‹ Rome souterraineChapitre 66 sur 326 · Bullett, ai arch, crist,, 1872, p · texte numérisé non relu

Bullett, ai arch, crist,, 1872, p

2. Ces peintures ont été dessinées très-imparfaitement dans le recueil de Perret^ 1. 1, pi. lxxx-lxxxii. M. de Rossi doit en publier, en couleur, le fac-similé exact.

3. Eôjxipittt est écrit ici pour lùfAoïpiÎT» : le graveur prononçait la

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Les lettres sont fort belles, et paraissent appartenir à la fin du 11^ siècle ou au commencement du iii^. La mention du nom du père est rare dans les épitaphes chrétiennes, surtout quand elles consistent en une simple formule acclamatoire. Hérode, le père d'Urania, fut sans doute un personnage distingué. Quand on se rappelle que cette crypte est toute voisine de la villa d'Hérode Atticus, on est tenté de se demander si Ton n'a pas sous les yeux l'inscription funéraire d'une fille chrétienne du célèbre précepteur de Marc-Aurèle *>

Dès 1853, M. de Rossi, dans un mémoire lu à l'Académie pontificale d'archéologie, affirma, en comparant la position de la nouvelle catacombe avec celle des autres cimetières de la voie Appienne et avec les données topographiques des anciens Itinéraires, que les deux étages souterrains qui venaient d'être découverts devaient faire partie du cimetière de Prétextât. De nouvelles découvertes confirmèrent bientôt la vérité de ses affirmations. En 1857, les maçons qui travaillaient à réparer les ruines du cimetière de Calliste vinrent chercher des matériaux de l'autre côté de la voie Appienne, dans les souterrains contigus à la vigne deipup(V{:{i^ voisins de l'église Saint-Urbain alla Caffarella Leur travail les conduisant assez avant dans ces souterrains, ils pénétrèrent, à travers les décombres, dans une large et belle crypte, située au même niveau que celle qui vient d'être décrite. Prévenu aussitôt, M. de Rossi accourut, se glissa, en rampant, par l'ouverture à peine déblayée, et entra dans la crypte. A sa grande surprise il n'y vit pas d'arcosolium. Cependant on était certainement en présence d'un sanctuaire historique. En examinant de plus près, on

diphthon^e et comme nous prononçons son correspondant latin œ. Il a écrit par erreur *E^ni pour *fip«ft^ou.

I. Hërode Atticus n'eut pas d'enfants de sa première femme Annia Regilla. Mais, après 175, il épousa en secondes noces Vibullia Alcia, qui lui donna des fils. Voir un article de M. Fr. Lenormant, Revue drcfuologiqufj 1864, p. 376, 377.

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li8 ROME SOUTERRAINE.

reconnut que la crypte n'est pas creusée dans le tuf, mais, quoique souterraine, bâtie en solide maçonnerie. Sur trois côtés s'ouvrent des niches destinées à recevoir des sarcophages. Les murailles portent encore les traces d'un revêtement en marbre grec. La façade qui regarde l'intérieur du cimetière est construite en belles briques jaunes, et décorée de pilastres en briques rouges et de corniches en terre cuite, comme les tombeaux païens de la voie Appienne ou de la voie Latine. Ce mode de construction et de déccHUtion est le signe incontestable d'une haute antiquité. La comparaison avec des édifices païens d'une architecture analogue, par exemple avec les ruines nouvellement découvertes du logement des Vigiles de la septième cohorte, dans le Transtévère, nous permet de fixer la date de cet édifice sépulcral à la dernière moitié du ii« siècle. La voûte de la "chapelle est peinte à fresque, et ses peintures rappellent les meilleures productions de l'art à cette époque. Quatre guirlandes, Tune de roses, l'autre d'épis, la troisième de raisins et de feuilles de vigne, la dernière de feuilles de laurier, s'enroulent autour de la voûte; dans les trois premières des oiseaux voltigent, et l'on voit des nids d'où sortent de jeunes têtes emplumées. Peut-être ces guirlandes symbolisent-elles ici les diverses saisons de l'année; la dernière, l'hiver, celle où il n'y a plus de fleurs, plus de nids, celle où les oiseaux ne chantent plus, est représentée par le laurier, emblème de la victoire qui couronne la période suprême de la vie du chrétien, cette période à la fois dépouillée et pleine d'espérance. Au-dessous de ces guirlandes se déroule une longue fresque, moins bien conservée, qui représente des moissonneurs, la faucille à la main, coupant les blés épais. Enfin, plus bas que tout cela, dans l'arc de la voûte, on reconnaît une scène champêtre dont le centre est occupé par la figure du Bon Pasteur portant une brebis sur ses épaules. Cette peinture est presque détruite; des chrétiens, dans leur désir ardent de reposer le plus près possible du martyr, firent percer la muraille, au milieu même de la fresque, pour y pratiquer des loculi.

