'ambulacre.

Galerie D. — D est une galerie très-élevée, construite, comme nous l'avons vu, pendant la première période architecturale de Varea, et dont le sol fut abaissé plus tard comme celui des ambulacres A, B, qu'elle met en communication. Beaucoup d'inscriptions, la plupart en grec, furent découvertes dans cette galerie, explorée pendant l'hiver de 1862-1863.

Galerie E. — E fut creusée après la dépression subie par le sol de A; dans toute son étendue, elle ne dépasse jamais deux mètres de hauteur. Beaucoup de ses loculi sont obstrués par des constructions en briques.

■ Galerie F. — F fut commencée au niveau primitif de A, et plus tard creusée plus avant pour correspondre au sol abaissé de B, oii elle débouche. Le petit couloir F^ fut évidemment construit après la dépression du sol, car il évite de s'embrancher dans E. •

Puits F*. — Ce couloir fut plus tard démoli pour faire place à un puits de construction ancienne, qui contient encore de l'eau. Le long du puits sont percées deux rangées

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de trous, afin de permettre à un homme de poser alternativement chaque pied pour descendre; plusieurs puits des catacombes présentent la même particularité.

Galerie G. — G, commencée à partir de B, quand cet ambulacre était encore à son niveau primitif, vient aboutir en pente dans A, dont le sol était déjà abaissé quand cette galerie intermédiaire fut construite.

Galerie H. — Ha eu pour point de départ A, dont le niveau, quand on a commencé à creuser la galerie, n'avait pas encore été déprimé, et est venu aboutir dans B, à une époque où le niveau de cet ambulacre était déjà abaissé. La galerie H est pavée en marbre. Nous avons déjà remarqué le changement de direction qu'elle éprouve avant de joindre B ; un examen attentif fait voir que cette inflexion vers la droite est contemporaine de la construction de Tescalier H^ Cette partie de la galerie est pavée de tuiles portant la marque de Marc-Aurèle. L'escalier H^ a été d'abord creusé dans le tuf, et les parois naturelles du roc ont été percées de loculi ; plus loin, il descend entre deux murailles de maçonnerie, composées de tuf et de briques, dans lesquelles des loculi ont été construits. A peu près à moitié de l'escalier, à gauche, on aperçoit une porte percée dans le tuf et murée, sans doute une galerie commencée, puis abandonnée presque aussitôt. A droite est un loculus à demi ouvert, dans lequel, au lieu d'un squelette, on aperçoit un petit sarcophage de terre cuite, contenant le corps d'un enfant. Le bord supérieur des loculi construits en cet endroit n'est point plat, selon la forme ordinaire, mais légèrement cintré ; la voûte de l'escalier passe sous la galerie I, qui est à demi bouchée par les travaux de maçonnerie faits pour le soutenir. Cet escalier construit à tant de frais est demeuré inutile, car on reconnut vite que la galerie à laquelle il conduisait était, à cause de la nature du roc, impropre aux usages sépulcraux. Les briques portent toutes la marque de la manufacture de Marc-Aurèle [figUnae novae),

CuBicuLUM H^ — Le cubiculum H*, dont l'entrée fait

face à Tescalier H^, diffère des chambres que nous avons jusqu^ici décrites par la qualité très-inférieure du stuc dont ses murailles sont revêtues, par son plafond voûté, et surtout par ses deux arcosolia, le premier exemple d'arcosolium offert par notre area. Cette circonstance, jointe à d'autres indices, oblige M. de Rossi à lui assigner une date postérieure à celle de l'escalier H^

