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I. Marchi, Monum. délie art. crist. primit.j p

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raine; comparées à elle, toutes les autres ne sont que de petites ou moyennes provinces ^ » Le P. Marchi ne fit qu'entrevoir la région sépulcrale dont il parle avec tant d'enthousiasme. Le plan de son ouvrage était arrêté avant qu'il Y descendît, et ses travaux, trop tôt interrompus, ne furent pas repris après la publication de son premier volume. Les découvertes vraiment merveilleuses que nous allons raconter ne purent même être pressenties par le P. Marchi : elles sont Tœuvre de M. de Rossi. Sans exclure de ses études les autres « provinces » de Rome souterraine, c'est en celle-ci qu'il a surtout concentré ses efforts, il a fait d'elle le champ préféré de ses travaux, et les deux volumes qu'il a déjà publiés n'en ont pas épuisé les résultats. A son exemple, nous donnerons ici aux cimetières de la voie Appienne, et surtout au principal d'entre eux, la place et l'importance qui leur appartiennent. Recherchons d'abord ce que disent d'eux les anciens Itinéraires des vu* et VIII® siècles.

L'auteur du plus ancien et du plus exact des deux guides découverts à Salzbourg en 1777*, décrivant ce qu'il vit et visita lui-même à une date qui se place entre les années 625 et 638, s'exprime ainsi : « Vous arrivez, par la voie Appienne, à saint Sébastien, martyr, dont le corps est déposé dans un lieu très-bas ; là sont aussi les sépulcres des apôtres Pierre et Paul, dans lesquels ils reposèrent quarante ans ; vous descendez par des marches dans la partie occidentale de l'église, où est enterré saint Cyrinus, pape et martyr. — Au côté nord de la même voie, vous arrivez aux saints martyrs Tiburce, Valérien et Maxime. Parvenus là, vous entrez dans une grande caverne, et vous trouvez saint Urbain, évêque et confesseur ; dans une autre place, Felicissimus et Agapitus, martyrs; en un troisième endroit, Cyrinus, martyr; et en un quatrième, Januarius, martyr. Dans une troisième église repose saint Zenon, martyr. —

I. Marchi, Monum. délie art. crht. primLt.^ p. 172. 2 Notitia ecclesiarum urhis Romœ. — Voir page 30.

Sur la même route, à Sainte-Cécile, il y a une multitude de martyrs : Sixte, pape et martyr, Denys, pape et martyr, Julien, pape et martyr, Flavien, pape et martyr, sainte Cécile, vierge et martyre. Quatre-vingts martyrs reposent làdessous (dans le cimetière souterrain); Zéphyrin, pape et martyr, repose (dans une église) au-dessus, Eusèbe, pape et martyr, repose plus loin dans une caverne, et Corneille, pape et martyr, plus loin encore dans une autre caverne. — Vous arrivez ensuite à la sainte vierge et martyre Soteris, dont le corps est enterré vers le côté nord ; puis vous laissez la voie Appienne et vous arrivez, etc. »

Le second Itinéraire salzbourgeois * décrit également la voie Appienne, mais en commençant par l'autre extrémité. Après avoir indiqué ce qu'il y avait à voir sur la voie Ardéatine, il continue ainsi : « Près de la voie Appienne, au côté est de la ville, est l'église de Sainte-Soteris, martyre, où elle repose avec beaucoup d'autres martyrs. — Et près de la même voie est l'église de Saint-Sixte, pape, où il repose; là aussi est enterrée sainte Cécile, vierge; et là saint Tharsicius et saint Zéphyrin dorment dans une même tombe ; et là saint Eusèbe, et saint Calocerus, et saint Parthenius reposent, chacun dans une tombe séparée ; et huit cents martyrs sont enterrés là. Non loin de là, dans le cimetière de Calliste, Corneille et Cyprien dort (Cornélius et Cyprianus dormit) dans une église. — Là est aussi près de la même voie une église de beaucoup de martyrs, à savoir : Januarius, qui était Taîné des sept iils de Félicité ; Urbain, Agapitus, Felicissimus, Cyrinus, Zenon, frère de Valentin ; Tiburtius et Valérien et beaucoup de martyrs y reposent. — Et près de

I. De locis sanctis martyriim^ qiicE sunt foris civitatis Romae. M. de Rossi en reproduit le texte, Roma sotterraneaj t. I, p. 141, non d'après le manuscrit de Salzbourg publié en 1777, et conservé aujourd'hui à la bibliothèque impériale de Vienne, sous le numéro 795, mais d'après un autre manuscrit venu également de Salzbourg, et qui fait partie de la bibliothèque de Vienne, n" 1008. Ge dernier manuscrit se rapproche davantage de celui de Wurtzbourg, publié en 1729 par Eckart. — Voir page 30.

lyo ROME SOUTERRAINE.

la même voie est Téglise de Saint-Sébastien, martyr, où luimême est enterré ; là sont aussi les sépultures des apôtres, où ils reposèrent pendant quarante années. Là aussi le martyr Cyrinus est enterré. Par la même voie vous allez aussi à la cité d'Albano, etc. »

Laissant de côté de légères différences qu'un examen minutieux pourrait apercevoir entre les deux Itinéraires, il nous suffit de faire remarquer avec quelle exactitude ils concordent dans les lignes essentielles. Si on les lit attentivement, on reconnaît qu'ils décrivent quatre groupes distincts, quatre centres séparés de sépultures situés sur la voie Appienne. L'un, le plus éloigné de Rome, le dernier en allant vers Albano, se compose de Féglise Saint-Sébastien et du cimetière qui en dépend. Le deuxième, sur le côté nord de la route, contient les tombes du mari et du beaufrère de sainte Cécile, Valérien etTiburtius; de Felicissimus et d'Agapitus, deux des diacres de saint Sixte; de Januarius, l'aîné des sept iils de sainte Félicité, et de beaucoup d'autres martyrs. Le troisième est célébré par les Itinéraires comme renfermant « une innombrable multitude de martyrs, » parmi lesquels sont nommés sainte Cécile, plusieurs papes, saint Tharsicius, et quelques autres. Enfin, avant la jonction de la voie Appienne et de la voie Ardéatine, s'élevait l'église de la vierge et martyre sainte Soteris. De ces quatre groupes de sépultures, nous avons déjà décrit le deuxième, sous le nom de cimetière de Prétextât ^ ; nous parlerons du quatrième à la fin du chapitre suivant. Le troisième va faire l'objet de notre étude. Avant d'y arriver, il est nécessaire de dire quelques mots du premier, formé par la basilique et le cimetière de Saint-Sébastien.

La basilique de Saint-Sébastien, construite par Constantin sur la tombe où reposent encore les restes de ce martyr, est bien connue de tous ceux qui ont visité Rome. Elle s'élève sur la voie Appienne, entre le deuxième et le troisième mille. Un religieux franciscain appartenant au monastère

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