‹ Rome souterraineChapitre 42 sur 338 · Orelli · texte numérisé non relu

Orelli

s'exercer sans entraves ; mais à mesure que Tesprit de liberté se retira de Fadministration romaine, les collèges devinrent Tobjet des défiances du pouvoir, et durent subir de nombreuses restrictions. Cicéron nous apprend que sous la république on s'efforçait déjà d'en diminuer le nombre et la puissance. Jules César paraît les avoir interdits. Auguste les vit avec la même défaveur. Il devint impossible de s'associer sans l'autorisation du prince ou du sénat : quitus ex S. C. coire licet, disent un grand nombre d'inscriptions. Trajan voyait d'un œil si jaloux tout ce qui ressemblait à une association, qu'il pouvait à peine tolérer une société de cent cinquante pompiers dans une ville de province ^ Une exception paraît, cependant, avoir été faite de tout temps en faveur des associations « de pauvres gens^ qui se rassemblaient chaque mois pour payer une cotisation, dans le but d'assurer mutuellement leurs funérailles ^ ; » celles-là pouvaient, dit le jurisconsulte Marcien, s'établir sans une autorisation spéciale du prince ou du sénat, elles étaient autorisées d'avance, permittitur. Cette exception, restreinte d'abord à Rome seule, fut étendue à Tltalie et aux provinces par un édit de Septime Sévère ^ Pour comprendre comment les chrétiens purent abriter leurs rites funéraires et la propriété de leurs sépultures communes sous cette exception légale, il suffit de rapprocher du texte de Marcien les paroles suivantes de Tertullien, qui en semblent le commentaire; il décrit aux autorités païennes les usages des chrétiens à la fin du iT siècle : « Chacun de nous fournit une petite contribution un certain jour du mois, s'il le veut, et si ses ressources le lui permettent; car rien n'est forcé, tout est volontaire parmi nous. Le montant des sommes versées forme un fonds commun que l'on emploie à des

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