Galerie I. — La galerie I a été construite au niveau primitif de A et de B ; plus tard on creusa de nouveau son sol pour le faire correspondre au niveau que les excavations postérieures donnèrent à ces deux ambulacres ; la partie centrale de I demeura à son élévation originaire, et de là une double pente douce descendit vers A et vers B. Les murs sont très-dégradés, par suite des tentatives faites au siècle dernier pour convertir en cave cette galerie. On n'y a trouvé qu'un petit nombre d'inscriptions. L'entrée par laquelle on pénètre aujourd'hui dans la crypte de sainte Cécile est toute moderne; mais un peu plus loin, à gauche, on peut, en grimpant sur quelques décombres, pénétrer dans la petite galerie tortueuse 1% qui, à cet endroit, traversait la galerie I quand celle-ci était remplie de terre, allant de A^ à la crypte de sainte Cécile, où elle paraît s'être terminée. Elle contient beaucoup de petits lociilî; au-dessus de l'un d'eux est dessinée, sur le mortier, une croix sous cette forme : +. On paraît avoir tenté de construire un embranchement de cette petite galerie le long de I, comme nous l'avons déjà vu exécuté le long de A et de B; mais cette tentative fut abandonnée. Les constructions modernes faites le long de la partie de I ordinairement traversée par les visiteurs sont l'œuvre de la commission d'archéologie sacrée, et furent nécessitées par l'escalier ouvert sans précaution à cet endroit de la crypte, à l'époque où elle servait de cave.

Galerie L. — Entrons maintenant dans la galerie L, la première galerie latérale partant de l'ambulacre A. Elle contient encore des traces du beau stuc lisse qui la revêtait originairement. Nous avons raconté déjà comment la con-

struction d'un nouvel escalier rendit nécessaire l'excavation des degrés par lesquels on descend aujourd'hui dans L. Au bas de ces degrés, on reconnaît que le mur primitif a été taillé une seconde fois, pour élargir le passage; de semblables traces d'agrandissement peuvent être observées sous le luminaire qui éclaire ce qui était autrefois l'extrémité de la galerie, quand on n'entrait dans la chambre de sainte Cécile qu'en traversant celle des papes. On reconnaît aussi que le sol de la galerie fut abaissé après la dépression de l'ancien niveau de A.

Crypte papale L*. — La porte de cette crypte, qui est le cubiculum le plus important de la catacombe, puisque les papes du m® siècle y furent enterrés, est large de i'",6o, et construite en briques. Le stuc dont l'extérieur de cette porte est revêtu est couvert de graffiti ; un grand nombre de ces grafîites se trouvent à un niveau plus élevé que celui choisi naturellement par un homme écrivant debout, ce qui semble indiquer qu'ils étaient déjà tracés dans la muraille quand le sol fut abaissé par saint Damase. D'autres sont à moitié détruits par les jambages de la porte; ils sont antérieurs à son élargissement et à la construction du cintre qui la surmonte. Ce cintre a été revêtu successivement de trois couches de stuc ; deux d'entre elles étaient décorées de peintures. Deux parois du cubiculum sont aujourd'hui entièrement reconstruites en maçonnerie ; la condition ruineuse dans laquelle il fut découvert en 1854 rendit cette précaution nécessaire. Tant de travaux successifs ont été faits, depuis le m*' siècle, dans la chambre papale, elle a reçu tant de décorations superposées, qu'il est impossible de déterminer le nombre exact des loculi percés à l'origine sur ses murailles, et quelle était la forme du plafond. Nous avons décrit en détail, livre III, chapitre m, l'état du cubiculum L* et les diverses parures dont la vénération des siècles l'a revêtu ; nous renvoyons à cette description et à la planche XV, qui reproduit la restitution proposée par M. de Rossi.

Cubiculum L^ — Le cubiculum L^, qui s'ouvre du

côté opposé de la galerie L, a ses trois murailles principales entièrement revêtues d'une épaisse maçonnerie de briques, qui rétrécit considérablement sa grandeur originaire. Les tombes pratiquées dans cette couche de maçonnerie n'existent plus, et les loculi creusés dans le mur primitif ont également beaucoup souffert. On peut encore reconnaître cependant que les murailles du cubiculum étaient garnies d'un beau stuc blanc, que la voûte était cruciforme et, comme elles, ornée de fresques. La figure qui occupe le centre de la voûte est celle d'Orphée, reproduite dans la planche V, rf 2. Ce cubiculum offre toutes les caractéristiques de la portion la plus ancienne de Varea,

Vestibule M. — Le vestibule M est entièrement construit en maçonnerie; M. de Rossi ne sait comment expliquer sa forme particulière. Ses murailles sont revêtues de stuc tout couvert de grafHtes. On a trouvé dans ce vestibule un grand nombre de pavés de forme polygonale, provenant évidemment de la voie Appio-Ardéatine.

