Large d'environ
2. Voir le plan de l'hypogée, Bullettino di arc/ieologia crlstiana^ iSô^, p. 35 : le plan du vestibule et des constructions adjacentes est donné dans le Bullettino de la même annéç, p. 96.
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ancienne du cimetière de Priscille. Les épitaphes des autres tombeaux de cette galerie ont également la simplicité et la brièveté de l'épigraphie primitive.
A partir du vestibule, la voûte du grand ambulacre
^^S- 9- — Vigne peinte sur une voûte du cimetière de Domitille. i*"" siècle. 'j
est couverte dans toute sa longueur par une fresque d'un dessin exquis, représentant des branches de vigne au milieu desquelles se jouent des oiseaux et de petits génies. Les feuillages courent sur la voûte, se répandent sur les murailles avec la souplesse et la liberté de la nature, ne
se laissant arrêter ni par les emplacements destinés aux tombeaux, ni par ces lignes et ces cadres géométriques qui, dans les fresques de l'âge postérieur, circonscrivent en un espace donné l'inspiration ou le caprice de l'artiste. Çà et là on distingue encore quelques paysages dans le goût pompéien ; le paysage est un genre très-rare dans Fart
Fig. :o. — Daniel dans la fosse aux lions. ler siècle.
des catacombes, et Ton n'en trouve un autre spécimen que dans la chambre sépulcrale des saints Nérée et Achillée. Les murs de l'ambulacre sont ornés de peintures symboliques, première apparition des sujets qui devinrent si, chers à l'art chrétien. A gauche, sur la paroi qui sépare deux des niches dont nous avons parlé, on distingue le groupe de Daniel dans la fosse aux lions. Malgré les outrages du temps et des hommes, il est facile de reconnaître encore la belle ordonnance de cette peinture. Vêtu
iio ROME SOUTERRAINE.
de la tunique, les mains élevées dans l'attitude de la prière, le prophète, debout sur un petit monticule, a la pose élégante et grandiose d'une statue antique : les lions qui rugissent à ses pieds sont pleins de vie. Dans un enfoncement de la muraille, on voit l'image d'un pêcheur. Plus loin paraît une brebis paissant à côté d'un arbre. Au fond de Tambulacre est peinte une représentation des agapes célestes, semblable, pour le style et la disposition générale, à ces repas funèbres que l'on voit sculptés sur les stèles grecques; mais le pain et le poisson posés sur un trépied reportent l'esprit à l'un des traits les plus expressifs du symbolisme chrétien. Les peintures qui décoraient la muraille de droite sont entièrement effacées. Les fresques de cet hypogée méritent d'être comparées à celles récemment découvertes de la villa de Livie ad gallinas albas, et aux peintures des plus élégants colombaires du siècle d'Auguste. Malheureusement leur beauté même leur a nui ; des visiteurs indiscrets les ont presque détruites en essayant de les détacher de la muraille : procédé stupide, qui ruine à jamais des monuments d'un prix inestimable, et ne peut laisser, aux mains insensées qui le tentent, qu'une poignée de mortier, de stuc écrasé ou de tuf réduit en poudre.
Il est bien regrettable que le vestibule de l'hypogée soit en grande partie ruiné, et que l'inscription qui surmontait la porte ait péri. Cette inscription nous eût révélé sans doute le nom du Flavien chrétien pour lequel fut construit ce magnifique tombeau, et peut-être y aurionsnous lu celui du consul Flavius Clemens, mari d'une Domitille, dont les ossements furent plus tard, selon la tradition, transportés dans la basilique de Saint-Clément. Bien que demeuré anonyme, le monument qui vient d'être décrit n'en est pas moins une des plus belles et des plus importantes conquêtes de l'archéologie chrétienne. Il rend visible et palpable ce qui a été dit de la liberté et de la légalité dont jouissaient les premières sépultures chrétiennes; il fait toucher du doigt le premier anneau de cette chaîne
HISTOIRE DES CATACOMBES. iit
indissoluble de l'art chrétien que nous suivrons de siècle en siècle et de catacombe en catacombe jusqu'aux jours de la paix : il montre de quelle sécurité fut entouré son berceau. « Non-seulement, dit M. de Rossi, le sépulcre était visible, exposé à tous les yeux par le vestibule extérieur et par rinscription mise sur la porte, mais les peintures mêmes représentant des sujets bibliques, comme Daniel dans la fosse aux lions, étaient placées près de l'entrée, au niveau du sol, éclairées par la lumière du jour^ »
Nous venons de parcourir les principales catacombes dont l'origine est reportée par la tradition aux temps apostoliques. Résumons en quelques mots les conclusions qui ressortent de cet examen.
Pour qui veut étudier sérieusement la Rome chrétienne, les récits des anciens pèlerins viennent, dans l'ordre des sources historiques, immédiatement après les actes des martyrs. Les Itinéraires^ du vu" et du viii® siècle, le Livre des Merveilles'^ y\Q Livre des Indulgences'' ^ les relations de quelques voyageurs du moyen âge, en recueillant sur place les traditions locales non encore effacées et des souvenirs demeurés vivants, ont mérité de servir de guides à l'érudition moderne et de la diriger dans sa recherche des sanctuaires historiques, comme ils avaient autrefois guidé vers ces mêmes sanctuaires la foule des pieux visiteurs. Or tous ces documents s'accordent à désigner cinq ou six des cimetières de Rome comme ayant passé de tout temps pour dater de Tâge apostolique. Chacun des cimetières
1. Sur le cimetière de Domitille, voir le Bullettino dl arch. crist.j 1865, pages 22-24, 33-46, 89-99.