‹ Roméo et Juliette: tragédie en cinq actesChapitre 30 sur 42 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Mâmbs, La. Nourrice.

LA NOURRICE, pwaivaal^

Madame.

Qu'y a-t-il, nourrice?

LA NOURRICE

Votre mère se prépare à venir à votre chambre : le jour paraît; tenez-vous sur vos g^es; veillez bien autour de vous, (bua sort.)

Eh bien, fatale fenêtre, laisse donc entrer le jour, et sortir mon amant et ma vie.

ROBfÉO, prêt à redescendre par réeheUe.

Adieu, adieu : encore un baiser, et je vais descendre.

(Roméo descend.)

Te voilà donc parti, mon cher amant, mon maître ! Ah î mon époux, mon ami I il me faut de tes nouvelles chaque minute des heures : chaque minute va durer un jour : oh 1 qu'à ce compte j'aurai vu couler d'années, avant de revoir mon cher Roméo.

44 ROMBO ET JULIETTE

ROMÉO

Adieu : je ne laisserai échapper aucune occasion de te faire passer, 6 ma bien-aimée I mon salut et mes Toeux.

Ahl crois-tu que nous nous revojrions jamais?

ROMÉO

Je n'en doute point, et un temps viendra, où tous les maux que nous souffrons aujourd'hui feront le sujet de nos doux entretiens.

0 Dieu ! j'ai une àme qui pressent le malheur : il me semble que je te vois, maintenant que tu es descendu, comme un mort couché au fond d'un tombeau; ou ma vue se trouble, ou tu me parais pâle.

ROMÉO

Et toi aussi, mon amante, tu parais de même à mes yeux. — Le chagrin dessèche et boit notre sang : adieu, adieu.

(Juliette tend les bras & Roméo, qui icbère de se préeipiter tu bas de U muraille. Juliette se courre le visage, et rentre. Au bout d'an mometo, Roméo s'éloigne à pas lents, les yeux toujours fixés sur U fenêtre*)

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