Portique N et cubiculum O. — Le portique conduisant à la crypte de sainte Cécile est creusé dans le tuf et soutenu par des cintres en briques. Les inscriptions de ses loculi appartiennent à l'époque de saint Damase. A l'extrémité de N, un couloir étroit conduit derrière la crypte de sainte Cécile. On pénètre dans cette crypte, O, par deux marches. Derrière le mur de droite, en entrant dans la crypte, on voit des loculi^ qui indiquent la place où passait la galerie Q avant que les travaux du pape Damase eussent complètement transformé cette portion de la catacombe. A gauche du cubiculum^ en face de la tombe de sainte Cécile, on remarque un mur de briques formant un segment de cercle; c'était autrefois une portion du puits dans lequel venait se perdre la petite galerie I ^ Ce puits et l'extrémité de cette galerie étaient originairement distincts de la crypte, et lui furent plus tard incorporés. Le cubiculum, à cette époque, avait les petites dimensions que l'on peut voir dans les plans représentant la troisième et la quatrième période des excavations.

CuBicuLUM P*. — Le cubîciilum P* a son entrée presque murée par l'escalier P. Les murs de P* sont très-ruinés; les loculi n'existent plus. Il est difficile de déterminer si V arcosolium qui occupe le fond de la chambre est une tombe plus simple transformée, ou s'il était déjà construit quand furent placés les pilastres de briques et les marbres qui l'ornent aujourd'hui; mais il est certain qu'avant la construction de Varcosolium et avant que l'inscription de DASUMIA QVIRIACA fût posée dans sa lunette, il y avait là un simple loculus, fermé par une plaque de marbre, et caché ensuite par ce vaste tombeau. Au-dessus de la porte a été retrouvée, en 1854, une inscription de l'année 290 :

VIBIV. FIMUS. R. VII KA SEP DIC un. ET. MAX. COS.

« Vibius Fimus mourut (recessit)^ le sept des calendes de septembre (26 août), Dioclétien (pour la quatrième fois) et Maximin étant consuls. »

CuBicuLUM P^. — Le cubiculum P^ est à demi ruiné; le mur de gauche est détruit, celui de droite est soutenu par un support de maçonnerie : le stuc qui le revêtait est presque entièrement détaché. Par sa situation, cette chambre paraît avoir été construite en même temps que l'escalier P. Le couloir qui conduit de l'un à l'autre est soutenu par de la maçonnerie.

Galerie Q. — L'escalier P occupe aujourd'hui la place de la galerie Q, qui mettait la crypte de sainte Cécile en communication avec la galerie S. Les tombes creusées primitivement dans le sol de Q ont été détruites par les constructions qui soutiennent l'escalier P; dans une de ces tombes^ près de l'entrée du cubiculum Q^^ furent découvertes deux jplumbatœ^ ou balles de plomb recouvertes de bronze, et attachées à des chaînes de bronze. Il est possible qu'elles ne soient autre chose que des poids de balance; mais les poids étaient quelquefois employés par les bourreaux en guise de plumbatœ^ et la place de ces balles de plomb, enterrées avec tant de soin dans une tombe chrétienne, donne

certainement une grande vraisemblance à la conjecture qui voit en elles des instruments de martyre. Les murs de la galerie ont été renforcés par des constructions de maçonnerie, afin de pouvoir supporter l'escalier P. Dans le mur de gauche, on voit encore les traces (78) d'un large escalier taillé dans le tuf, qui conduisait à S. Il dut être détruit quand fut creusée la chambre Q^ : autrement la porte de cette chambre n'eût pu avoir une hauteur suffisante pour qu'il fût possible d'entrer. La communication avec S fut plus tard fermée par un mur, construit en même temps que l'escalier P : on pensa sans doute, quelque temps après, à la rouvrir, car on peut voir, dans ce mur, la forme d'une porte dessinée.

