Le Charivari dos 17 et 1*J novembre
Les soUicitalions de chaiij^einent Unirent j)ar avoir raison de Tapalhie ministérielle. Le 9 juillet 1843, Auguste Roniieu était nommé préfet de la Haute- Marne à la place de M. de la Tourette, sans qu'on sût si cette investiture représentait un avancement ou une disgrâce. Presque en même temps il songeait à se porter à la députation mais, sur le conseil d'amis, abandonna heureusement cette idée : « Au fait, disait-il, je ne suis pas encore un homme assez sérieux pour cesser d'être préfet \ » Comme le devoir l'obligeait à un examen de son nouveau département,
Romieu partit aussitôt pour Paris où on Taperçut
beaucoup à l'Opéra et un peu moins dans les restaurants en compagnie de ses anciens satellites. La rumeur publique assurait que Rousseau, Tex-camarade de gobelet, lui ayant fait demander son appui pour obtenir un emploi, il avait répondu froidement : « Impossible... on m'a dit qu'il buvait! »
La modération apparaissait aux côtés de l'âge. Le temps avait passé où le joyeux Henry Monnier allant déjeuner chez Romieu revêtait l'uniforme suivant : Une chemise de nuit, un mouchoir sur la tête, de longs bas verts laissant apercevoir le haut des cuisses et une pipe à la bouche". Romieu ne secouait plus son compagnon en criant: « Si tu continues à me dire vous, on va te prendre pour mon domestique ! » ; pré-
■1. La Salion, 18 août 1843. Feuilleton de Lepoitcvin Saint-AIme. 2. Catalogue dune vente d'autographes du 15 juin 1910 (Charavay).
sentoment le ton s'était adouci et il lui écrivait cette jolie lettre ^ :
Chaumont. iô septembre 1843.
Mon cher ami,
Merci cent fois de 'Ion bon souvenir. Le mien ne t'a pas manqué et le joindra toujours. Les gens d'esprit et de cœur à la fois sont trop rares pour qu'on ne s'honore pas de leur amitié et tu es de ceux-là.
11 y a des gens qui croient qu'on doive toujours rester à vingtcinq ans et qui s'émerveillent de voir arriver des succès à qui sait prendre un parti sérieux après avoir oublié quelque temps une éducation sérieuse, après avoir quitté de grandes relations momentanément pour la folle et bonne vie de poésie et de jeunesse.
Ce sont ceux-là dont tu parles sans doute et qui ne me pardonnent pas. A leur aise, je ne m'en préoccupe point.
Toi, mon ami, qui as voulu goûter de tons les arts, parce que lu es un grand artiste, tu me verras sans doute a l'aris ou ailleurs. l*arlout et en tout temps je serai heureux de le rappeler noire vieux temps, celui des griseltes et des chansons. Nous n'en serons pas moins gais pour être moins jtMincs, ni plus bêles, jeu ai Icspoir.
A toi de cœur
(î.-.\. KoMlKL'.
H rlail nécessaire (juc l'aiiltMir de co InWvi prît «le la [î^ravilé, uiu' ini.s.sion lui échcail Ku septeinluc [Hi',\, les cabinets «le Paris cl de Londres s'appliijuaienl à cnlrcloiiii" des r«dalions intimes, cl à praliijncr la nou\(dic enlciilc cordiale. Le jn-cinici' ministre an«;lais, loid .Vlicidccn, ne man(juait [kis de manilester vis-à-vis de nous ses honiu's dispositions, el