DE L'AN 410 JUSQU'A L'ABANDON DEFINITIF DES CATACOMBES
Sommaire. — Après 410, les catacombes sont encore fréquentées parles pèlerins. — En 327, elles sont profanées par les Goths, sous Vitigés. — Elles sont restaurées par les soins des papes. — On y dit de nouveau la messe. — En 756, on commence à transporter dans Rome les corps des saints qu'elles contenaient. — Première translation par Paul P*". — Autres translations par Pascal P*" et ses successeurs. — • Les catacombes définitivement abandonnées. — Leur emplacement même est oublié. — Origine du mot catacomhe .
L'usage des catacombes comme lieux de sépulture, brusquement interrompu par les premières invasions des barbares, ne fut jamais repris dans la suite. Si quelques inscriptions paraissent encore s'y rapporter, un examen plus attentif fait voir qu'elles ont trait aux basiliques ou aux cimetières établis autour d'elles à ciel ouvert. A partir de l'an 426, les inscriptions ne font plus mention ôlqs fossores . Les recueils liturgiques du v* siècle, dans les prières pour les défunts et dans les formules pour la bénédiction des tombes, font constamment allusion aux inhumations dans les basiliques ou autour d'elles , jamais aux cimetières souterrains.
Les catacombes , cependant , cessant d'être employées comme cimetières, continuèrent à être fréquentées comme lieux de dévotion et de pèlerinage. Le pape Symmaque, qui gouverna l'Église à la fin du v« siècle et dans les premières années du vi^, fit faire de grands travaux dans les sanctuaires suburbains. L'invasion des Goths sous Vitigés y porta la désolation et le pillage : Ecclesiœ et corpora
sanctorum exterminata sunt a Gothis *. Les cimetières de la voie Salaria durent en souffrir plus que les autres, car les Goths attaquèrent surtout Rome de ce côté. Les inscriptions nous racontent, en effet, les dégâts qu'ils firent aux tombeaux des saints Chrysanthus etDaria, Alexandre, Vital, Martial et Diogène, situés sur les deux voies Salaria. Aussitôt que cette tempête fut passée, le pape Vigile répara des ruines dont la vue, dit- il lui-même, lui arrachait des gémissements, et remplaça plusieurs des inscriptions de saint Damase, que les dévastateurs avaient brisées, par des copies, souvent fort imparfaites, dont quelques-unes sont venues jusqu'à nous^. D'autres restaurations furent faites par de simples fidèles, quelquefois de pauvres gens, pauperis ex censu ^.'
Il est probable que, pendant le siège de Rome par