i4-;{r), 7 vol. in-S- (Kouriiirijriint
183("). 7 vol. in 8» (Fournii'i- ji-uni'). 3» édition. La second»» t^dition imprimée ii Angers, oroil-on. n'a pas été connue de Beui hot De la prétendue :>' il n'a él»^ imprimé en 1830 t|uo les trois premiers
les anciens abonnés de VEurope littéraire, beaucoup ne reconnurent pas très bien les pages détaillées quelques mois auparavant dans leur feuille . Ils comparèrent et s'aperçurent que des noms propres étaient ajoutés, d'autres supprimés, que le nouveau texte comportait des coupures, des interpolations, des additions, bref que l'œuvre avait été largement tripatouillée. Cette transformation semblait d'autant plus bizarre que la vieille marquise était morte depuis une trentaine d'années : l'éditeur anonyme y avait donc mis la plume. Dans le monde, surtout au faubourg Saint -Germain dont tous les membres lisaient les Souvenirs, une imposante majorité estimait ceux-ci autbentiques, tandis que les gens plus éclairés les jugeaient arcbi-faux; la presse, elle, savait à quoi s'en tenir, cependant ses commentaires A
étaient plutôt favorables puisqu'il s'agissait de la 1
production d'un confrère. La Revue de Paris (janvier 1834) imprimait sous la signature du marquis R. de P.:
volumes pour remplacer ces volumes épuisés dans la l"^". Lcdition de 1840 ne serait alors que la 2° et non la 4».
1840, 10 tomes en 7 vol. in-lS» avec portraits (Delloye).
1840, y tomes en 5 vol. in-18" (Delloye).
1842, 10 tomes en 5 vol. in-18° (Delloye).
18d5. 10 tomes en 5 vol. in-18» (Garnier).
1865, 10 tomes en 5 vol. in-12" (Garnier).
1867, o vol. in-18'' (Michel Lévyj. Cette édition renferme les lettres apocryphes (jue Courchamps publia en 1841 dans la l'resse sous le titre de Supplément aux Souve7ii7\s de la marquise de Créquy.
1873, 10 tomes en îi vol. in-18° (Garnier).
1834, Traduction anglaise in-8°, London (Longman).
1892, La marquise de Créquj/. Extraits de ses souvenirs par la baronne Edith de Cramm. Erlangcn und Leipsick.
COURCIIAMPS 181
a L'auteur est certes un homme fort spirituel, jouant très bien Tédileur et si habile faiseur «le pastiches qu'on pourrait lui jeprocher d'être un peu trop ce (ju'il veut elre; mais (juoique le petit bout Je Toreille passe, feignons de ne pas l'apercevoir de peur de nous attirer de mauvaises querelles; le siècle est plus crédule (ju'on ne pense. J'ai trop pris plaisir à cette lecture pour ne pas contribuer de mon mieux au succès en me faisant un peu compère. Qui sait (railleurs? Il y a cin(| ou six ans, le roi Charles X attesta en pleine cour l'authenticité des Mnnoirps de M"'" Duhan'ij et plus récemment un illustre diplomate proclamait à Londres l'authenticité des Mémoires de Louis XVIII. Enlin s'il est \rai ([u'un sai;»' professeur ait dit du haut de sa chaire «jue h's romans j)ouvaient éli'c j)lus vrais (juc riiistoirc : (juc ris(|ué-jr moi siiiijth' homme du inonde «mi disant «ju«' <|ui voudra étudiiT la so<'iél«' du wiii'' siJ'cle consuitei'a «h'sorniais les Soucenirs dr .]/""" ilc Créf/iti/ coin nie le tableau le plus exact «le 1 époijue ?. . M«''moir«'s vr;iis comiiM' «M'iix d«' .M""" «rAbi'anl«*s ou a|tot'r\ plus (juand ils oui un air de vérit«'' coinnif (Mmix de la inar«|uis«* «h' (j('(|n\, \(>ilà, j«' 1 a\'ou«'. mes lixics dt* pr»'dil«M'li«>n, «'«'st h' ut'iuc de litt«''ralure on r«'sj)rit han- «;ais a consciv»' aujonid'lini lout«' sa sup«''riorilé. »
La (i(izr//f' (le li<inn' à lai|n('lli' collaborail Courchamps par inlciinillcnci'. publiait h' \'\ févri«'r un <'ourl arli«-h' ri'comniandanl <« rrtlt' Irelure d«\s plus jn(|uanles, des plus ai::réal)h*s. «I«»s plus inslru«*lives ». et se gardait bien d Cn signaler !«• caractère suspect.