CuBicuLUM Q^ — Près de l'entrée de Q% le stuc est couvert de graffites, pour la plupart en grec, appartenant probablement au m® siècle. Le cubiculum fut déblayé en 1855, avec tous ceux qui ouvrent sur cette galerie. La muraille de droite, taillée dans le tuf, est maintenant en ruines : on y reconnaît encore la place dévastes loculi. Une partie du mur de gauche est en ruines, une autre partie est couverte d'une maçonnerie ancienne, et le reste, jusqu'au fond de la chambre, est revêtu d'une muraille solide en pierres et en briques, qui revient également vers la droite, et soutient une voûte pleine occupant la moitié du plafond. L'autre moitié est remplie par un luminaire. Quatre petites corniches de marbre, en forme de consoles, sortent aux quatre coins de cette espèce d'arc en maçonnerie. Toutes ces constructions, et le soin que l'on eut d'ouvrir, pour donner accès dans cette chambre, le passage R quand les substructions de P eurent bloqué la porte primitive, montrent quelle était l'importance de ce cubiculum, un des sanctuaires des catacombes. Les graffites et les inscriptions l'indiquent éga~ lement.

Cubiculum Q^. — Du côté opposé de la galerie s'ouvre le cubiculum Q^ Son plafond est voûté, et recevait la lumière par un petit luminaire communiquant avec celui de Q% mais intercepté plus tard par la construction de l'escalier P. Pour compenser cette perte de jour, une

fenêtre fut alors ouverte au-dessus de la porte, et à la même époque le cubiculum fut revêtu de stuc beaucoup moins beau que celui qui garnit la chambre précédente. Les loculi sont vastes, et ceux qui sont ouverts au pied des murailles descendent jusque sous terre. A gauche est un arcosolium^ dont le cintre est de la même construction que la maçonnerie de la porte, c'est-à-dire contemporain de l'escalier P. Plusieurs sarcophages intéressants ont été trouvés dans ce cubiculum et dans le précédent : ils sont décrits pages 432, 433.

Cubiculum Q^ — On a vu que la porte de Q^ fut construite après la démolition de Tescalier Q 78, qui conduisait dans S. Au fond du cubiculum Q^ est un vaste arcosolium^ autrefois revêtu de marbre. Le parapet de cette tombe est si élevé, qu'elle aurait pu difficilement servir de mensUj si le prêtre s'était tenu debout sur le sol actuel. Le sol de la chambre avait été, en effet, abaissé au-dessous de son niveau primitif; on descend deux marches pour y pénétrer. Aussi, devant la mensa de Varcosolium, un petit degré a-t-il été construit : il était couvert d'une dalle de giallo antico. Une petite porte, à gauche, conduit dans une chambre voisine : de cette chambre part une courte galerie dans laquelle est un arcosolium : en le creusant, on a pris soin de ne point le faire tomber dans Q^ qui existait avant que l'on construisît ces dépendances du cubiculum Q ^.

Cubiculum Q^ — Le cubiculum Q* a, dans son mur de droite, deux arcosolia, l'un revêtu de marbre, l'autre garni de beau stuc. Le mur de gauche eontient des loculi. Une muraille épaisse, servant de support à l'escalier, remplit une partie de la chambre, vers la gauche. Le plafond est percé par un vaste luminaire.

Galerie S. — Les marques laissées dans les murs par le pic des fossores montrent que la galerie S fut commencée au point où elle fait sa jonction avec Q : le sol de cette galerie est cependant à un niveau un peu plus élevé que celui de Q, et correspond au niveau de Varea voisine (voir

