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littt'i'unes par Auj^uslir» Tl»it'rry. colui-oi ni
Ip. l'J.'i) les :>ouvenirs lU la tnavquise Je Crequy. mais il roiiimet lu r.iuU' (lajt)uter celle note : l'aris Ih'lloyf, édition. /.W.'». 10 vol Auteurs revh : comte de Courchampu et Cousin. Or l'Odilion de 18tj l'tinnait 7 vol. et non 10: elle parut clu'Z Fournit^ et imn olie/ Delli)ye. louant aux ileu\ auteurs, c'est cvuuine >il «frivail que les Mémoires de Louis Will sont de .MM. do Laiitutho et Langon !
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Gazette de France du 20 octobre 183o avait beau donner en feuilleton deux extraits du septième volume paru cliez l'éditeur Fournier^, les protestations montaient. M"*" Brayer Saint-Léon à laquelle la vraie marquise de Créquy avait, par testament, laissé une petite somme parce qu'elle avait été « son soutien et sa consolation dans ses cruelles afflictions », M'^'' Brayer Saint-Léon, dis-je, lança bientôt une brocbure intitulée ï Ombre de la marquise de Créquy aux lecteurs des Souveïiirs publiés sous le nom de cette dame. Elle y faisait discourir la douairière qui expliquait les erreurs qu'on lui attribuait, et ces éclaircissements se terminaient par une recette railleuse pour la composition des Mémoires liistoriques. A cet écrit succédèrent un opuscule de trente pages : Voltaire étrangement défiguré par r auteur des Souvenirs de la marquise de Créquy (Compiègne 1836) dont le père était M. de Cayrol, ancien député, puis une longue étude de Saint-Allais dans Y Annuaire historique de la noblesse française (Paris, 183o-1836), puis une Réfutation des prétendus Mémoires de la marquise de Créquy, par le comte de Soyecourt (Paris, 1855), enfin une Notice sur la marquise de Créquy, tirée seulement à 25 exemplaires en 1855 par A. Percberon, (ils de l'exécuteur testamentaire de la vieille dame. Toutes ces critiques disséquaient fort savamment l'œuvre de Courcbamps et prouvaient clair comme le jour l'inexactitude de certaines dates, la
\. La France lilléraire, 1836, t. XXIII, contient un long résumé de Touvidge,
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fausseté de certains laits, les inventions, les anaclironisnies, sans (jue le prudent Marius donnât le moindre démenti. Parmi ses artifices, il en est un que personne n'a remarqué, sauf le National (jui le signala rapidement. Je dois pour l'expliquer ouvrir une courte parenthèse.
Courcliamps possédait une santé intermittente, mais intermittente à volonté. Lorsqu'il craiii^nait les créanciers, lorsqu'il redoutait les représailles d'un (juidnin irrité de ses épigi-ammes, lors(|u'il avait quelque désagréable corvée en perspeclixc', il (juitlait lliùtel de Mayence et se réfut,^iail aux Néothermes. Cet étal)liss(îment de retraite, silui' rue de la N'ictoire. était un petit Eldorado [)Our \ alétudinaires ; un salon spacieux, des hains de loute soi'te, plusieurs hillards et un n)airnili(iue jardin. La maison a\ail aussi une hil)li()thè(jue. En fouillant un sctii' pour s'cx'cuper, le pensiomi.iire tomba siii- deux (»u\ rayes andinnu-s (jui devaient causer le mallieui" de son existence Lr j»reniier (''lait intitulé Aiddaro et 1«' svcond Ih.r jnz/rfit'es de 1(1 rtc (l .Mjthoiisr ]'(tn-\\'(>rilrn ^ : i\ les einpoi'ta dans sa clia inlii'e pour les exanniicr diuaiit ses nislanls de repos, car son teiiij)s ••lail aloi's alisoi'h»* par la compt)silion des fameux Smn'i'/nrs : \\ mellail ses notes en oi'die, (dassail ses documents, di'poiullail ses «'Oi'i'espondances cuiieuses, collalionnail les anecdolt^s récollées et faisait lli'(die de tout lioi^. .Vpi'ès lecture,
l. Avadoro, histoire esfuifjftolr, p;ir M. L. C J. Paris. lSi;i, i \n|. in-li". IH.r journées de la vie il' Alphonse Vtin-Worden, Parir>. 1SI4. 3 h)mcs en 1 vol. iii-li".
