Orelli, troisième volume publié par Henzen
3. Servos quoque licet in collegio tenuiorum recipi volentibus dominis. — Marcian., lib. II Judiciorum puhlicorum. — Dig., XLVII, 22, I, 3.
/^. On a trouvé à Rome en 1864 deux vases de bronze appartenant
relies, les mauvais rapports étaient interdits les jours de fête, ut quietiet hilares diebus solemnibus epulemur. Enfin, ceux qui désiraient devenir membres du collège étaient priés d'en étudier le règlement, afin de ne point se plaindre ensuite et de ne point léguer une occasion de procès à leurs héritiers. Cet humble collège de pauvres et d'esclaves professait le respect de la vie humaine à un degré rare dans un temps où le suicide était devenu en honneur : si l'un de ses membres s'était donné volontairement la mort, la société refusait de subvenir aux funérailles du suicidé : quisquis ex quacumque causa mortem sibi asciverit, ejus ratio funeris non habebitur.
Ramenées à des habitudes plus graves, sanctifiées par la pratique de la charité et par l'idée religieuse, ces règles pouvaient s'adapter parfaitement aux mœurs de la communauté chrétienne. On comprendra mieux encore quel précieux abri lui offrait la forme des associations funéraires, si l'on étudie avec soin la constitution des areœ sépulcrales appartenant à des particuliers ou à des corporations, et les divers usages auxquels elles étaient destinées. Des détails assez étendus sont ici nécessaires. Nous les emprunterons aux testaments qui nous ont été conservés par les inscriptions des tombes païennes, et, afin d'éviter les redites et d'épargner au lecteur un trop grand nombre de citations, nous essayerons de reconstituer, en quelque sorte, un testament où seront insérées toutes les clauses relatives aux usages funéraires que nous trouvons éparses dans la collection d'Orelli-Henzen et dans le Corpus inscriptionum latinarum. Nous ne dirons pas un mot qui ne soit appuyé, par conséquent, sur un texte et un document incontestables, et nous prendrons pour modèle et pour cadre de ce testament
au Collegium Serrensium et désignés par une inscription comme des mensuralia ou vases servant à mesurer les liquides, sans doute la ration de vin servie à chacun des Serrenses lors de leurs repas communs. L'un de ces vases contenait un sextarium (setier), l'autre une hémine. M. de Rossi les a fait dessiner dans son Biillettino di arch, crist.^ 1864, p. ^8.
imaginaire un curieux testament païen qui a été découvert, il y a peu d'années, dans la bibliothèque de Baie. Il avait été gravé sur le marbre d'un tombeau romain à Langres. Au VIII® ou IX® siècle, quelque disciple de Técole d'Alcuin le vit et le copia, et deux pages de cette copie ont été retrouvées dans la reliure d'un manuscrit du x® siècle ^
Supposons donc un riche Romain faisant son testament. Il commençait à peu près ainsi : « Moi, ..., ayant en ce moment le corps et l'esprit sains, je fais ainsi mon testament, et j'institue mon iils... mon héritier. » Venaient ensuite, le plus souvent, des instructions relatives à ses funérailles, à la construction et à l'emplacement de son tombeau. C'était là un usage si général, qu'on trouve inscrite sur un grand nombre de monuments funéraires la mention que l'héritier les a fait élever pour obéir au testament du défunt : ex testamento fecerunV". Le testament était-il muet à cet égard, l'héritier avait soin d'indiquer que le tombeau avait été élevé à ses dépens : pecunia sua, impensa sua. de suo faciendum curavit. La clause testamentaire relative au tombeau pouvait être rédigée dans les termes suivants, que nous empruntons presque textuellement au testament de Baie : « J'ordonne que ma tombe — sepulcrum. monumentum^ memoria^ cubiçulum memoriœ. ç<?//amemorz<r — soit terrniné^ selon le plan que j'ai choisi, et qu'une chambre garnie de sièges y soit jointe. Dans cette chambre on placera deux statues me représentant % l'une en marbre, l'autre en bronze. Toutes deux seront du plus beau marbre et du plus beau bronze qu'il se pourra, et n'auront pas moins de cinq pieds de haut. Dans cette chambre, il y aura aussi un lit et des bancs en belle pierre de chaque côté. Les jours où elle sera ouverte, on la garnira de tapis et l'on fournira des oreillers, des couvertures et des vête-