‹ Rome souterraineChapitre 99 sur 338 · Annal. j XIII, 32. — Cf. page · texte numérisé non relu

Annal. j XIII, 32. — Cf. page

rien, faisant allusion à l'illumination produite par le baptême*. Il fut porté par beaucoup de dames romaines, que n'unissait entre elles aucun lien de parenté, et qui dans leurs familles, dans le monde païen qui les entourait, n'étaient connues que par leur nom légal. Lucine était peut-être le surnom chrétien de Pomponia Graecina, une des premières dames romaines que la lumière du Christ ait éclairées, et il est très-possible qu'elle ait ouvert, sous un de ses domaines, un cimetière pour ses parents et ses amis chrétiens. Quand, pour la première fois, M. de Rossi annonça cette conjecture, il le fit avec toute la prudence et la réserve imaginables, (c C'est une pure supposition, dit-il ; je n'en veux pas faire une thèse : peut-être mérite-t-elle à peine le nom de conjecture. Mais ces tâtonnements, ces efforts de l'esprit, qui se précipite en avant dès qu'il a vu briller une faible lueur au milieu des ténèbres, ont au moins un résultat : ils le surexcitent, ils tiennent son attention éveillée, aiguisée, prête à tirer profit des moindres indices, à saisir tout ce qui peut

I. « Il faut se rappeler que l'usage des agnomina fut, sous l'Empire, très-commun parmi les nobles, tellement que beaucoup d'entre eux étaient, dans les actes publics et civils, désignés par un nom, et dans la vie privée et domestique par un autre. Cette hinomie nous empêche souvent de reconnaître pour une seule et même personne celui que les monuments antiques nous présentent sous des dénominations diverses. » Roma sotterraneuy t. I, p. 315 ; cf. Borghesi, (Euvres complètes ^ t. III, p. 487. — Cet usage paraît avoir été répandu parmi les chrétiens, même de condition obscure. « Comment t'appellestu } » demande-t-on au berger Tarasius. « Si tu veux savoir mon nom vulgaire, répond-il, je m'appelle Tarasius ; si tu t'enquiers de mon nom véritable, j'ai reçu au baptême le nom de Sozôn (sauveur), en qualité de chrétien. » Parmi les surnoms dont la signification se rapporte au baptême, comme Lucina, figurent sans doute ceux de Renatus, Renata, Redemptus, Redempta, fréquents dans les inscriptions chrétiennes (Inscript, roman, christ. y I, n°* 552, 35:7 ; cf. ibid., 194, 278, 532, 601 ; Bullett. di arch. crist., 1865, p. 51, inscript, de l'an 290). M. de Rossi a trouvé dans le cimetière de Bal bina l'inscription funéraire d'une chrétienne dont la pierre, brisée, laisse lire seulement le surnom... SIVE ANASTASIA, évidemment un agnomen symbolique relatif à la résurrection. — Bull, di arch. crist. ^ 1867, p. 31, 32.

jeter un nouveau jour sur des faits historiques plutôt devinés qu'entrevus^. » M. de Rossi écrivait cela dans son premier volume en 1864. Dans le milieu du second, écrit en 1867, il revient sur le même sujet, à propos des épitaphes païennes de L. Pomponius et de Pomponius Bassus. « Ma conjecture, dit-il, a été accueillie avec beaucoup de faveur; il ne faut pas, cependant, lui attribuer encore plus d'importance qu'elle ne mérite, mais attendre que des indices plus précis et de nouvelles découvertes monumentales lui viennent donner un fondement solide ^. » Le public avait été plus vite, en effet, que l'esprit scrupuleux de M. de Rossi. Une fois proposée, sa conjecture au sujet de Pomponia Grascina avait paru si naturelle, si vraisemblable, si heureuse, que l'opinion l'avait acceptée quand son auteur hésitait encore. On avait peine à croire que l'une des premières grandes dames romaines converties au christianisme, une Pomponia Graecina, fût demeurée étrangère à la création d'un cimetière chrétien peuplé pendant trois siècles par les Attici et les Cascilii, et voisin des monuments païens d'un L. Pomponius et d'un Pomponius Bassus. Mais deux points demeuraient obscurs et empêchaient M. de Rossi de porter un jugement définitif. D'abord, on n'avait aucun indice de relations quelconques entre les Pomponii Graecini et les Pomponii Bassi; puis, si l'on avait les épitaphes de deux Pomponii, c'étaient des épitaphes païennes : on ne possédait Tépitaphe chrétienne ni d'un Pomponius Bassus ni d'un Pomponius Graecinus. Revenant sur ce sujet à la fin du volume ^, M. de Rossi put annoncer enfin que cette double lacune est aujourd'hui comblée. 11 avait, dans l'intervalle, découvert dans le cimetière de Calliste deux épitaphes, l'une grecque, l'autre latine, d'un Pomponius Bassus, et, un peu plus loin, dans le même cimetière, il avait pu recomposer , en rapprochant plusieurs fragments, l'inscription grecque d'un TTOMnONIOC TPHREI-

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