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les volumes lui parurent dignes d'êlre utilisés profitablement. mais il en usa avec une belle désinvolture. Prenant sans scrupule des parties du texte imprimé, il les transposa dans son travail et les présenta comme extraits des Mémoires inédits de Cagiiostro ! ! FeuïWetons les Souvenirs de la marquise de Créquy (édition de 1834, chez Fournier jeune).
Tome III. Les pages 230 à 2o0 correspondent exactement aux pages 89 à 119 de Avadoro t. II.
Tome III. Les pages 324 à 359 contenant le Paradis sur la terre sont la copie des pages 30 à 74 de Avadoro t. I.
Tome IV. La page 68 est la reproduction de la page 117 de Dix journées de la vie d'Alphonse Van- Worden t. I.
Tome V. Les pages 82 à 93 répètent les pages 214 à 230 de Avadoro t. IL
Le conpilateur ne s'était pas donné grand mal ; quelques mots remplacés, quehjues adjectifs ajoutés, quelques noms propres transformés, le Ruys Soarez {Avadoro) se change en Luiz Soarez [Souvenirs)^ les frères Moro [Avadoro) deviennent les frères Ferraz {Souvenirs) et c'est tout. Évidemment cette façon de procéder justifie l'épithète de plagiaire dont fut accablé Courchamps, mais ce vocable flétrissant est-il toujours employé avec justesse. « On a porté, écrit François Morand \ les accusations de plagiat jusqu'aux derniers termes de la puérilité et du ridicule, grâce à
\. Bulletin du Bibliophile, 1856, \). 717.
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la vanité d'auteur sans laqucll»' il n'eut jamais été de plairiaire. J'accuse à mon tour et sans restriction les dénonciateurs du plagiat de ne lavoir érig-é en délit littéraire que par complaisance envers un sentiment d'amour-propre personnel fort indifférent à l'intérêt public, puisqu'en définitif le plagiaire ne dérobe au public que pour donner au public ; les œuvres de l'esprit, dès l'instant où elles paraissent au jour, devenant intellectuellement la propriété commune. » En debors de cette excuse tecbnique, j'estime que la critique s'est montrée trop sévère en décbiquetant le pauvre auteur et en refusant tout mérite à son ouvrage principal. Sa valeur bistorique, je l'abaixlonne ; sa valeui" anecdotique, je la maintien.
Il est nécessaire d'apprendre comment Courcbamps s y prit pour composer les Souvenirs Berryer a dit ' : « M. <b' Courcbamps (|ui a prescjue autant vécu dans le dernier siècle «jue dans cidui-ci, a beaucoup connu la marquise de Créquy, il ;i un grand nombre de lettres d^'He et. à hi lin du xvm'' siècle, il a élé emprisonné avt'f r\U\ » Cbez un avocat, ces affirmations doivent être considérées seulement comme un «'Ib'l oiatoii*»'. car la vieille marquise étant sortie •le prison en [~\)i, il paraît fort improbable <|ue le jeuni' Marius, alors âgé de on/.e ans, ail partagé son cacbol. et (juantl elle mourut en ISOii à (|uatrt^vinglbuit ans, il n'tii avait jias encore vingt. I^a vérité
