‹ Rome souterraineChapitre 298 sur 338 · Ibid., p. 33, 39, 89, 90; 186+, p · texte numérisé non relu

Ibid., p. 33, 39, 89, 90; 186+, p

cipité dans la mer, au lieu de son exil, et y mourut noyé ^ Les actes du saint ajoutent que, sous les flots, un tombeau lui fut construit par les anges, et l'une des fresques nouvellement découvertes conserve le souvenir de cette poétique tradition ^. Au ix" siècle seulement (869), les reliques du pontife martyr furent apportées à Rome par saint Cyrille, apôtre des Slaves, qui fut lui-même enterré dans la basilique, et dont une curieuse fresque représente les solennelles funérailles''. Il est donc certain qu'au iv^ siècle il ne pouvait être question d'un tombeau de saint Clément sur le Celius. Reste l'hypothèse de la maison habitée par lui. Elle est fort vraisemblable. « Il est incontestable, dit M. de Rossi ^, que l'Église romaine, pendant les siècles de persécution, assemblait ses fidèles dans les maisons qui, après Constantin, changées en basiliques, conservèrent le nom de leurs anciens possesseurs. Si le personnage ou la matrone qui avait accueilli dans sa maison les fidèles avait après sa more obtenu les honneurs des saints, la basilique était consacrée à sa mémoire et à son culte. Telle est l'origine des églises dédiées à sainte Pudentienne, à sainte Cécile, et à beaucoup d'autres ; telle est aussi, suivant l'avis de Rondinini % l'origine de la basilique de Saint-Clément. » Cette conjecture semble encore confirmée par la découverte d'un antique et grandiose escalier qui, communiquant avec le fond de la basilique par une porte murée seulement au x'' siècle, à l'époque où beaucoup des traditions primitives étaient perdues, '^descendait dans les chambres souterraines, comme ces escaliers que nous avons vus mettant en communication les hypogées chrétiens de la campagne romaine et les cellœ ou basilicœ construites au-dessus. La cella ou basilica surmontait ordinairement le tombeau du martyr, de telle sorte que son autel et son sanctuaire fussent placés immédiatement au-dessus de lui : il en est de même ici : la chambre ornée de stucs est placée perpendiculairement au-dessous de l'autel et de l'abside de la basilique. Dans cette chambre a été trouvée, parmi les

1. Bull, di arch. crist., 186+, p. $, 6. — M. de Rossi démontre par de nombreux documents que la Crimée est une des contrées où le christianisme eut le développement le plus antique et le plus rapide.

2. Bull, di arch. crist., 186^, p. 4, $. — Revue archéologique, mars 1873, pl. V.

3. Bull, di arch. crist., 1863, p. 9-12; 186^, p. 1-4. — Revue archéologique, février 1873, pl. IV.

Page 1