dans le plan général; voir aussi la figure 59). Sur le stuc des loculi se lisent de nombreux graffites en grec, THCCYPEEIC. MNHC0H ZHCH, ATTIKEIA- NOC, etc. Quelques loculi ont été détruits pour ouvrir la galerie b (fig. 59), ce qui prouve que la galerie S existait avant qu'on songeât à unir les deux areœ. Les cubicula S"^, S^, S*, ont tous des plafonds voûtés, et contiennent des arcosolia. Le cubiculum S* est situé immédiatement sous la voie Appio-Ardéatine : il ressemble aux trois précédents : dans sa muraille de gauche on n'a osé ouvrir qu'un loculus, de peur d'ébranler la solidité de l'escalier A, qui existait, par conséquent, avant la construction de cette chambre. Vis-à-vis la porte de S^ s'ouvre la galerie S^, qui mène dans le labyrinthe, et est beaucoup moins ancienne que l'ambulacre S. Le cubiculum S"^ est semblable aux autres chambres ouvrant sur l'ambulacre : son plafond est endommagé par une galerie du labyrinthe, qui est venue le couper. Dans un loculus, à gauche, on lit encore aujourd'hui l'inscription : MOYCIKIA. ;

Galerie T. — La galerie T est un prolongement de B^, qu'elle unit à Varenarium. Le sol de T va en s'inclinant jusqu'à Varenarium, et sa voûte est taillée en échelons, de manière à suivre le mouvement de dépression du sol, et à s'abaisser de trois mètres dans un très-petit parcours. Les galeries T^, T^, et toutes celles qui s'embranchent dans T, sont étrpites et basses, ainsi que lé cubiculum T^, dans lequel est un vaste loculo a mensa. Dans U les loculi sont larges, et contenaient plusieurs inscriptions grecques et latines, telles que EICTEPKOPI, KAI. NATAAEllC, AGATEMERIS. SPiRITUM. TUUM. INTER.

SANCTOS. U^ etU^ sont des embranchements de Varenarium, mais contiennent cependant quelques loculi. Plusieurs des loculi de la galerie V sont demeurés intacts, mais la plupart de ceux qu'elle contenait sont détruits ; il en est de même dans V^ V^ conduit dans Varenarium, qui est certainement plus ancien que cette galerie.

Arenarium X. — La voie spacieuse que forme Vare-

narhim X n'a pas besoin d'être décrite, pas plus que ses embranchements X% X-, X% et que le couloir dérobé X*, et son escalier, dont nous avons déjà parlé, pages 491 et

Galerie Y. — La galerie Y, avec ses dépendances, est basse et étroite ; elle est au niveau des galeries creusées quand les principaux ambulacres étaient remplis de terre. Les cubicula Y*, Y^, Y^, sont grossièrement construits; Z n'est qu'une continuation de l'hypogée dans lequel on entre par B^ : la galerie Z vient mourir dans la voûte de Q% à travers laquelle elle débouche.

Le lecteur qui a eu la patience de suivre jusqu'au bout cette analyse y a trouvé la confirmation de l'histoire architecturale de Varea donnée dans le précédent chapitre, et il a pu se rendre compte du travail immense auquel s'est livré M. de Rossi, qui a décrit avec la même précision chacune des parties du cimetière de Calliste.

NOTE A (page 20)

Le récit de la découverte des reliques et de la tombe de saint Hyacinthe fera voir comment peut naître une tradition fausse sur la possession de telle ou telle relique par une église particulière.

