ROMEO, A L B E R I C
Al b e r i c.
U vas-tu? Suis mes pas, crains d’entrer en ces
lieux.
Je veux voir Juliette , & mourir à fes yeux.
As-tu donc oublié que ta main meurtrière,
Vient préfque en ce moment de la priver d’un frere f Que ton épée encore eft teinte de ion fang?
Romeo.
Par pitié, cher ami, plonge-la dans mon flanc.
Quitte au plutôt ces murs; ta douleur indifcrette.
Du crime de ta main inilruiroit Juliette.
Qu elle ignore du moins dans cet événement.
Que Ton frere a pc ri des coups de fon amant:
Mais q el b n.ieur, ami, que a bonté célefte.
M’ait feui rendu témoin d’un combat fi funefle?
A ce trouble in >ui , ne t’aOan donne pas.
Romeo.
Penfes-tu que fa fœur furvive à fon trépas.
F ns de tes ennemis l’implacable colere.
Romeo.
Tu fais que fans fa mort, j’allois perdre mon pere.
Que
TRAGEDIE
Que c’efl: à ce prix féal que j’ai pu le fauver. Malheureux !
Il n’efl plus ; longe à te conferver.
Capu’et ou fa fille à l’inflant va paroitre,
Da trouble de tes fens , fonge à te rendre maître. Romeo.
Ah! je la vois, fortons.
( Albéric fort. )