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Quand M. de Rossi examina de près ces loculi, il reconnut que, sur le bord de la niche qui coupe en deux l'image du Bon Pasteur, la chaux qui cimentait la fermeture conservait en grande partie les lettres qu'on y avait tracées en scellant le tombeau. Les lettres encore visibles formaient cette légende inattendue :... mi rifrigeri Januarius. Q4gatopus,

Fig. II. — Voûte d*un cuhirulum dans le cimetière de Prétextât, xi* siècle.

Felicissim... Martyres,,, f Que Janvier, Agatopus, Felicissimus, martyrs, rafraîchissent l'âme de.. J. • Ces mots, cette

I. Le verbe refrigerare était employé dans les invocations pour les fidèles trépassés. Dans ce cimetière même de Prétextât, M. de Rossi a vu, en 1851, un tombeau où Ton avait écrit sur le mortier encore humide : Deus Chris tus omnipotens réfrigéra spiritum tuum. Sur une pierre du cimetière de Saint-Hippolyte, fiosio avait lu ces mots : Refrigeri tihi Domnus Ipolitus, L'inscription de la crypte de saint Janvier peut être considérée comme ayant une double valeur dogmatique :

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prière d'un parent en deuil pour une âme regrettée et chérie, avaient été gravés dans la chaux fraîche il y a quinze siècles; aujourd'hui ils viennent révéler à un antiquaire du xix" siècle un secret longtemps cherché : l'emplacement de la tombe des martyrs auxquels ils sont adressés. De nombreux exemples d'invocations analogues, découvertes dans d'autres cimetières, tout près des reliques des martyrs célèbres, firent penser à M. de Rossi que les tombeaux des trois saints qui avaient autrefois rendu illustre le cimetière de Prétextât ne devaient pas être éloignés. Deux ans plus tard cette belle conjecture reçut une première confirmation. La commission d'archéologie sacrée ayant fait de ce cimetière l'objet de ses études, on découvrit, en déblayant le sol de la crypte, trois ou quatre fragments de marbre sur lesquels se lisaient quelques lettres d'écriture damasienne, d'une grandeur inaccoutumée. D'autres fragments* furent

elle indique chez celui qui l'a tracée la croyance au purgatoire et la foi dans Tintercession des saints. Sa valeur est d'autant plus grande, à ce point de vue, que, en la comparant à des inscriptions chrétiennes connues et datées, on peut affirmer, d'après des indices certains, qu'elle est, ainsi que celle trouvée par Bosio dans le cimetière de Saint-Hippolyte, antérieure à la paix de l'Eglise. En enterrant leurs morts dans le voisinage des tombeaux des martyrs, les premiers chrétiens faisaient encore un acte de foi dans la vertu des reliques. Saint Ambroise l'explique dans les vers suivants, consacrés à son frère Satyre enterré à la gauche du martyr Victor :

Uranio Satyro supremum frater honorcm

Martyris ad Ixvam detulit Arabrosius; Hec meriti merces, ut sacri sanguinis humor

Finitimas penetrans abluat exuvias.

I. La gravure ci -jointe est empruntée au BulUttlno di arch. crist.y 1863, p. 17. Toutes les lettres figurées en blanc y étaient restituées par conjecture seulement, et les fragments alors retrouvés se voient figurés par les lettres noires. Depuis, la totalité dé l'inscription a été retrouvée, et la découverte des nouveaux fragments justifie de tout point la restitution proposée dès 1863 par M. de Rossi. Pour se rendre compte de Tétat présent de l'inscription, il suffira de lire comme si tout était écrit en lettres noires.

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découverts plus tard, appartenant certainement à la même inscription, et Ton put enfin la recomposer ainsi :

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La découverte de l'inscription damasienne ne laisse plus de place au doute : la crypte qui vient d'être décrite est bien celle de saint Janvier. Après avoir reconnu celle-ci, il restait à rechercher les autres cryptes célèbres mentionnées dans son voisinage par les Itinéraires. Trois d'entre elles sont aujourd'hui retrouvées, et le nom de deux au moins peut être désigné avec certitude.

Les fouilles faites en 1866 par la commission d'archéologie sacrée mirent au jour, de l'autre côté du vaste ambulacre^ sur lequel s ouvre la chapelle de Saint- Janvier, un sanctuaire qui, par sa construction et son style, paraissait encore plus ancien que cette dernière, et devait remonter aux premières années du ii* siècle. Saint Janvier ayant été martyrisé en 162, M. de Rossi ne craignît pas de désigner la seconde crypte comme étant la place certaine du tombeau de saint Quirinus, martyrisé en 130. Un sarcophage trouvé dans cette crypte paraît même celui où furent conservés les restes du tribun martyr, car, sur sa face principale, on distingue le buste d'un personnage revêtu du laticlave : or le laticlave était le signe distinctif des tribuns d'ordre sénatorial.