Le soir du vendredi saint, 21 mars 1845, un des terrassiers employés dans les catacombes vint trouver le P. Marchi. Il tenait à la main un morceau de papier sur lequel étaient écrits ces mots : — DP. in. IDVS SEPTEBR YACINTHVS MARTYR; il les avait copiés, disait-il, d'après une pierre fermant encore un tombeau dans la catacombe de Saint-Hermès (ou Sainte-Basilla). La lecture de cette inscription étonna le savant jésuite; par les anciens calendriers, par d'autres documents antiques, il savait que les deux frères Protus et Hyacinthus, martyrisés ensemble sous le règne de l'empereur Valérien, avaient été inhumés dans cette catacombe le II septembre; mais il croyait que leurs reliques avaient été portées de là en d'autres églises de Rome. Aringhi raconte que les corps de ces deux saints furent transférés de l'église San Salvatore, au Transtevere, dans celle de San Giovanni dei Fiorentini, en 1592, sous Clément VIII. Cependant, quand, le lundi de Pâques, le P. Marchi, accompagné d'un peintre et d'un architecte , se fut rendu dans le cubiculum où avait été copiée l'inscription, il reconnut que le tombeau sur lequel elle se lisait encore n'avait jamais été ouvert ; il remarqua, de plus, que la chambre dans laquelle il se trouvait recevait le jour par un très-grand luminaire, qui éclairait en même temps cinq autres cubicula; deux escaliers conduisaient dans la crypte : c'était exactement la disposition déjà notée par le P. Marchi dans les principales basiliques souterraines des cimetières de Sainte-Agnès, Sainte- Hélène, Prétextât. Le savant religieux reconnut, en un mot, une chapelle disposée à recevoir un grand concours de fidèles, une foule de pèlerins comme celle qui devait se presser auprès des tombes célèbres des saints Protus et Hyacinthe. De plus, il ramassa, dans un amas

de décombres, un fragment dé dalle de marbre sur lequel étaient gravés ces mots : SEPVLCHRVM PROTI M(artyrù). Il était désormais prouvé qu'en ce lieu avaient été déposés les deux glorieux martyrs, et que l'un d'eux reposait encore dans sa tombe inviolée.

Cette découverte devait contrarier la croyance populaire, qui vénérait leurs reliques à San Giovanni dei Fiorentini. Aussi le P. Marchi crut-il devoir agir avec une extrême circonspection. Il laissa la tombe exactement comme il l'avait trouvée, et, pendant trois semaines, étudia tous les documents pouvant éclairer l'histoire des deux martyrs. En même temps, il revenait souvent visiter la crypte et y conduisait avec lui des cardinaux, des évêques, des prélats, un grand nombre de personnes attirées par la curiosité ou la dévotion. Le résultat de ses recherches historiques le satisfit pleinement. Il découvrit qu'un siècle et demi après le martyre des deux saints, la chapelle où ils reposaient avait été remplie de terre; que le pape saint Damase la déblaya et la restaura, et, selon son habitude, saisit l'occasion d'y placer une épitaphe en vers en leur honneur; que le pape Symmaque, au commencement du vi* siècle, restaura de nouveau la chapelle, et que les restes des martyrs y étaient encore à la fin du vue.

On retrouve leur trace au milieu du ix" siècle, à l'époque où il est raconté que Léon IV plaça sous le maître -autel de l'égHse des Quattro-Coronati les têtes de saint Protus, saint Sébastien, sainte Praxède et d'autres saints, et avec elles les corps de cinquante-sept martyrs enlevés des cimetières ou des églises de Rome. Or on sait que Pascal I" avait transféré le corps de sainte Praxède dans l'église élevée en son honneur et que Grégoire IV avait transporté celui de saint Sébastien dans l'église connue maintenant sous son nom, et qui, avant cette translation, avait gardé le vocable de saint Pierre et de saint Paul, en mémoire de l'asile temporaire qu'y trouvèrent, on s'en souvient, les reliques des deux apôtres. Bien qu'on ignore le moment précis où fut apporté dans Rome le corps de saint Protus, il est certain que cette translation eut lieu avant l'époque de Léon IV, car ce pape n'aurait point enlevé la tête seule, laissant le reste du corps dans les catacombes, puisque le motif invoqué par ses prédécesseurs pour justifier la translation des martyrs retirés de leurs tombes souterraines était la crainte de les laisser exposés à l'abandon et aux outrages dans les cimetières devenus un chaos de ruines, ne r émanèrent neglectui. La translation de la tête de saint Protus dans l'église des Quattro- Coronati ne s'explique donc qu'en admettant qu'une des églises de

Rome possédait déjà, en vertu d'une translation antérieure, le corps entier du saint, et que le pape ne voulut point la priver de la totalité de ses reliques. Cette église était sans doute celle dont parle Aringhi, San Salvatore, et c'est de là qu'à la fin du xvi« siècle le corps décapité fut transféré dans l'église de San Giovanni dei Fiorentini, où il est encore.

