Page 217 et planche XI
6oo ROME SOUTERRAINE.
en obstruaient partiellement les voies. Un loculus d'une des voies obstruées par les fondations de la nef de gauche porte encore, gravée à la pointe sur les tuiles qui le ferment, l'inscription suivante :
DEPOSITVS
in PAGE CONS
Vakntiniano AVG II II ET NEVTE rio y. c
Or, le quatrième consulat de Valentinien et celui de Neutérius se placent en 390. Damase mourut en 384. Six ans après sa mort, la basilique n'était pas construite, puisque l'on inhumait encore à un endroit qu'atteignirent et rendirent impraticable plus tard les fondations d'une de ses nefs. La basilique de Damase étant ainsi éliminée, de même que celle de Marc et de Marcellien, la basilique de Pétronille peut seule être identifiée avec l'édifice récemment découvert.
La date consulaire inscrite sur le fragment d'épitaphe cité plus haut peut, si on la rapproche d'une autre inscription rencontrée au même lieu, servir à déterminer l'époque exacte de la construction du sanctuaire élevé par la dévotion des siècles de paix et de triomphe sur la tombe de contemporains de la persécution de Domitien. En 390, on vient de le voir, les fondements de l'édifice n'avaient pas encore été jetés. En 395, on y enterrait déjà : la pierre d'un tombeau trouvé par M. de Rossi, sous le dallage de la basilique, dans le voisinage de l'autel, et construit après l'abandon des galeries situées dans le périmètre de l'édifice, car il occupe précisément le vide d'un ambulacre, porte, deux fois répétée, la date du consulat d'Anicius Olybrius et de Probinus, qui correspond à l'an 395. La construction de la basilique se place donc entre 390 et 395, sôus le pontificat du pape Sirice, le successeur de Damase et son émule dans la dévotion aux lieux consacrés par la sépulture des martyrs.
Commencée à la fm du iv^ siècle, elle fut restaurée, au commencement du vr, par le pape Jean V^^ : elle entendit, dans les dernières années du même siècle, la voix éloquente de saint Grégoire le Grand déplorer le sort de l'Italie ravagée par les Lombards. C'est dans son enceinte que le plus grand pape des siècles barbares prononça, le jour anniversaire du martyre de Nérée et Achillée, sa xxviii*' homélie sur l'Evangile : il ne la fit pas lire, suivant sa coutume, par un