‹ Roméo et Juliette: tragédie en cinq actesChapitre 41 sur 42 · LB PAGE · texte numérisé non relu

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0 ciell ils se battent: je cours avertir les gardes de la ville.

PARIS

Oh ! je sois mort I S'il te reste quelque pitié, ouvre la tombe, et me couche à côté de Juliette.

ROMÂO.

lyhonneur, je le ferai, (n retonni« le eorps ayee le pied.)

Laisse-moi parcourir tes traits, (a Parii.) Donne-moi ta main, toi, dont le nom était écrit avec le mien dans le livre du malheur: je veux t* ensevelir dans un tombeau glorieux. Que dis-je, un tombeau! non, c'est un paradis, jeune infortuné, car Juliette y repose. 0 amante adorée, 6 mon épouse I l'affreuse mort qui a sucé l'ambroisie de ton haleine, n'a point eu le pouvoir de détruire tes charmes : tu n'es pas encore conquise; le coloris de la rose est sur tes joues, et un vif incarnat anime encore tes lèvres. Dis, Juliette, pourquoi es-tu si belle encore? — Ici, je veux établir mon étemel repos, et secouer enfin le joug des étoiles ennemies, en me séparant de ce corps lassé du monde et de la vie. — (Aa poison.) Viens, ô toil guide sinistre et factieux pilote du désespoir, briser sur les écueils ma barque fatiguée d'errer. — Poison, voici l'heure pour laquelle je

t'avais réservé. (ll tire de sa pocbe on Tsse dans lequel est le poison.) Voici pour boire à toi, ma bien-aimée. (ii boit le poilon.) O mes yeuxl jouissez de votre dernier regard; mes bras, pressez-la pour la dernière fois contre mon cœur; et vous, mes lèvres, imprimez sur sa bouche un chaste baiser, (u «a penche ponr l'embrasser.) Arrêtons : elle respire, elle s'agite I

JULIBTTB, aTee nne Toii logobre.

OÙ sois-je? Défendez-moi.

ROMÂO, atae transport.

Elle vit, elle respire, elle parle, et nous pourrons être heureux encore. 0 destin propice ! tu me payes dans ce seul moment tous les maux que j'ai çoufferts.— Lèvetoi, ma Juliette, quitte ce séjour de ténèbres et d'horreur; tombe dans les bras de ton cher Roméo, viens respira la vie sur ses lèvres, et renais à la lumière et &

son amour, (n Ivl prend la main.)

té UOUàO BT JUIrIBTtB

JULIETTE, regarduit avtonr d'elle d'an air égaré.

B6nÎ86ez-moi, grand Diea! Quel froid je semf Qui est là?

Ton époux; c'est ton Roméo, Joliette, qcd passe du désespoir à une joie inc^Eâble. Sors de oe tombeau,

fuyons ensemble. (Il l'enléw et rat« de ga bière).

JULifflTKy réftitait.

Pourquoi me fiiît-on Tiolence? Je n'y consenfiraû jamais... Mes forces peuvent mi'abandonner, mais ma Tolonté est immuable... Je ne Teuz point épouser Paris... Roméo est mon époux.

SOBCSO.

Ses sens sont encore égarés ; Dieu du ciel, rends-lui en l'usage f — Roméo est ton époux : je suis Roméo ; et toutes les puissances réunies de la terre et des hommes ne pourront jamais rompre nos nœuds ni farra* cher de mon cœur.

Je reconnais cette Toix : sa douceur m'enchante et rassure mon âme effrayée. — A présent je merappeDe chaque circonstance. Oh! mon amant f Oh! mon époux I

(SUe s'avanee pour l'embrauer. Dana ee nroment le poison agît iur HoméOi qui Intte en yaln emfre lai). Pourquoi m'évîtes-tu, Romêo?

Laisse-moi toucha ta main et respirer le parfum de tes lèinres. — Tu me glaces de terreur r parie. Ohl faisinoi entendre une autre voix que la mienne sous ces Toutes effrayantes, ou je vais retomber.. Mesgeinovx chancellent, soutiens ta Juliette.

ROMÂO, chancelant.

Hélas! je ne le puis : je n'ai plus de forces; moimême j'aurais besoin de ton faible appui. Cruel poison!...

Du poison î Que dit mon époux? Ta Toix tremblante, tes lèvres décolorées, tes yeux éteints, la mort sur ton Tisage... '

ROMEO

Il est trop Trai ; je lutte sans espoir contre elle. Les transports que j'ai éprouvés lorsque j'ai entendu ta voix, que j'ai vu tes yeux s'ouvrir, <Hit suspendu pour b

un BMUMol la oonne impétueuse, et toutes mes peafléaa ètaieai mon Jboalieur et tm; zoais» à. présent» le poisoa coule dans mes veines» Je n'ai pas le temps de

te raconter Mon destin m'a conduit dans ce Ûeu...

pour te dire le trisjto et demi» adieu de mon amour, et mourir avec toi.

JUIIBIIK.

Mourir I Ahl ciel! Laurence m'a-t-il trompée?

ie ne comprends point ce discours. Je fai crue morte : désespéré» j'ai bu ce poison. 0 fatale précipitar tioni J'ai ouvert ta bière, j'ai pressé tes lèvres, et je goûtais le bonheur de mourir dans tes tara&«... Mais dans cet instant... Ohl..*.

Et c'était pour te vcur ainsi, que je me suis réveillée I

ROMÉO

Toutes mes facultés sont anéanties. La mort et i'amour se disputent le souffle qui me reste... Tous deus me tourmentent et me déàûrent, mais la mort eist la i^Uis forte : ii faut te quitter, Juliette, BariMxe, imptojable sôrtl..^.. A la porte d£A cieiUu.*..

Tu es dans le délire : repose-toi sur mon sein.

ROMêo.

Les pères ont des entrailles de pierre : ni les prières, ni les larmes ne peuvent les attendrir : la nature parle en vain, les enfants sont dévoués au malheur.

JULIETTE, pleurant.

Ohl mon cœur se brise.

ROMÉO, dam le délire.

Elle est ma femme, nos cœurs sont joints pour jamais l'un à l'autre. Capulet, épargne ta Me; Paris, arrête, ne tente point de les désunir. Ah!.... tu les brises, tu les déchires sans les séparer. Ohl JuUette, Juliette!

(il tombe sur la terre^ et après des conToIsions H expire).

Roméo, Roméo! Il ne respire plus. Oh! que ne puis-je boire le poison sur tes lèvres. Âh I voilà la fiole. Cruel, tû n'en as pas laissé une goutte pour me venir en aide I (eiu wît on poîgnard.] Âhl ceci. Viens, mon fidèle

ROMBO ET JUfirSTTB

ami. (On «ateod ■onaer minait.) Voilà l'heure qvd m'appelle & toi, Roméo. Vois comme je me souviens de toi. (sile m

fk«ppe et tomiM anpHi de Roméo.)

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