X. Revue archéologique, mai 1870, p. 336 et saiv
a. BuU. di arch, crist., 1870, p. 163. — On pourrait faire la même remarque pour toutes les villes d'origine romaine. A Paris, les arènes découvertes en 1870 étaient ensevelies sous un remblai de plus de 10 métrés. A Rouen, depuis le commencement de l'ère chrétienne, le sol s'est élevé, en moyenne, de 30 à 3$ centimètres par siècle. M. Tabbé Cochet indique le même calcol pour Metr (l'antique Divodurum), Trêves, Toulouse, Troyes (l'antique Augustobona), UnefouÛUtn Normandie, dans \sl Repue archéologique, février 1873, p. 99-100.
Digiti
église bâtie à Rome garde jusqu'à ce jour la mémoire de Clément, » memoriam démentis usque hoéUe Rorrut exstructa ecclesia custodit^. f Jusqu'à ce jour, • usque hodU^ indique qu'à l'époque où écrivait le saint docteur la basilique de Saint-Clément était construite depuis une date déjà assez éloignée, qu'il est impossible de déterminer avec précision, mais que l'on peut cependant faire remonter à la première moitié du iv« siècle. Un très-curieux monument épigraphique, publié et commenté par M. de Rossi, paraît un indice certain de cette date. C'est une petite lame de bronze, qui était conservée dans la collection de Lelio Pasqualini, contemporain de Baronius. Elle portait une inscription sur l'une et l'autre face. La première était ainsi conçue : TENE ME QVIA FVGI ET REVOCA ME VICTORI ACOLYTO A DOMINICV CLEMENTIS:
• Arrêtez-moi, car je me suis enfui, et ramenez-moi à Victor, acolyte de l'église de Saint-Qément. • Cette inscription était belle et gFavée en caractères très-réguliers : après le mot CLEMENTIS était dessiné le monogramme ^. L'inscription de l'autre face, beaucoup plus grossièrement tracée, contenait ces mots : FVGI EVPLOGIO EX PRF. VRB : • Je me suis enfui de chez Euplogîus, ancien préfet de Rome. • Au-desisous était dessiné le même monogramme entouré d'une couronne, et, près de lui, une palme. La forme de cette lame de bronze et les inscriptions qui s'y lisaient indiquent qu'elle avait garni un collier de fer placé au cou d'un esclave fugitif, ayant appartenu d'abord à Victor, acolyte de l'église de Saint-Clément, puis à Euplogius, ancien préfet de Rome. Quand même les inscriptions ne l'indiqueraient pas, il serait impossible de douter de l'origine chrétienne de cette lame. Elle est un des plus intéressants monuments de la grande révolution morale opérée par le christianisme, adoucissant d^abord la condition des esclaves, et préparant peu à peu, par les institutions, par- les mœurs, par le^ idées, la future abolition de l'esclavage. Quand un esclave s'était une fois enfui de chez son maître, le titre de fugitivus restait attaché à sa personne comme une tache indélébile : on était obligé de le déclarer en le vendant, et l'absence de cette déclaration pouvait amener la résolution de la vente. Quand l'esclave d'un maître païen s'était enfui, celui-ci gravait sur le front du malheureux quelques lettres l'indiquant, et souvent portant l'adresse du maître, afin qu'en cas de nouvelle fuite on sût à qui le ramener. C'était le supplice de