Dans le récit des translations opérées par Léon IV, il n'est fait aucune mention de tout ou partie du corps de saint Hyacinthe ; s'il eût été dans Rome, le pape n'eût sans doute pas manqué de le joindre à tant d'autres précieuses reliques dont il dépouillait d'anciennes églises pour enrichir celle qu^il venait d'élever.

Comment les Florentins purent-ils donc affirmer qu'ils possédaient les corps des deux frères? Une inscription de l'église San Salvatore le leur avait fait ctoire : on lisait ces mots sur une pierre du pavage qui s'étendait sous le maître-autel : Sub hoc lapide requiescunt sanctorum corpora gloriosissimorum Proti et Hyacinthi. Cette inscription est du xiv« ou xv siècle : entre cette époque et le viii« ou ix«, les détails de la première translation des reliques durent s'oublier et se confondre. Une autre inscription, dans la même église, ou plutôt la moitié d'une inscription, la moitié d'une épitaphe écrite par le pape Damase en l'honneur des deux martyrs, nommait Hyacinthe à côt(' de Protus. Tout le monde savait qu'ils avaient souffert ensemble, qu'ils avaient été enterrés dans la même chapelle; il était naturel de conclure que l'église qui possédait maintenant le corps d'un des deux frères possédait également celui de l'autre.

Comment l'erreur ne fut-elle pas découverte quand les reliques furent transportées à San Giovanni? Christophe Castalletti a laissé un récit de leur translation; après avoir creusé sous l'autel, on découvrit une grande caisse de marbre; Touvrant, on n'y trouva point de corps entiers, car d'autres églises avaient à diverses époques reçu des reliques prises dans ce sarcophage : on trouva seulement de nombreux ossements, des jambes, des bras, des côtes, un os maxillaire auquel les dents étaient encore adhérentes, quelques dents détachées. Ceci est tout à fait d'accord avec ce que l'étude des documents historiques révéla au P. Marchi. Dans la relation de Castalletti, il n'est point fait mention de deux corps : au contraire, on y voit pourquoi deux corps entiers n'auraient pu être trouvés. Il n'est point parlé non plus d'une tête intacte : Castalletti cite seulement un os maxillaire et quelques dents qui furent probablement laissés là par accident quand Léon IV sépara du corps la tête de saint Protus.

532 ROxME SOUTERRAINE.

Une question restait encore à résoudre : pourquoi, en retirant de la catacombe le corps de saint Protus, y laissa-t-on celui de saint Hyacinthe? La réponse devint facile quand, le 19 avril, le P. Marchi fut venu ouvrir le tombeau, accompagné du sacristain du pape, de plusieurs dignitaires de la cour de Rome, et de quelques terrassiers. Une des restaurations faites dans cette chapelle par le pape Damase ou le pape Symmaque fut un pavage entièrement nouveau, construit en tuf et en ciment romain : dans ce lieu humide, exposé sous un luminare ouvert à toute l'action des éléments, ce sol artificiel ne tarda pas à acquérir la dureté de la pierre. Le tombeau de saint Hermès avait été creusé dans la muraille, au niveau de la plus basse rangée des loculi. A l'origine, il était au-dessus du sol ; quand le nouveau pavage eut été superposé à Tancien, le tombeau se trouva comme prisonnier, le niveau du sol arrivant maintenant au milieu de son ouverture, et le fermant à moitié. Pour enlever la plaque de marbre qui remplissait la bouche du loculus, il eût fallu briser une partie de ce pavage devenu si dur : or, comme le tuf dans lequel cette chapelle est creusée n'a aucune solidité, aucune consistance^ il était évident qu'une fois ce soutien enlevé et le tombeau ouvert, tout un côté de la muraille devait s'écrouler. Cela arriva, en effet, quand le P. Marchi eut fait l'ouverture : pas de suite, mais au bout de quelques jours, l'effondrement eut lieu : la chambre n'est plus aujourd'hui qu'un amas de ruines. Evidemment, la crainte d'un tel désastre avait empêché d'ouvrir le tombeau de saint Hyacinthe en même temps que celui de saint Protus.