I. rUiidoirie au Trihunal civil île ia Seine, i ft'vrier 184i.
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est autre. Le comte de Courchamps avait une mémoire prodigieuse, une faculté d'assimilation extraordinaire, il voyait nombi'e de gens, gardant toutes les lettres, tous les billets, tous les faire-part. Il savait la plupart des familles de l'Europe, leurs noms, leurs alliances, vous auriez oublié celles de votre oncle ou de votre cousin qu'il les aurait retrouvées sur Tlieure. Il avait un don spécial pour arranger Fliistoire en cbronique, la chronique en généalogie et la généalogie en conte de fée. Sans pitié pour les parvenus et pour les nobles qui se paraient de litres imaginaires, il possédait le véritable talent d'ajouter de la poudre et des mouches aux récits du jour; après avoir passé sous sa plume, ils devenaient méconnaissables, aussi ramassait-il les moindres historiettes, les potins de la société, les nouvelles du faubourg et de la ville classées immédiatement dans son cerveau. « Du temps de nos dîners à l'hôtel Curial, il écrivait ses derniers volumes, raconte la comtesse Dash [Mémoires des autres, t. V), il était à bout d'anecdotes et il en prenait partout. La comtesse Curial s'y intéressait fort, elle en demandait à droite et à gauche ; chaque mercredi quand nous arrivions, sa première phrase était ceci : « Apportez-vous quelque chose à M. de Courchamps? »
A force de vouloir tirer à la ligne, rien d'étonnant que notre homme fût à bout de souffle. Tout a une fin, même les documents inédits, les lettres rares, les contes surprenants, les correspondances secrètes. On a dit et répété (jue dans les Souvenirs, il n'y
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avait pas un mol de la marquise de Créquv, c'est fort possible ; par contre on n'a pas expli(jué comment Courciiamps moissonnait tant de détails inédits, de cancans peu connus sur le xviif siècle ; on n'a pas dénoncé le professeur qui lui ;ivail appris le ton de l'ancienne cour et la pimpante façon de conter; on n'a pas découvert le lien (jui rattachait le natif de Saint-Servan aux petits appartements de Versailles. Voici la réponse.
Parmi les salons que fréquentait Courchamps au commencement de la Restauration, l'un tle ses préférés était celui de la vieille marijuise de .Mesmes qui habitait à Bougival le château de bi CJiaussée. Cette aimable douaii'ière, était lille de l'ancien (laide des sceaux, Feydeau de Hrou. Née en 17!M s elle a\ait été dame pour acco?}ijja(j/irr do Madame Sophie, puis de Madame Victoire, tantes du roi [^ouis \VI, poste (|ui l'avait lixée à la coui* pemlanl une bjimue péi'iode. Ses l'ebitions suivies avec M""' lieolhin. M'"' d'Hirmoni, J.-.I. liousseau, etc., l'avaienl rendue tt'inoin de maints «'v«''nements cuiieux l)ou«'e (b' l»eaucoup d'(;spi"il, d un lact très juste et trJ's lin, diin uoùt fort rai'(\ la lermeh' de ses idt'cs n'élail alh'icr ni par une imaj^inalion hop \i\e, ni pai" un ordif de n-llrxiiui ti'op L:ra\e ; elle apparaissait eoinme un «Irs dri'niers exem[des, des deiiners icslcs de la perb'cticin du monde d'aulictnis Cette femme icspeelabb' aimait les lettres (ju'elle axait «•ulli\ées avec succès, mais
l. Kllc luounil ;i I;i Cii an >.<«•«' lo lil novoinl»!'»' ISI'J.
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sans prélenlions sur ce point comme sur les autres choses qui tiennent à Tamour-propre ; elle révélait au cours de la conversation tout ce qu'elle savait et tout ce qu'elle valait. On conçoit combien le sieur Courchamps pouvait glaner là ; il en profita lar{2^ement pendant ses visites dans cette maison. Son assiduité était d'autant plus grande qu'il y puisait à deux sources différentes.
