RÉSUMÉ DES DÉCOUVERTES FAITES DANS LES CATACOMBES DEPUIS
Nous n'entreprenons point de raconter ici toutes les découvertes faites depuis 1874 dan5 les catacombes romaines et dans les autres lieux fertiles en antiquités chrétiennes. Nous voulons seulement résumer brièvement celles qui ont un rapport étroit avec les sujets traités dans les deux éditions successives de Rome Souterraine. Si elles nous obligent à rectifier un très-petit nombre de détails, que les progrès d'une science toujours en marche ont démontrés inexacts, elles nous donnent en même temps la certitude que rien ne sera changé dans les lignes générales que nous avons tracées d'après les règles posées, d'une main si prudente et si sûre, par M. de Rossi. Chacune des découvertes qui se sont succédé d'année en année est venue les éprouver et les confirmer.
L Nouvelles études dans le cimetière DE Prétextât.
D'heureuses recherches faites en 1874 par un des plus zélés disciples de M. de Rossi, M. Mariano Armellini, ont permis de donner un nom à l'une des cryptes découvertes en 1870 dans la catacombe de Prétextât, et de déterminer en même temps l'emplacement du tombeau de deux des martyrs enterrés dans cette catacombe*. Le lecteur se rappelle qu'en 1 870 la commission d'archéologie sacrée entre-
I. Sur les fouilles faites en 18^7, i8$o, i8$7, 185^, 1870, dans le cimetière de Prétextât, roir paget 114-123.
Digiti
prit des fouilles dans le grandiose ambulacre, spelunca magna ^ qui forme le centre historique de ce cimetière, et dans lequel les anciens topographes placent les tombes célèbres de S. Urbain, SS. Felicissimus et Agapicus, S. Janvier et S. Quirinus. Deux cryptes étaient déjà reconnues, celles où avaient été déposés les corps de ces deux derniers martyrs. Deux autres furent retrouvées en 1870, Tune située à 35 mètres environ de celle de Quirinus, Tautre s'ouvrant à peu de distance du cubiculum de S. Janvier. M. de Rossi avait cru pouvoir identifier la première (mais sans autre indice que l'ordre suivant lequel les cryptes sont énumérées dans la Notitia ecclesiarum) avec la tombe des SS. Felicissimus et Agapitus* : il n'avait pu donner un nom à la crypte élégante et grandiose que nous avons décrite page 122, et que tout démontrait cependant avoir été l'un des lieux les plus fréquentés de la catacombe. La découverte de M. Armel* lini a corrigé l'appellation donnée hypothétiquement à l'une de ces cryptes en montrant que le vocable des martyrs Felicissimus et Agapitus appartient définitivement à l'autre, c'est-à-dire à celle dont Yarcosolium fait face à une vaste abside destinée à contenir la foule des pèlerins qui se pressaient dans ce sanctuaire au iv* siècle.
M. de Rossi n'a point eu, depuis 1870, l'heureuse fortune de retrouver la seconde partie du titulus original * dont les fragments, recueillis dans Yarcosolium même de cette cr/pte, lui avaient donné ces mots incomplets : VS MARTYS. Mais l'opportune découverte de son disciple est venue suppléer aux lacunes de cette inscription. Le temps n'est plus où les innombrables débris de pierres, de marbres ou de tuiles qui se rencontrent dans les galeries de Rome souterraine étaient rejetés avec mépris, et où les explorateurs des catacombes ne faisaient cas que des inscriptions intactes. L'exemple de M. de Rossi a fait comprendre que le plus petit fragment peut être l'occasion des découvertes les plus importantes, et que le devoir comme l'intérêt de l'archéologue est de ne rien laisser perdre. M. Armellini, qui venait de passer en revue près de quatre mille marbres gravés encore épars dans les catacombes romaines, trouva, au mois de janvier 1874, en examinant Tun après l'autre les fragments dispersés le long de l' ambulacre central du cimetière de Prétextât, un morceau de marbre, épais de 4 centimètres, qui lui parut avoir servi à clore une tombe. Au mois d'avril de la même année, il