ACTE TROISIÊMB
TYïiALT,
Jeune homme, ce subterfuge ne me donnera pas satisfaction des outrages que tu m'as faits : ainsi reviens sur tes pas, et mets-toi en défense.
ROHBO.
Je proteste que je ne t'ai jamais offensé, et que je t'aime, plus que tu ne peux dire, en attendant que tu puisses connaître le motif qui me fait* te cliérir. Ainsi, brave Capulet, dont le nom m'est aussi cher que le mien, calme-toi.
BfBRGUTIO.
0 déshonorante, ôvile et froide soumission! Tybalt, veux-tu venir faire un tour avec moi?
TTBALT.
Que veux-tu de moi?
MERGimO.
Rien de plus qu'une de tes vies, si tu en as neuf, pour en parler, et après, selon que tu te conduiras, je verrai à épuiser les huit autres.
TTRALT, tirant l'épée.
Je suis bon pour te répondre.
ROMÂO.
Honnête Mercutio, remets ton épée.
UBRCUnO.
Allons, voyons, ta botte, (iis se battent.)
"ROiSÈO,
Prends ton épée, Benvolio. Désarmons-les. — Braves gens, c'est une honte : prévenez ce malheur. — Tybalt, Mercutio! Le prince a expressément défendu toute querelle dans les rues de Vérone. Tybalt, arrête : cher
Mercutio!... (Tybalt blesse Uereatio, et s'en Ta.)
MEROUTIO.
Je suis blessé! Malédiction sur ces deux maisons! me voilà expédié. — Est-ce qu'il est parti? N'a-t-il aubaine botte?
BBNVOUO.
Quoi, tu es blessé ?
MERCUTIO
Oui, oui, une égratignure, une égratignure! ah! J'en aï bien assez. Où est mon page? Qu'on aille me chercher un chirurgien.
34 &OHBO ET JULIBTTB
Prends courage, ami, ta blessure ne peut être iàem dangereuse.
UEROUTIO.
Non, elle n'est pas aussi profonde qu'un puits, ni< aussi large que le portail d'une église; mais elle eel passable, elle fera son effet : viens demain matin de* mander de mes nouvelles, et tu me trouveras un homme fort sérieux. Je suis poivré, j'en réponds, et je puis dire adieu à ce monde. Malédiction sur vos deux maisons I — Pourquoi diable ètes-vous venu vous jeter entre nous deux? J'ai rcQU le coup par-dessous tonbra%
ROMBO.
Je faisais pour le mieux.
jOBOuxia»
Aide-mei, Ben?irolio, & me conduire dans quelque maison voisine, ou je vais m^évanouir. Malédiction sur vos deux maisons I Elles m'ont dépêché pour Tau-^ tre monde. Ohl j'ai la botte et bien à fond : malédiction sur vos deux maisons I (Mer«atio et Baafolio fortent.)
BOMBO*
C'est pour moi que ce brave honune, le proche parent du prince, mon intime ami, a gagné cette blessure mortelle : ma réputation est entaichée par ra£&ont que me &dt Tybalt; Tybalt, qui, il y a une heure, est devenu mon parent. 0 chère Juliette, ta beauté a lait . de moi un homme efféminé; elle a amolli la trempe vigoureuse de mon courage.