SCENE' VII r
Juliette, seule, ,
récitatif.
Js vais donc usurper les droits de la nature;
Oui , je vais pour jamais terminer mon destin :
Je I^’attends de Cébas, et Cébas me îe jure ;
Sa main à Juliette offre un poison certain.
Pardonnez, Roméo, dans ce moment terrible ,
Si la crainte saisit ton amante sensible !
îléfas ! c’est pour toi seul, oui, c’est pour ton amour
Qu’elle met quelque prix à conserver le jour.
Que je plains les objets à qui je suis chère !
Cécile, tendre amie , et vous sur-tout, mon père..,, Je frémis ! prolongez à jamais mon sommeil.
Grands Dieux ] si Roméo n’est pas à mo-n réveil , Où fuir? ah ! quel est donc cette ombre menaçante? C’est Théobald ; ô ciel! trop maheureuse amante!
Il te ménace , il crie .... « Abjure ton amour;
»} C’est Roméo , c’est lui qui m’a ravi le jour. »
Un pouvoir inconnu m’entraîne;
I Je m’affranchis, je romps ma chaîne :
Le moment approche , et mon cœur ' •
Ne sent ni trouble , ni terreur.
Ce poison qui finit ma vie
Serre encore ie nœud qui nous lie :
Sans Roméo, vivre toujours:
' Ah ! c’est mourir tous les Jours,
JULIETTE, CÉDAS. Juliette.
Venez , mon père , donnez. ( Prenant le poison ) Roméo , ce n’est point un sacrifice. Q Après apoir bu ') Suis-je digne de vous et de Roméo ? ' ,
Effort sublime' d’amour et de courage ! ô Juliette ! respectable Juliette...... croyez en le pressentiment qui
m’anime , qui m’enfîâme ; un bonheur pur, certain, éternel, sera votre récompense.
Juliette.
Mon ami ! mais quei bruit se fait entendre ?...
C ÉB A S ; II s* avance vers le fond et revient
promp terne ni.
Calmez vous je vais Ciel !.... c’est Don Fer-
nand lui-même , cet époux qu’on vous destine,.... Capulet, votre barbare père, le cbnduit ici, '
Je ne les crains plus.