Act.jii, 44, 45 ; IV, 35-37; VI, I. - I Tim., v
corporations^. Les uns avaient un but religieux; c'étaient d'abord les collèges des prêtres païens, pontifes, augures, quindécemvirs, épulons, etc. Les collèges sacerdotaux sont nommés dans la loi des Douze Tables; ils remontaient, diton, aux Sabins : la fondation du collège des Luperci, ou prêtres de Pan, était même attribuée à Évandre^ Venaient ensuite les confréries pieuses instituées en Thonneur de telle ou telle divinité : les cultores Jovis^ Herculis, oApollinis et Dianœ^j etc. Une seconde catégorie de collèges, assez semblable à nos corporations du moyen âge, avait pour objet principal l'industrie et le trafic; on en attribuait l'origine à Numa et à Servius TuUius. On connaît les collèges des maçons, des charpentiers, des marchands de grains, des marchands de vin, des pêcheurs, des forgerons, des batteurs de métaux, des orfèvres, des doreurs, des bateliers, des muletiers, des âniers*, des droguistes, des musiciens, etc. Les inscriptions nous font connaître, soit à Rome, soit dans les provinces, environ quatre-vingts de ces collèges. Une troisième catégorie ne se rapportait ni à la religion ni aux arts et métiers : elle se composait soit d'associations formées pour assurer la célébration de certaines fêtes, comme les collegia Juventutis dont les inscriptions indiquent l'existence dans un grand nombre de villes, soit de sociétés de
1. Voir Mommsen, De collegiis et sodalitiis Romanorum ; Kiliae, 1843. Voir également une note sur les collèges ^ Orelli, Inscrijjt. roman, sélect. j n" 4136. Cf. Rabanis, Recherches sur les Dendrophores et les corporations romaines y Bordeaux, 1841.
2. Voir sur les collèges sacerdotaux Beugnot, Histoire de la destruction du paganisme en Occident ^ I, p. 385-391.
3. Sur les cultores deorum^ voir un article de M. Boissier, Revue archéologique, février 1872, p. 81.
4. Mommsen a vu, dans un vieux bâtiment qui dépendait autrefois de l'église de Saint-Etienne, à Potenza, une inscription relative à un collège d'asinarii. Aujourd'hui encore, les muletiers et les aniers de Potenza ont coutume de se réunir en cet endroit, le jour de Saint- Etienne, et de faire faire à leurs animaux le tour de l'église bâtie sans doute près du lieu où se rassemblaient les asinarii de l'époque romaine. Cette curieuse persistance de la tradition populaire nous a paru digne d'être notée. ■— Inscript, regni neapol.^ 391.
secours mutuels, comme certains collèges de pauvres gens et d'esclaves, sur lesquels nous aurons à revenir longuement, soit de réunions formées par les serviteurs d'une même maison. Les collèges de cette dernière catégorie étaient souvent désignés par le nom d'un maître commun, collegium quod est in domo Sergiœ Paullinœ ^, ou par celui d'un bienfaiteur défunt dont on voulait honorer et perpétuer la mémoire, cultores statuarum et clypeorum L. oAhulli Dextrij quelquefois ils se formaient sous le patronage d'une divinité d'origine étrangère, à laquelle se vouaient des esclaves appartenant peut-être, par la race, au pays où elle était honorée, co//e^f Mm vernarum colentes Isidem; quelquefois ils prenaient un titre vague et bizarre, comme le collegium convictorum qui uno epulo vesci soient ^. Dans un grand nombre de collèges, enrichis par des donations et des legs, des sportules provenant du produit des fonds collégiaux étaient distribuées périodiquement aux sociétaires ^. Beaucoup de collèges avaient leur médecin^. Avant la fin de la république, ces diverses catégories de collèges ne paraissent pas s'être occupées d'assurer la sépulture de leurs membres. A partir de Jules César, au contraire, cet objet prit une si grandç place dans leurs préoccupations, que la plupart des collèges existants se transformèrent en associations funéraires. Dans Varea sépulcrale qui devint, depuis lors, la propriété nécessaire de chaque collège, une place était assurée non-seulement aux sociétaires, mais encore aux membres de leur famille : posterisque eorum omnium et uxoribus concubinisque^ .
A l'origine, le droit de s'associer, \q jus coeundi pouvait
1 . Ce collège païen fait penser à la domesticam ecclesiam eorum ^ dont parle saint Paul, Rom.j XVI, 5.
2. Peut-être cette dénomination volontairement mystérieuse cachet-elle quelque communauté de chrétiens. — Voir Bullettino di arch. crise. y 1864, p. 62.