Acta proconsidaria S. Cypriani
Le pape Sixte II, avec ses diacres et les ministres sacrés (saint Laurent était Tim d'eux, et nous avons vu les tombes des deux autres 1), fut, pendant la même persécution, traqué, surpris et décapité dans le cimetière de Prétextât % « parce qu'il avait méprisé les ordres de Valérien^. »
En 260, Gallien mit lin à la persécution. Il envoya dans tout Fempire un rescrit enjoignant aux possesseurs des loca religiosa confisqués par Valérien sur les chrétiens d'en faire restitution aux évêques de chaque église. En même temps, il adressa à quelques évêques des rescrits spéciaux, pour leur rendre le libre usage de leurs cœmeteria^. Il paraît résulter de ces actes de l'empereur que les lieux d'assemblée des chrétiens, ces édifices à ciel ouvert dont nous avons parlé, avaient été confisqués par Valérien, et vendus ensuite au profit du fisc, tandis que les cimetières, protégés par la religion des tombeaux, avaient été seulement interdits. La persécution cessant, VEcclesia fratrum en reprenait de plein droit Pusage, n'en ayant jamais perdu la propriété : au lieu que, pour lui rendre les édifices non funéraires, il fallait qu'un édit exprès, les expropriant une seconde fois en sens inverse, les enlevât à ceux qui les avaient achetés du fisc. C'est sans doute en vertu de ces deux rescrits impériaux que Denys, successeur de Sixte II, ayant recouvré les propriétés de TÉglise, « divisa, dit le Liber pontificalis^ les églises et les cimetières entre les prêtres, et constitua des paroisses et des diocèses. »
Ces fluctuations de la politique impériale, en mettant en relief la position singulière et contradictoire de l'Église chrétienne, devenue légitime comme corporation et demeurée illégale comme religion étrangère, firent comprendre aux chrétiens la nécessité d'assurer l'inviolabilité de leurs sépultures et le secret de leurs réunions. A partir de ce