La marquise de Mesmes demeurait une partie de l'année en compagnie de sa nièce, la comtesse de Faucigny-Lucinge, née Bernard de Sassenay ^ Agée de soixante ans au moment de la rentrée des Bourbons, celle-ci connaissait à fond la cour de Louis XVI où elle avait vécu après sa présentation à la reine par la princesse de Lamballe. Elle avait ensuite été attachée, sans titre officiel, à Madame Victoire, en même temps que sa vieille tante. M""" de Faucigny se montrait une personne aimable et remarquablement intelligente, mais d'un esprit à l'emporte-pièce ; son drageoir était plein de sel dont elle saupoudrait ses récits ; il fallait l'cmtendre rehausser d'une phrase malicieuse les naiTations de M""' de Mesmes. Poui' un auditeur curieux d'événements passés, ces deux dames se complétaient admirablement. La marquise de Mesmes dévidait ses souvenirs, la comtesse de Faucigny faisait jaillir les siens, la marquise de Mesmes dessinait les scènes vécues jadis, la comtesse y mettait la
1. Fille de Franeois-Marie iJernard, vicomle de Sassenay et de (Jhàlons-sur-Saone, président à luorlicr au Parlement de Bourgogne cl de llcnriettc-Flore Feydeau de Brou.
légende satirique, la marquise enchaînait les phases de sa vie, la comtesse brodait en laissant parfois s'égarer son épingle de droite et de gauclie, aussi Courcliamps ne perdait-il pas une syllabe lorsqu'il venait dîner dans cet intérieur et passer la soirée au coin du feu V Comment fixer les anecdotes récoltées là? A peine dites, il n'en restait rien, sauf dans l'extraordinaire mémoire du visiteur qui, dès son retour chez lui, s'empressait de les inscrire en conservant la tournure pimpante qu'il venait d'apprécier. Bien des renseignements touchant M"'* Geoilrin et d'Egmont entre autres furent fournis [)ar les deux patriciennes et quant à cette dernière. M"'" de Mesmes était particulièrement instruite, puisqu'elle avait traversé ses aventures. Courchamps en tira si bon parti que son histoire de M"""' d'Egmont (tomes II et III <les Souvenirs, édition i8i2) servit de lhèn)e à plusieurs écrivains, et (jue Jules Janin en établit une copie fade et délayée à hujuelle je |>réfère beaucoup celle de notre auteur.
Avec tous h'S matériaux réunis à la Chaussée et ceux amassés par l;i suit»', l'habile .Maiius se dit (ju'il détenait les élriiH'iils d'un succès de librairie. En voyani 1h voLiue des Mcfnoirrs de SainZ-Simon el (les Mr/noires il une Cuntrnijtorainr, il ;ivait songé : « Moi aussi je ferai une manii're de Samt-Simon du xvnr siècle el pour ctda je me <léguiserai en douairière. Je ferai une Contemporaine mais ro\alisle el de cjua-
1 . Art-iiivoâ Sassonay appartenant à la baronno <!«* Lauinont. née Ueraanl tle Sassonay.
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lilé, la Contempoi'ciinc tle l'ancien grand monde ^ ». Il rassembla donc ses broutilles et composa un vaste anecdotier, un long- sottisier sans métliode ni liaison qu'il intitula Souvenirs de la marquise de Coigny. On était au commencement de 1826 et cette dame spirituelle venait justement de mourir, mais son fils prévint Courcbamps que son intention formelle était de s'opposer à la publication du livre. En quelques jours, l'écrivain changea tous les Coigny en Créquy, certain que personne ne protesterait puisque cette race était complètement éteinte. La famille Coigny y gagna des épigrammes sur le nom de Franquetot et la nouveauté de son titre, se trouvant d'ailleurs en bonne compagnie devant cet éplucliement héraldique avec les Talleyrand, les la Tour d'Auvergne, les Damas et les Broglie, mot qui suivant l'auteur n'était que la traduction de Duinouliii. Le grand tort de Courcbamps fut de mettre son amusant ouvrage sous le patronage de M""" de Créquy, et c'est bien l'avis de M. Lenôtre dont l'autorité est irrécusable : « Quelle incroyable sottise ! a-t-il écrit dans le Monde Illustré'. S'il les avait tout simplement nommés Souvenirs du comte de Courchamps, ses sept volumes seraient classés parmi les plus cbarmantSidont s'honore notre littérature. Combien sont parfaitement authenti({ues (jui ne sont pas plus vrais?... Courchamps s'est discrédité en essayant de donner le change. Son