‹ Roméo et Juliette: tragédie en cinq actesChapitre 27 sur 42 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

puis elle pleure : tantôt elle tombe sur son lit^ tantôt elle se relève en sursaut, et elle appelle Tybalt, et puis elle appelle Roméo jfet eUe retombe aussitôt sur sonlit.

ROlfio^ rcdefient farieu.

J'entends ; le nom de Roméo est pour elle un coup de foudre qui la tue, conmie la main maudite de Roméo a tué son cousin. — Dis-moi, religieux, dis-moi à quelle vîle partie de ce corps est attaché mon nom* Dis-le moi, que je le détruise avec son odieux asile, (il tin

ion épée).

FRERE LAURENCE, U uitÎMUiU

Arrête ta main désespérée. Es-tu un homme? Ta figure l'annonce ; mais tes pleurs sont d'une femme, et tes gestes féroces décèlent toute la fureur d'une béte privée de raison. Tu as tué Tjbalt, eh bien I veux-tu te tuer toi-même, et du même coup ton épouse qui vit de ta vie, en commettant sur ta personne l'horrible attentât de la haine ? Tu veux offenser à la fois la nature, et le ciel et la terre. Honte ! honte I tu déshonores ta forme humaine, ton amour et ta raison. Riche possesseur de ces trois trésors, qui appartiennent à ton existence ; comme l'avare, tu ne fais d'aucun le véritable usage qui leur convient. Ta personne, en perdant le courage qui caractérise l'homme, n'ofi&e plus qu'un simulacre de cire. — Allons, homme, reprends courage : ta Juliette est vivante, ta Juliette, pour l'amour de qui tu étais mort il n'y a qu'un moment; n'es-tu pas heureux en ce point? Prends-y garde, prends-y garde, tes pareils meurent misérables.

LA. NOURRICE

0 mon vénérable père 1 je resterais ici toute la nuit à entendre vos sages conseils. Oh I ce que c'est que la science ! (a Roméo.) Mon cher maître, je vais annoncer à ma maîtresse que vous allez venir.

ROMÂO.

Allez, et dites à ma douce amie de se préparer à me faire bien des reproches.

LA NOURRICE

Voici, seigneur, un anneau qu'elle m'a chargé de TOUS donner. Hâtez-vous, faites la' plus grande diligence ; car la nuit est déj& bien avancée.

42 ROMÉO BT XUIâlSTTB

ROMÂO.

Oh t comme ce doa de Juliette ranime mon courage.

FRÈRE LAUBBKGB,

Partez; nuit heureuse. Fixez votre séjour à Mantoue. Donnez-moi votre main, il est tard : adieu; nuit heureuse.

ROMéo.

Si une joie au-dessus de toutes les joies ne m'appelait pas loin de vous, ce serait un grand chagrin pour moi de m'en séparer si brusquement, (ils sortent.)

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