ARDÉE
royal , et n*a plus , dans la bouche du pâtre, que oelui d\in hameau yulgaîre , Pratica. Le Riotorto passé , ils sWfoncèrent dans un bois fourré qui leur ferma soudain Thorizon , et leur déroba plaine et ciel. Les ténèbres étaient là profondes et pleines d'embûches 5 les bulÏÏes, h6tes farouches des bois romains, se dressaient à chaque pas devant eux comme des ombres , et fuyaient en mugissant à travers les halliers. Frappés de terreur par ces apparitions brusques et retentissantes, les chevaux se cabraient ou bronchaient contre les racines et les porcs-épics dont les noirs sentiers étaient partout hérissés. Les voyageurs , silencieux et tout imprégnés de la rosée nocturne, mirent leur monture au pas, attentifs à ne pas se heurter eux-mêmes contre les branches en saillie.
Certes il fallait un intérêt bien mystérieux et bien puissant pour les avoir jetés à pareille heure dans ces déserts semés de tant de pièges. Préoccupés de leur propre sûreté et sans doute de plus hautes pensées , séparés souvent par la nuit et le lieu , ils cheminèrent assez long-temps en silence , et ne se rapprochèrent que lorsque , le bois et le ciel s'éclaircissant , laurore rendit par degré visibles les périls que la double obscurité de la forêt et du crépuscule leur avait dérobés.
Alors , comiiie pour faire diversion à leurs propres préoccupations et à leurs dangers , Anselme et Marins s'entretinrent des fables de cette mythologie si riante et si fraîche sur son doux théâtre et sous les cieux qui Tinspirèrent , si maussade et si pédantesque sur les bancs de Técole et sous des cieux sans poésie , sans