‹ Roméo et JulietteChapitre 22 sur 34 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

^ CÉBAS, JULIETTE.

CÉBAS , relevant Juliette avec précipitation.

Juliette ! ô ciel !

Juliette , d^une voix Ttiouvcmtc,

Àh ! qui m'appeiîe ?

Respectez ma douleur mortelle.

Est-ce uTi nouveau persécuteur?^

Arrêtez ! en vain Lon m^entraîne ;

' ( ^Rien ne pourra rompre ma chaîne.

“ Cebas.

Cébas partage votre peine;

Reconnaissez ses soins , son cœur-

J U L lETTE. .

il est donc quelqu’un sur la terre Qui partage encor ma misère !

' CÉBAS.

Oui , je prends part à vos malheurs ; ' .

Il faut ensor aimer la vie : i

Suspendez un moment vos pleurs;

Peut-être leur source est tarie.

Juliette.

Aye* malheurs,

£ébas; je déteste la vie.

Voyez la source de mes pleurs ;

Peut-elle être jamais tarie

Juliette.

Mon père , le jour m’est odieux ; pourquoi le supporterais-je encore ? *

2S ROMEO - ET JULTETTE,

Juliette!...,

Juliette, avec un peu de délire.

Ouï, pourquoi?

Ma fille î

î^’^LîETTE.

orageJse”^'un”pas'j»'*''r‘' dans cette lutti

.er^.e i ù rési^ÏL'’ Il est «.

^«^nue ; deux Cm encore” eTïV

tous les iiens.... ncorc , et Juliette aura rompt

compHrr'^pdnt! résolution ne s’ac-

Juliette, avec dignité,

Eîfe est in ébr^îi î-aBF A • c - ' •

-e mon ame ; ie' cieff J

Uenvover et voirs cnl! •

vous .^i^’taisez. .;! '

Je ne vous combats pfus • '

h mort est en efiéî ît L.jJ ' ous aumire : et si

laissée, [a main d^un î qui vous soit

point de vous la présenteC"* foiÈ.ssse ne frémira

Juliette, un peu émue. . -

Ciel !..... quoi !...,. o'ejt vous quoi!.... cébas !...•

Voussiver, Juliette, que je ne vous trompai jamais.

Julie t t e , avec^feu.

2^on, jamais....

Recevez Jonc ma parole ; mais promettez-moî de n’ea point prévenir le fatal effet, et de respecter, en Tatdantjdei jours que vous m^abandonnez,

J ÜLIETTE.

Je vous le promets.

Vous rJignorez pas , Juliette^, que la Grèce est ma patrie. L’étude de la nature a toujours été mon occupation la plus chère. Parmi plusieurs découvertes où mes recherches m’ont condiuc , j’ai su composer, à i’aide de. quelques sucs recueillis dans les contrées orientales, une liqueur dont la vertu constante est de répandre le froid de la mort dans tous les sens avec l’activité ia plus effrayante. Ce breuvage peut vous ravir à votre père à l’instant même où sa tyrannie va vous sacrifier au délire de la vengeance.

Juliette.

Mon père î..,, et Roméo î . '

CÉBAS.

Averti par moi du parti courageux où la nécessité vous aura réduite, Roméo ne vous survivra pas; la terre ne peut vous voir unis; vqus vous appartiendrez dans fa paix d’un autre séjour , où ces nœuds avoient été tissus d’avance Votre ame est-eile toujours disposée ?.. .

Juliette. •

Pourquoi craindrai-je , ô mon bienfaiteur! ô mon ami l Si je dois revoir mon cher Bornéo, je chérirai cette mort passagère ; si Je dois perdre, celui pour lequel je vivais, une mort éternelle est encore un bien 5 et j’y suis préparée.

CÉBAS.

Je compîois sur votre fermeté , Juliette ; un moment suffit pour apprêter ce redoutable breuvage : je ne vous quitte qu’un instant.

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