SCENE III
FERDINAND , MONTAIGU , CAPULET, ROMEO, JULIETTE, Gardes & fuite de Ferdinand , P art if ans de la Maifon des Montaigus , P art fans de la Maifcn des Capulets , Guerriers & Peuple.
Ferdinand.
JP Euple , voici l’infbnt que je vous ai promis.
• ( à Montaigu & à Capulet. )
Ici , far ce tombeau , jurez en ma préfence D’éteindre pour jamais la haine & la vengeance. Commencez, Capulet.
Capulet.
Cendres de nos ayeux, Recevez le ferment que je fais en ces lieux ,
Je jufe aux Montaigus une amitié fmeere ,
De porter à leur chef le tendre amour d’un frere , D’étouffer no3 débats, de n’y jamais fonger,
De défendre fes jours dans le moindre danger. Approche. Embraltons nous Ciel ! un poignard î barbare!'
Montaigu.
Courage, mes amis,
Soldats , qu’on les fépare , Capulet.
Mais que vois-je ? Ah , ma fille ! ô crime ! ô juffes deux? Quel fpe&acle cruel vient s’offrir à mes yeux.
Montaigu.
Le Ciel efc jufte enfin.
Ca-
TRAGEDIE
Bourreau de ma famille ,
Peux-tu bien....
Laifle-moi voir expirer ta fille 9
Mes enfans font vengés ,
Si ce font tes plaifirs.
Tigre , entends mes fanglots, infuite à mes foupirs.
J’en jouis. Te voilà comme mon cœur defire ,
Sens bien que tu la perds, & que mon fils refpire.
(Il lui montre le corps de Roméo*)
Regarde, malheureux !
Montaigu.
Que vois-je? Quelle horreur Mon fils, ô mon cher fils! 6 vengeance! ô fureur/ Et voilà tout le fruit de ma rage inhumaine.
Ciel! es-tu fatisfait, ai-je épuife u haine?
Frappe, unis dons le pere à fes malheureux fils.
(Il tombe fur le corps de fon ///-)
Ferdinand.
Vous voyez quels effets votre haine a produits. Vos injuftes fureurs, fource de tant de crimes, On conduit à la mort d’innocentes viftimes; Peupdes , qu’un monument conferve à l’avenir De vos juftes regrets l’éternel fouvenir.