FRÈRE LAURENT, JULIETTE
JULIETTE, avec désespoir.
Tout est perdu, mon père ! tout m'accablel J'ai, pour vous obéir, Caché mon désespoir et mon amour coupable 1
C'est à vous de me secourir, A vous de m'arracher à mon sort misérable!
Ps^rlez, mon pèrel... ou bien je suis prête à mourir I
EUe loi montre un poignard.
FRÈRE LAURENT
Ainsi la mort ne trouble point votre âme?
Non, non, plutôt la mort que ce mensonge infâme 1
FRÈRE LAURENT, lui présentant on flacon.
Buvez donc ce breuvage, et des membres au cœur Ya soudain se répandre une froide langueur.
De la mort mensongère image; Dans vos veines bientôt le sang s'arrêtera:
Bientôt une pâleur livide effacera
Les roses de votre visage.
Vos yeux seront fermés ainsi que dans la mort; En vain éclateront alors les cris d'alarmes ! « Elle n'est plus ! » diront vos compagnes en larmes j Et les anges du ciel répondront : « Elle dcj'tl »
On vous déposera, de roses couronnée,
Dans le caveau silencieux
Où sont endormis vos aïeux !
De ténèbres environnée, Dans la nuit du tombeau vous dormirez comme eux.
C'est là qu'après un jour votre corps et votre âme, Gomme d'un foyer mort se ranime la flamme,
Sortiront de ce lourd sommeil .
Par l'ombre protégés, votre époux et moi-même
Nous épîrons votre réveil.
Et vous fuirez aux bras de celui qui vous aime! Hésitez- vous ?
JULIETTE, prenant le flacon.
Non I non ! à votre main J'abandonne ma vie!
FRÈRE LAURENT
A demain !
A demain!
frère Laurent lorL