Bianchini, Anast. Vit. Pont., II
2. « Nunc auteni septem diaconos esse oportet et aliquantos presbytères, ut biiii sint per ecclesias. » — x4mbros., in I Tim.y m. Ces prêtres et clercs auxiliaires qui, depuis le iii*" siècle, étaient attachés, sous le titulaire principal, au service de chaque église de . Rome, portaient, au moins au Vl" siècle, le nom de socii : témoin l'inscription d'un autel dédié entre 514 et 523, par le prêtre Mercurius, du titre de Saint-Clément {ex titulo sancti démentis ^ Gruter, 1059, 3), plus tard pape sous le nom de Jean II : altare ti^i, deys, salvo hormisda
PAPA, PRESBYTER CVM SOCIIS OFFERT. — BulUtt. di urcll. crist., 1870,
p. 143, 144, et tav. X, XI, n''' 1, 2.
3. £p. 18. — Félix qui presbyterium subministrabat sub Decimo.
de persécution (quand les cimetières n'étaient pas contisqués), sans attirer l'attention du gouvernement impérial. Deux précieuses épitaphes, trouvées dans deux cimetières voisins Tun de l'autre, viennent confirmer et illustrer la théorie que nous exposons. L'une appartient au cimetière de Domitille, où elle a été trouvée en 182 1 :
ALEXIVS ET CAPRIOLA FECERVNT SEVIVI JVSSV ARCHELAI ET DVLCITI PRESB.
Le mot jussu s'employait dans le langage officiel du iii'^ et du iv^ siècle pour signifier soit un ordre, soit une autorisation : jussu dominorum nostrorunij jussu proconsuliSj etc. Il indique évidemment ici la juridiction exercée par les prêtres Archelaiis et Dulcitus sur le cimetière de Domitille, et rinscription entière confirme merveilleusement ce que nous avons dit de l'existence, au m® siècle, de deux prêtres attachés à chaque titulus et ayant en même temps juridiction sur lé cimetière en dépendant. L'inscription suivante est celle de ce diacre Severus dont nous avons parlé plus haut, à l'occasion des travaux faits dans le cimetière de Calliste; elle prouve une fois de plus ce fait aujourd'hui certain, que le cimetière de Calliste, par exception, demeura sous la juridiction immédiate des papes, depuis Zéphyrin, et fut gouverné, sous eux, par leur premier diacre ou archidiacre : ici, en effet, c'est ce premier diacre qui y bâtit pour soi et les siens une double chambre sépulcrale, et qui reçoit l'autorisation de le faire du pape lui-même, et non d'un prêtre :
CVBICVLVM DVPLEX CVM ARCOSOLIIS ET LVMINARE IVSSV PAPAE SVI MARCELLINI DIACONVS ISTE SEVERVS FEÇIT MANSIONEM IN PAÇE QVIETAM SIBI SVISQVE...
Il serait aisé de pousser plus loin ce sujet et de montrer qu'au v* et au vi^ siècle chaque cimetière suburbain dépendait d'une paroisse de Rome. Mais, pour ces époques, les
documents abondent ; pour celle que nous venons de parcourir, au contraire, ils sont rares, souvent confus, et demandent, pour être mis en œuvre, les secours de l'archéologie, cette induction patiente et sûre qui rend leur valeur aux moindres fragments, sait les rapprocher et les rejoindre. L'archéologue, en effet, ressemble au professeur d'anatomie comparée, qui reconstruit, à la seule inspection de quelques ossements trouvés dans les entrailles de la terre, l'animal disparu auquel ils appartinrent. Tandis que l'historien travaille sur des documents déjà connus, et le plus souvent intacts, l'archéologue, au contraire, est obligé de recomposer en quelque sorte les documents sur lesquels il s'appuiera : son premier travail est de créer les matériaux qu'il doit employer, d'interroger chaque fragment, de classer chaque débris, et de reconstituer ainsi, non-seulement l'histoire des siècles écoulés, mais encore les sources mêmes de cette histoire.
C'est par un travail de cette nature que M. de Rossi est venu à bout de retrouver l'histoire continue des catacombes romaines pendant les siècles de persécution, de reconstituer le système d'administration ecclésiastique appliqué pendant le III® siècle à la ville de Rome, à ses paroisses et à ses cimetières, de retrouver même le nombre et les fonctions diverses des prêtres et des diacres qui composaient à cette époque le clergé romain. Cette histoire n'avait jamais été écrite ; elle n'a pu l'être qu'en rapprochaiit et en combinant des textes et des documents jusque-là négligés ou restés inconnus. Quelques lecteurs penseront peut-être que les matériaux dont nous disposons sont trop rares, trop clairsemés pour qu'il soit encore possible de conclure avec certitude. M. de Rossi reconnaît que les faits sur lesquels il s'appuie, pris isolément, ne laissent pas voir toute leur valeur, et ne s'éclairent tout à fait que par la comparaison : mais il fait j ustement ressortir l'étonnante harmonie qu'il a pu établir entre des faits et des documents différents les uns des autres, appartenant à des époques diverses, concordant tous cependant sur les points essentiels, et venant confirmer,