En rendant compte de l'état dans lequel fut trouvé le tombeau quand il eut été ouvert, nous allons avoir l'occasion d'appeler l'attention du lecteur sur plusieurs traits intéressants de l'histoire des catacombes. A première vue, il parut ne contenir que de la boue : les spectateurs non initiés encore purent craindre que tant de recherches et de travaux n'aboutissent à une déception. Le P. Marchi les rassura : il leur expliqua que, toutes les fois que l'eau de pluie pénétrait par un luminaire, elle entraînait avec elle des parcelles considérables du sol extérieur : une boue liquide finissait ainsi par remplir les tombes ouvertes au niveau du pavé : mais, si elle dissolvait les ossements mous et encore peu formés des enfants, elle était sans action sur ceux d'un homme fait , comme saint Hyacinthe. Le P. Marchi ouvrit avec un roseau la couche de boue qui remplissait le loculusy et découvrit bientôt les ossements d'un homme. Ils n'étaient point dans leur état naturel, mais une partie

était réduite en cendres, et tous paraissaient avoir subi l'action du feu. Nous ne pouvons rapprocher cette circonstance des incidents du martyre de saint Hyacinthe : ses actes authentiques sont malheureusement perdus.

Quand ces ossements eurent été transportés dans le palais du pape, et examinés, à la pleine lumière du jour, par un professeur d'anatomie, leP. Marchi remarqua, mêlés à la terre et aux ossements, quelques fils d'or entrelacés. Il les recueillit et les soumit à l'examen d'un professeur de sciences naturelles, qui déclara que le corps avait été enveloppé dans une étoffe précieuse, soit drap d'or, soit toile ou soie brodée d'or, il ne pouvait décider lequel, le tissu ayant péri et quelques fils d'or seuls ayant été conservés. Nous trouvons là une intéressante confirmation de ce que racontent non-seulement Eusèbe et plusieurs historiens, mais encore Bosio, Boldetti, etc., qui observèrent le même phénomène dans beaucoup de tombes de martyrs ouvertes par eux. Boldetti en cite une en particulier dans laquelle tous les os du squelette étaient intacts, à l'exception du crâne, qui était brisé, et auquel seul adhéraient quelques morceaux de drap d'or. Les reliques de saint Hyacinthe reposent maintenant sous un des autels de la basilique nouvellement restaurée de Saint -Paul-horsdes-Murs.

NOTE ^ (page 29).

Les (( actes du martyre de sainte Cécile » publiés par Bosio en 1600*, et de nouveau par Laderchi en 1722^, ont été empruntés à un manuscrit appartenant à l'église de Sainte-Cécile dans le Transtevere. La version grecque de Métaphraste fut faite sur un manuscrit beaucoup plus ancien, dont il existe également des copies latines'. Il ne sera pas sans intérêt de rapprocher les mêmes passages d'après l'un et l'autre manuscrit. Les additions faites au texte primitif dans le plus récent des deux sont très-significatives ; nous les indiquons par des lettres italiques.

Amachius ordonna d'amener devant lui Cécile, et lui demanda : Quel est ton nom? Elle répondit : Cécile.

A. dit : De quelle condition es-tu?

C. répondit : Je suis ingénue, noble, et de descendance sénatoriale {clarissima).

A. dit : Je te demande quelle est ta religion.

C. répondit : Ton interrogation est donc insensée, puisqu'elle exige deux réponses.

Le préfet Amachius ordonna d'amener devant lui sainte Cécile, et lui demanda : Quelle est ton nom, jeune fille? Elle répondit : Cécile, selon les hommes; mais, ce qui est beaucoup plus noble, je suis chrétienne.

A. dit : De quelle condition es-tu?

C. répondit : Je suis citoyenne de Rome, illustre (illustris)'* et noble.

A. dit : Je te demande quelle est ta religion, car nous savons que tu es de naissance noble.

Sainte Cécile dit : Ton interrogation est donc insensée , puisqu'elle exige deux réponses^.

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