I. Malala, éd. Bonii; p
Digiti
SUPPLEMENT. 6ai
démentis consulis ex sorore neptem^ devant Flavii démentis est sous-entendu uxorem^ et les mots ex sorore neptem indiquent la parenté de Domitille, non avec Clemens, mais avec Domitien. Il suffit, pour réfuter cette interprétation, de rappeler que dans le passage de VHistoire ecclésiastique d'Eusébe relatif aux mêmes faits, la Flavia Domitilla dont il est question est expressément dite nièce de Clemeus, il à^gX(^ '^tpvuîaiv <i>Xauicu kxtî^vtoç : ici la construction de la phrase ne permet point d'équivoque.
Il semble donc, conclurons-nous avec Tillemont *, qu'il n'y ait point de raison suffisante pour refuser de prendre comme s'appliquant à deux Domitilles distinctes le texte de Dion, d'une part, ceux d'Eusèbe, de saint Jérôme et des Actes de Nérée et Achillée, de l'autre. Ces Actes^ et le martyrologe romain, font de la Domicilie dont ils parlent une vierge et une martyre, et toute son histoire, telle que les premiers la racontent, roule précisément sur son refus d*épouser un jeune patricien de Rome nommé Aurélien. Si, comme on le prétend, la Domitille des Actes et celle de Dion étaient une seule personne, comment expliquerait-on que même l'imagination des légendaires ait osé travestir l'histoire jusqu'à faire de la veuve du consul Clemens, de la mère des deux fils adoptifs de l'empereur Domitien, une jeune martyre de la virginité ?
La plupart des arguments que j'ai employés ici pour défendre l'existence de deux Domitilles chrétiennes ont déjà été opposés par M. de Rossi à l'illustre Mommsen, qui, au tome VI du Corpus inscript ionum latinarum (p. 172, 173), avait proposé une nouvelle généalogie des Flaviens, d'où était exclue la nièce de Clemens^.
IIL Fouilles dans le cimetière de Calliste.
Le Bullettino de 1874, 1^75, 1876 contient le récit de fouilles entreprises, soit par la commission d'archéologie sacrée, soit par des particuliers ou des communautés religieuses, dans les catacombes d'Ostrianus, sainte Agnès, sainte Generosa, saint Cyriaque, saint Calliste. Cette dernière a été l'objet de travaux considérables, dont les résuluts seront consignés dans le III* volume de la Roma sotterranea^ annoncé par M. de Rossi, et doivent seulement être indiqués ici.
Des fouilles faites à Saint-Calliste, les unes ont eu pour objet
I. Tillemont, Mémoires d*histoire ecclésiastique) t. Il, p. 126, a. Bullett. di arch. crist,, 1875, p. 69-77,
Digiti
6a2 ROME SOUTERRAINE.
de continuer l'exploration des areae souterraines, les autres de mettre au jour le cimetière créé au-dessus d'elles après la paix de l'Eglise. A la fin de 1873, ^^^ travaux exécutés à la surface du sol, autour de la basilique désignée sous le nom de cella aux trois absides (p. 192; sur le plan, V, c « i), firent découvrir par hasard trois fragments originaux de l'éloge du pape Eusèbe, ce qui porte à douze le nombre des fragments retrouvés de cette célèbre inscription damasienne, et permet de corriger une erreur de la copie du vi« siècle : il ne faut pas lire, avant le nom de Philocalus, Damasis papœ cultor, etc., comme le dit inexactement cette copie, ni Damasi sui, comme avait cru pouvoir corriger M. de. Rossi, mais DAMASI PAPAE*. En 1875 eut lieu une découverte du plus haut intérêt : en fouillant le cimetière extérieur, on mit au jour le côté méridional du mur d'enceinte qui le séparait des propriétés voisines : or, ce mur suit exactement la ligne par laquelle est limitée, sous terre, la première area (III) de la catacombe : preuve frappante du soin avec lequel les fossores observaient, dans les excavations souterraines, les dimensions des areae sépulcrales qui avaient été légalement concédées à la surface du sol *.
Sous terre, les fouilles ont eu d'importants résuluts. La région de Sainte-Soteris' (VIII, IX, X) a été explorée. Dans Varea XII, qui fut adjointe au cimetière de Calliste après le iv« siècle, et où a été trouvée toute une riche série d'inscriptions datées se succédant en ordre chronologique, de 342 à 376, M. de Rossi a découvert, dans une vaste crypte décorée de marbres et de mosaïques, un fragment de l'éloge funèbre du diacre Redemptus, dont le texte avait été conservé par les manuscrits. \Jarea contiguë (XIII), où se trouve un arénaire qu'un vaste escalier, découvert en 1868, met en communication avec la surface du sol, a été, pendant l'année 1875, fouillée à plusieurs reprises. M. de Rossi espère y retrouver un souvenir des martyrs grecs, saint Hippolyte et ses compagnons, qui avaient l'habitude de se réunir, pendant la persécution de Valérien, dans un arénaire, et y furent inhumés après avoir versé leur sang pour le Christ*. l^t% éboulements ont sans cesse interrompu les travaux et
1. Voir pages 251-253, et planches XII, XIII. Cf. Buli, di arch. crist., 187J, p. ij8 et tav. XIII.
2. Pages 67, 180, 483 et suiv. — Bull, di arch, crist., 1875, ?• ^17-