T. Speîunca magna^ dit la Notitia eccUsiarum urhis Roma. — Roma sonerrantay t. I, p. 180, col. ni. Cet ambulacre a a mètres de largeur.

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Une souscription, provoquée en Angleterre, en 1870, parmi les amis des antiquités chrétiennes, a fourni à la commission d'archéologie sacrée les moyens de continuer les fouilles que le manque de ressources avait fait interrompre. Les excavations poursuivies avec Taide des souscripteurs anglais amenèrent la découverte de deux autres cryptes. L'une, située sur le même ambulacre que celles de saint Janvier et de saint Quirinus, à trente-cinq mètres environ de cette dernière, paraît avoir renfermé le tombeau des saints Felicissimus et Agapitus, que nous avons vus rapprochés de saint Janvier dans une même invocation. La Notitia ecclesiarum cite en effet dans Tordre suivant les cryptes historiques du cimetière de Prétextât: 1° Urbanus; 2° Felicissimus et Agapitus; 3** Quirinus; 4° Januarius. La seconde crypte, découverte en 1870, ne peut être celle de saint Urbain, car elle est située à la suite de la crypte de saint Janvier, à l'extrémité de Tambulacre opposée à celle où, d'après l'Itinéraire, se trouvait le sanctuaire de saint Urbain. Elle a dû, cependant; être, au iv« siècle, une des chapelles les plus visitées de la catacombe ; elle renferme un grand arcosolium^ autrefois revêtu de plaques de marbre, dont on a retrouvé de nombreux fragments, et dont le mortier porte encore l'empreinte. En face de cette tombe s'ouvre une abside semi-circulaire, très-vaste et d'une forme encore sans exemple dans les catacombes. Deux colonnes de porphyre s'élevaient de chaque côté de Varcosolium^ qui était fermé par une grille de marbre travaillée à jour; deux colonnes d'albâtre décoraient l'entrée de l'abside qui lui faisait vis-à-vis. A quel martyr était dédié ce splendide sanctuaire? Il est impossible de le dire. Malgré toutes ses recherches, M. de Rossi n'a pu trouver, parmi les ruines amoncelées en ce point de la catacombe, que quatre fragments d'une inscription damasienne, et ces fragments rapprochés n'ont donné que ces lettres :... VS MARTYS*.

I. Lettre de M. de Rossi à M. Northcote, 23 avril 1870; BulUnino il arch, crist.^ 1870, p. 42-48; 1872^ p. 74-78, et tav. rv.

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Résumons Tétat actuel des découvertes faites dans le cimetière de Prétextât. Des trois basiliques mentionnées dans les Itinéraires^ deux sont aujourd'hui retrouvées : celle des saints Valérien, Tiburce et Maxime, et celle de saint Zenon. Des quatre cryptes mentionnées dans les mêmes documents, trois sont connues avec certitude : celles des saints Felicissimus et Agapitus, de saint Quirinus et de saint Janvier. Enfin deux monuments d'une grande importance ont été découverts, sans que Ton sache encore à qui ils étaient dédiés : ce sont le sanctuaire que nous venons de décrire, dans le même ambulacre ou spelunca magna que les précédents, et la chambre ornée de peintures du II* siècle, trouvée en 1850*, dans une autre partie de la catacombe.

Une partie de ces découvertes n'eût pu être faite sans l'appoint des fonds que la souscription de 1870 a mis aux mains de la commission d'archéologie sacrée. Aujourd'hui cette commission est plus que jamais privée de ressources. Pourquoi l'exemple de l'Angleterre ne serait-il pas suivi ailleurs? Pourquoi quelqu'un ne prendrait-il pas en France une initiative pareille? Pourquoi, dans tous les pays civilisés, les amis de la science ne rechercheraient-ils pas le moyen de donner une vie plus active aux découvertes romaines, forcément languissantes? Au point où est parvenue la science de l'archéologie chrétienne, on connaît l'emplacement des principales catacombes, on sait quel coin du sol romain il faudrait frapper de la pioche pour en faire jaillir des trésors de connaissances nouvelles : d'immenses découvertes sont pressenties, la science est fondée, les savants sont prêts, seul l'argent manque. Ne rougissons pas de demander l'aumône au nom de la religion, de l'archéologie et de l'art.

L'opinion commune fait remonter au ii« siècle le cimetière de Saint- Alexandre sur la voie Nomentane. Le Liber pontijicalis rapporte que saint Alexandre, évêque de Rome,

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