SCÈNE VIII
La «liambre de Juliette iur le jardin.
ROMEO et JULIETTE euemble à la. fenêtre, d'où Ton toU
pendre one échelle de eorde.
JULIBTTB.
Veux-tu donc déjà me quitter? Le jour est encore loin de paraître : c'était le rossignol^ et non l'alouette, dont la voix a frappé ton oreille inquiète. Toute la nuit il chante là-bas sur ce grenadier : crois-moi, mon amant, c'était le rossignol.
ROMBO.
C'était l'alouette qui annonce l'aurore, et non pas le rossignol : vois, ma bien-aimèe, ces traits de lumière» jaloux de notre bonheur, qui percent ces nuages vers l'orient : tous les flambeaux de la nuit sont éteints; et le riant matin sur la cime des monts nébuleux, un pied levé, se balance prêt à s'élancer* Il me ;faut ou parthr et vivre, ou rester et mourir.
JUUBTTK.
Non, cette clarté n'est point le jour, j'en suis sûre ; c'est quelque météore qu'exhale le soleil pour te servir de flambeau cette nuit, et t'éclairer dans ta route vers Mantoue. Demeure encore un moment, tu ne partiras point si t6t.
ROMEO
£h bien, qu'on me surprenne ici, qu'on me conduise à la mort, je suis content, si tu le veux ainsi. Je dirai'