Apolog'. pro Synodo, ap. Sismond, Oppr, 1. 1, p
Digiti
ria, qui paraît avoir occupé à cette époque une place d'honneur dans le Baptistère de la Basilique. Ici, aucun doute n'est possible : c'est bien d'une chaire matérielle qu'il s'agit.
Ce texte peut être rapproché des vers suivants, tirés d'un manuscrit de Verdun ; ils sont du rv« ou v« siècle :
« Istic insontes cœlesti flnmine lotas
Pastoris Sammi dextera signât oves.
Hue nndis générale veni qno Sanctus ad unum
Spiritus ut capias te sua dona vocat. »
« A cette place, la main droite du Souverain Pasteur marqae an front les brebis innocentes, qui ont été lavées dans le fleuve céleste. O toi qui viens de renaître dans les eaux, va à la seule place où le Saint-Esprit t'appelle pour te distribuer ses dons. »
Les vers qui précèdent ces derniers dans le manuscrit étaient inscrits sur la porte du Baptistère : ils sont ainsi conçus :
« Sumite perpetuam sancto de gurgite vitam,
Cursus hic est âdei, mors ubi sola périt. Roborat hic animos divino fonte lavacrum,
Et dum membra madent, mens solidatur aquis. Auût apostolicae geminatum sedis honorem
Christns, et ad cœlos hune dédit esse viam ; Nam cui siderei commisit limina regni
Hic habet in templis altéra claustra poli. »
« Puisez la vie éternelle à cette sainte fontaine; c'est là le torrent de la foi, dans lequel seule la mort périt. Se laver dans la source divine affermit rame, et pendant que les membres sont mouillés, Tesprit se fortifie par l'eau. Le Christ a ajouté un double honneur à la chaire de l'apôtre, et a fait de celui-ci le chemin du ciel ; car celui auquel il a confié la porte du royaume des cieox a ici, dans les temples, d'autres portes du ciel. »
Ces vers nous disent que le Baptistère du Vatican, sur la porte duquel ils étaient inscrits, était • un double honneur ajouté par le Christ à Pierre, et à la chaire de Tapôtre, i et qu'il y avait dans ce Baptistère un lieu distinct où les néophytes recevaient le sceau des promesses divines et les dons du Saint-Esprit par la main du Souve* rain Pasteur. Comparant ces vers avec le texte d'Ennodius, on reconnaît que, dans les uns comme dans l'autre, la sedes apostolica n'est pas nommée seulement dans son acception spirituelle, mais encore dans un sens matériel et littéral, et qu'au v« siècle au moins était
Digiti
solennellement conservée dans le Bapdscére du Vatican une sella gestatoria sur laquelle ou devant laquelle le pape était assis quand il administrait le sacrement de la Confirmation.
Nous trouvons^ un siècle plus tôt, une évidente allusion au même fait dans Tinscription mise par saint Damase sur la porte du Baptistère construit par lui :
VNA PETRI SEDES VNVM VERVMQUE LAVACRVM.
De même, dans Fépitaphe du successeur Immédiat de Damase, nous lisons que le pape Sirice
FONTE SACRO MAGNVS MERVIT SEDERE SACERDOSi.
La place habituelle du trône épiscopal était dans Tabside de la Basilique; par conséquent, s'il est dit que Sirice • fut jugé digne de s'asseoir comme grand prêtre prés de la fontaine sacrée, • il devient clair que « près de la fontaine sacrée, • c'est-à--dire dans le Baptistère, était placée la chaire à laquelle Tévêque de Rome devait son rang suprême comme Sacerdos magnus : c'est ainsi que le magnifique Baptistère de saint Damase est appelé par Prudence c la chaire apostolique. »
Guidés par ces rapprochements et ces textes, nous lisons maintenant l'épi taphe de Ceadvalla sous une lumière toute nouvelle, et nous reconnaissons que • la chaire de Pierre • pour laquelle il abandonna sa patrie n'était autre que la fameuse sella gestatoria, que le roi saxon dut nécessairement visiter quand il vint recevoir le baptême t à la fontaine de Pierre. •
Voici un témoignage non moins précis et plus ancien, celui de saint Optât de Milève.Il publia la première édition de son livre contre les Donatistes pendant le pontificat de Damase, et la seconde pendant celui de Sirice, Les Donatistes se vantaient d'avoir à Rome un évéque de leur secte. Optât leur opposa la succession des pontifes romains de Pierre à Damase et à Sirice, t tous ayant occupé la même chaire, i et il ajouta : f Si Ton demande à Macrobe (l'évêque donatiste) en quel lieu de Rome il siège, pourra-t-il répondre : Dans la chaire de Pierre (in cathedra Pétri)} il ne l'a même pas vue de ses yeux, et, en sa qualité de schismatique, il n'a pu approcher du sanctuaire où