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SUPPLEMENT. 6oi

notarius^ mais il l'improvisa lui-même en présence du peuple : et il semble que des ruines du sanctuaire retrouvé s'échappe encore un écho de cette plante mélancolique de Rome humiliée : « Partout, autour de nous, la mort, partout le deuil, partout la désolation : de toutes parts on nous frappe, de toutes parts on nous abreuve d'amertume : le monde autrefois nous séduisait par ses charmes, le monde aujourd'hui est affligé de tant de plaies, que lui-même nous force à nous tourner vers Dieu^. » M. de Rossi croit reconnaître, sur le stuc même qui recouvrait une niche creusée au fond de Tabside, et disposée évidemment pour recevoir la chaire pontificale-, un souvenir du jour où Grégoire y prononça l'homélie dont nous avons traduit quelques lignes : un dessin tracé grossièrement sur l'enduit de la niche représente un prêtre vêtu de la casula et assis dans l'attitude de la prédication : peut-être un auditeur enthousiaste du grand pape a-t-il voulu, au lieu même où celui-ci avait siégé, tracer de lui une image naïve.

Vers le même temps, un prêtre, envoyé par la reine lombarde Théodelinde, visita la basilique, et recueillit dans une ampulla les huiles qui avaient brûlé devant les tombeaux de Nérée, d'Achillée et de Pétronille, en même temps que celles des sanctuaires voisins de Damase et de Marc et Marcellien'' : M. de Rossi a retrouvé, près de remplacement de l'autel, les fragments d'un grand vase de marbre qui avait servi de récipient à cette huile sainte. On sait qu'à l'époque de saint Grégoire le Grand les seules reliques des saints qu'il fût permis de donner aux fidèles étaient les huiles qui avaient brûlé devant leurs tombeaux, les linges qui y avaient touché, quelquefois un peu de poussière du sépulcre ou de terre imbibée du sang des martyrs '^.

1. S. Greg. Magn., Hom. XXVIII. In Evang.. éd. Bened., t. I, p. i$6ç.

2. Comme dans la basiUque du cimetière de Generosa (p. 137 et suiv.), et dans une petite basilique domestique découverte sur l'Esquilin {Bull, di arch. crist., 1875, p. 50).

3. Pittaciuni ampullae : Sca Petronilla, Ses. Nereus, Ses. Acilleus, Ses. Damasus, Ses. Mareellinus, Ses. Mareus. — Index oleorum: Sce Petronillae liliae Sci Pétri aposto., Sei Nerei, Sei Damasi, Sei Marcelliani, Sei Acillei, Sei Marei. — Il est à remarquer que l'index eite les noms sans suivre l'ordre topographique, qui est observé, au contraire, par le pittacium. Les dessins des ampullae de Monza ont été publiés pour la première fois en totalité dans le livre da P. Garrucci, i'foria délia arte cristiana^tav. 432, 433.

4. Voir à ee sujet un savant article de M. Edm. Le Blant sur les Inscript. Hispan. christ, de Hiibner, dans le Journal des Savants, 1873 ; tirage à part, p. 9, 10. Grégoire de Tours donne le nom de reliquiae à des débris de palla,

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Pendant le vu'' siècle, la basilique de Pétronille continua d'être fréquentée par les pèlerins : les itinéraires et les recueils d'inscriptions métriques conservés par les manuscrits de la Gaule, de la Germanie, de la Bretagne, montrent que de nombreux visiteurs venaient alors des contrées les plus lointaines prier dans ce lieu vénéré. Au VIII* siècle, au moment où la plupart des cimetières suburbains commençaient à être abandonnés, il n'avait point encore perdu son ancien éclat : le pape Grégoire III institua une station annuelle dans la basilique de Pétronille , et lui fit don d'une couronne d'or, d'un calice et d'une patène d'argent, et de divers meubles liturgiques'.

Le moment approchait, cependant, où les pèlerins allaient en oublier le chemin. En 755, après les profanations et les dévastations qui avaient accompagné le siège de Rome par Astolphe, le pape Paul I'^'" commença à enlever les corps saints des cimetières et des basiliques qui entouraient la ville éternelle-. Celui de sainte Pétronille fut transporté, avec le sarcophage qui le contenait, au Vatican. Il est probable que ceux de Nérée et Achillée furent retirés, vers la même époque, de leur sépulture primitive. En 1213, on les déposa dans l'église de Saint-Adrien, sur le forum ^. Où avaient-ils reposé dans l'intervalle? on l'ignore. Au xvi'' siècle, les corps de ces deux saints furent l'objet d'une nouvelle et solennelle translation. Le grand annaliste Baronius possédait le titre cardinalice de l'église qui porte leur nom dans l'intérieur de Rome : il obtint que les restes de Nérée et Achillée y fussent transportés : on y joignit les reliques de

à une fiole d'huile rapportée des tombes de S, Martin et de S. Julien {De mirac. S. JuL, 34. ; De glor. conf., 9 ; cf. Hist, Franc, IX, 16 ). On s'explique ainsi qu'à une époque très-reculee on trouve, en diverses localités, la mention de reliques de saints que l'on sait avoir, à cette époque, reposé intacts dans leur tombe primitive: ainsi, M. Hiibner rapporte plusieurs inscriptions mentionnant la présence, en diverses villes d'Espagne, de reliques de sainte Eulalie, dont le corps, nous dit Grégoire de Tours ( De gloria mart., I, 91 ), était conservé à Émerita (Hiibner, n°^ $75 ^o? 89, 17$). De même Brescia et Rouen pssedaient des reliques de S. Gervais et de S. Protais données par S Ambroise à S. Gaudentius et à S. Victnce ; mais c'étaient, dit ce dernier, parvas reliquias, nonnihil sanguinis, et les corps entiers des deux martyrs, ossa omnia, étaient conservés à Milan, où leur tombeau a été récemment retrouve [Bull, di arch. crist., 1864, P- 18). Une inscription de Mileve^ en Algérie, parle de la depositio crvoris de plusieurs martyrs contemporains de Dioclétien {Ihid., 1875, P- 1^2; 1876, p. 59 et tav. III.)

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