Lalfairu de la rue Transnonain
mais \)vu IrLictueuse. Car liouiiru «'lait un drploraljle fusil. Un jour qu'il su trouvait à Brouchaud, le capitaine Marty, niaire de cette commune, lui proposa une petite partie cynégétique \ Après s'être promenés une lieure environ — TolFie n'avait guère que ce but — les deux nomrods arrivèrent près du dolmen de Limeyral, débris arcbéologique perdu au milieu des pierres et des genévriers. Alors comme aujourd'bui, les grives abondaient dans ces parages. Homiru avait déjà brûlé sept ou huit cartouches sans rien abattre, (juand il avise un»' grive, une de ces belles grives d'Auvergne (jui, perchée sur le dolmen, semblait insensible à la présence des chasseuis J^e fonetionnaii'e épaule, vise ou ne vise pas, et a la chance de luei l'oiseau. Le iiasard se faisait coui-lisan. Tout à la joie de sa victoii'e. il tire un cravon el écrit su[la table de pierre :
Ici Homii'ii a orcis une L'rive
Le vieil olliciei- (jui h' sui\ait prit à .^oii tour le crayon el sans mol diie ajouta .
Ça n'est pas sa faute
La gratitude du gibier épargné si involontairement n'était pas le seul banim» répandu dans l'àme préfectorale ; le Mofil/fur du 1.*» mars [X'.V,\ signalait une manifestation cuiieuse. l'ouchés des soin> et des égards donl ils «'taieni rohjet de la j)art du bon (loco,
1. Cluirlos l)aul)ig(> : Tablettes périyounlines, n» tlu l*engord du i8 dt^coinhre 187S.
les réfugiés polonais du dépiM de Périgueux se rendirent à la Préfecture et lui olfrirent en remerciement une bague d'or portant cette inscription : A M. Romieii, les polonais reconnaissants. Si le Moniteur, grave feuille ofdcielle, n'avait pas été le colporteur de cette information, on l'eut certainement prise pour une boutade ironique. A tous égards un buveur comme Romieu avait droit à la reconnaissance des polonais ! car sa réputation était si bien cimentée que tout événement le touchant devenait prétexte à raillerie. Après l'attentat Fieschi, le bruit courant qu'il allait être nommé préfet de police, la Mode le cribla de ses Epingles^. Fausse nouvelle, hélas! que cette nomination. Le 31 octobre arrivait au ministère de Tïntérieur un rapport anonyme dans lequel on annonçait que Romieu attribuait Tavis tendancieux à ses ennemis et que son départ serait regretté de tous les Périgourdins. Le ministre ne voulant faire à ces dignes citoyens nulle peine môme légère, laissa oii il était le préfet chéri. Pour son zèle, les populations accueillaient ce dernier avec enthousiasme et lui prodiguaient les témoignages d'aflection ; les communes se montraient jalouses de lui prouver leur reconnaissance. A Beaumont, dans l'arrondissement de Bergerac, la garde nationale se transportait à sa rencontre, on donnait son nom à la rue par lacjuelle il faisait son entrée et les maisons restaient illuminées toute la nuit. \'illes, bourgs et villages honoraient le grand