‹ Rome souterraineChapitre 52 sur 338 · COMMENCEMENT DES CATACOMBES · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DES CATACOMBES

Sommaire. — Les sépultures romaines étaient toujours extra muros. — Lois défendant de creuser des tombes dans l'enceinte de Rome, — observées par les chrétiens. — Les Romains brûlaient les morts ; — cependant, exemples d'inhumation de corps entiers. — Les tombeaux des Scipions, des Nasons. — Différences entre les tombes païennes et chrétiennes. — Les Juifs enterraient les morts comme les chréti«Ô. — Différences et analogies des catacombes juives et chrétiennes. — Catacombes juives de la vigne Randanini, — du Monte-Verde. — Commencement des catacombes chrétiennes : d'abord propriétés privées avant de devenir propriété collective de l'Eglise. — Deux inscriptions se rapportant a cette première période.

Jusqu'au milieu du m® siècle, nous Favons montré, les chrétiens eurent pleine liberté d'ensevelir leurs morts et de régler le mode de leur sépulture. En un point, il est vrai, ils rencontraient un obstacle légal; mais toutes les sépultures, païennes ou chrétiennes, y étaient également exposées^ : c'était dans le choix de remplacement. D'anciennes lois défendaient d'enterrer des morts dans Fenceinte de Rome-.

1. Même le petit nombre de familles privilégiées qui, parce que leurs ancêtres avaient été, par exception, enterrés dans l'enceinte de Rome, avaient conservé le même droit, n'en usaient pas (Cicero, De leg.j II, 23). Les empereurs seuls et les vestales avaient leurs sépultures dans Rome. — Servius, ad Virg. JË.n.^ XI, 205.

2. Ces lois furent renouvelées par les empereurs. D'après un rescrit d'Adrien, ceux qui enterraient un mort dans l'enceinte de Rome encouraient une amende de 40 aiireij qui devait être payée au fisc ( Z?ig:.^ XLVII, 12, 3, § 5). La même défense fut réitérée par Antonin le Pieux (Capitol., Antonin. Pius^ 12) et Théodose II {Coâ. Theod.j IX, 17, 6).

Excepté en deux ou trois circonstances, où l'excès de la persécution les contraignait à un secret plus absolu, les chrétiens ne paraissent pas avoir contrevenu à cette prohibition. Elle n'avait trait qu'à la primitive enceinte de Servius Tullius; mais, à l'exception des saints Jean et Paul, enterrés dans leur propre maison sur le mont C^elius, nous ne connaissons aucune sépulture chrétienne dans les enceintes d'Aurélien et d'Honorius.

Les innombrables tombeaux qui se pressaient aux portes de Rome avaient été construits par des membres de différentes nations, et ils offraient, en raccourci, le tableau des usages funéraires de tous les peuples civilisés. Chez les Grecs, on enterrait ou on brûlait. A Rome, depuis la fin de la république, on n'enterrait plus les morts % mais on les brûlait, et on recueillait leurs cendres dans des urnes. L'urne était ensuite déposée dans le tombeau de la famille ou de la corporation : elle y occupait une de ces petites niches qui percent de trous innombrables les parois des colombaires. Cette coutume, devenue générale sous l'empire, n'était pas très-ancienne en Italie ^. Des guerriers couchés dans leur armure ont été découverts dans les tombeaux étrusques. A Rome même, tous les voyageurs ont pu voir, en dehors dé la porte Capène, la fameuse tombe des Scipions, dont les grands sarcophages contenaient des corps entiers. A quatre milles de Rome, sur la voie Flaminienne, Fabretti a rencontré un autre exemple de l'ancien mode de sépulture. On peut visiter encore aujourd'hui, sur la même voie, le tombeau des Nasons, qu'a décrit Bartoli^ Ce dernier se rapproche assez du mode de sépulture qu'adoptèrent les chrétiens. Il consiste en une chambre régulièrement taillée dans le roc, et percée de niches horizontales dans lesquelles étaient déposés les corps. C'est en petit l'architecture de nos catacombes. La tombe des Scipions y ressemble beaucoup

1. Marius fut enterré; Sylla fut le premier de la gens Cornelia qui ait été brûlé. — Cic, De kg., II, 23.

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