Lih. pont
2. Par exemple l'inscription en l'honneur d'Eusèbe, dans le cimetière de Calliste (pi. XII). Un poëme, transcrit par les épigraphistes de l'école d'Alcuin, qui l'avaient lu sur la tombe des saints Alexandre, Martial et Vital dans le cimetière des Jordani, fait allusion à ces restaurations d'inscriptions damasiennes entreprises par le pape Vigile. Ce poëme paraît avoir été gravé dans tous les cimetières où ce pape entreprit des travaux de cette nature, et un fragment en a été récemment trouvé dans le cimetière des saints Pierre et Marcellin sur la voie Labicane :
Dum peritura Getse posuissent castra per urbem,
Moverunt sanctis bella nefanda prius, Totaque sacrilego verterunt corde sepulcra
Martyribus quondam rite sacrata piis, Quos monstrante Deo Damasus sibi papa probatos
Affixo monuit carminé jure coli.
Sed periit titulus confracto marmore sanctus,
Nec tamen hls iterum posse latere fuit. Diruta Vigilius nam post hase papa gemiscens
Hostibus expulsis omne novavit obus.
3. Dans la crypte des saints Chrysanthe et Daria. Voir Bullett. dl arch. crise. j 1873, P- 4^? 47- Le texte de l'inscription commémorative, rapporté par Gruter (1171, 4), est touchant :
Pauperis ex censu melius nunc ita resurgunt,
Divite sed voto plus placitura Deo.
Plaiige tuum, gens sseya, nefas : periere furores :
Crevit in his teraplis per tua damna decus.
Vitigès, la nécessité contraignit à relâcher la sévérité des anciennes lois qui défendaient d'enterrer les morts dans l'enceinte de la ville. Peut-être même étaient-elles tombées en désuétude avant cette époque. Il paraît en effet que sous le règne de Théodoric, c'est-à-dire vers la lin du v*' siècle ou le commencement du vi®, un cimetière fut établi sur l'emplacement de l'ancien camp prétorien. Un cimetière du VI® siècle a été également découvert sur l'Esquilin. Même quand les barbares ne campaient pas aux portes de Rome, la campagne romaine, appauvrie et dévastée, avait cessé d'être sûre, et il devenait dangereux de s'aventurer un peu loin au delà des murailles.
Les papes, cependant, continuèrent d'entretenir les anciens cimetières souterrains. Jean III, vers l'an 568, « restaura les cimetières des saints martyrs, et ordonna que les oblations, les calices et les cierges fussent fournis chaque dimanche par le trésor du palais de Latran * » pour servir aux messes célébrées dans les catacombes. Cela avait lieu après la dévastation de Rome par Totila. Mais ce retour aux anciens usages, ce sacrifice célébré, comme au m*' siècle, par les prêtres de chaque paroisse dans le cimetière qui y était attaché, ne furent pas de longue durée. Au vii« siècle on donne au pape Sergius P^ cette louange exceptionnelle, que « durant le temps de son sacerdoce il célébrait assidûment la messe dans les différents cimetières ^. » Cette ferveur même fait voir que l'ancien lien hiérarchique entre les paroisses et les cimetières s'était relâché ; car, étant titulaire de Sainte-Suzanne, il aurait dû, si les anciens usages avaient été en vigueur, célébrer régulièrement la messe dans le cimetière dépendant de son titre paroissial, et non « assidûment en différents cimetières. » Soixante ans plus tard, vers l'an 735, Grégoire III, qui était plein de zèle pour restaurer et construire des églises , « institua un corps de prêtres ayant pour mission de dire des messes chaque