18i^ COUllCIl AMl'8
Tout on iinitanl cette prudente réserve, deux autres feuilles royalistes y ajoutaient des brassées de fleurs; la Mode du l"^'" février et la Quotidienne du 22. Cette dernière écrivait :
« En lisant les Mémoires de M"'° de Créquy, il nous semble entendre une de ces femmes âgées, à l'esprit jeune encore, comme nous en connaissons, nous redisant avec cette prolixité de la vieillesse qui se complaît dans de petits faits, dans de petits détails frivoles quelquefois pour nous, mais intéressants et précieux pour celle qui raconte ses impressions et ses souvenirs d'autrefois.
« Cbez M™^ de Créquy, cette prolixité elle-même, cette espèce de caquetage, ne sont pas sans cliarme, car le plus souvent ses digressions ne sont autre chose que des épisodes nouveaux fort bien racontés ou des observations piquantes et malignes. Il y a dans ce style facile et négligé, tout empreint de la couleur du temps, une sorte de désinvolture qui le fait ressembler à une conversation spirituelle.
« Bien différents de ces Mémoires prétendus dont nous fûmes inondés il y a quelques années, et que fabriquaient tant bien que mal des manœuvres littéraires étrangers aux mœurs, aux usages, à la langue môme du monde qu'ils défiguraient, souvent M'"" de Créquy redresse les erreurs involontaires ou intéressées des historiens du xviii" siècle, » etc.
h'Kclio de la Jeune France, journal catholique rédigé par le vicomte Walsh, abordait la question d'orthodoxie :
« Sont-cedes souvenirs authentiques? Nous avouerons que rindustrialisme du siècle nous inspire des doutes k ce sujet. Cependant si ces souvenirs ne sont pas ceux de la marquise de Gréquy, ils annoncent un écrivain profondément versé dans la connaissance des temps qu'il décrit, des mœurs qu'il retrace, des événements qu'il raconte. Il y a dans cet ouvrage une science de détails, un caqueta^e spirituel à faire illusion à des personnes qui ne sauraient point (\uv dans notre temps on improvise tout, même des anliijues. »
La Revue, des Deux Mondes, «lu V^ mars, assurait que le lecteur le mieux prévenu cioyail entendre la voix ai^uë et tremblante de l'illusln' douairière dont on lui ollVail les souvenirs, et elle siirnalail If succès du livre. « Oui, grand succès, renchérissait la Mode {22 mars); les uns liioiil ct's Mémoires pour apprendre, les autres j)Our ouhlirr. »
I^»' (Iriixit'me volume paraissait (in iiiai\s, siilu»'- d'un panéu^yri(jue étalé sous la signature L. «le .M dans le Temps du iM aviil lS:;i :
<♦... Les <ju»'i'«'ll('s de hlason on! nM'oiniihMicé, M"'*' la Comtesse n'a pas laii v\\ ('piiiiannnes contre M'"" la Duchesse, «'«dui-ci s'est pr(''\alu d imc li::iit' de la spirituelle riiar«juise poui- se dire plus iioltle que celui lii, on s'est piesque jiris aux cliexeux T. a été poui' ces Mé'iHoires d acani^/oftiôr un succès hruyanl. uni\ crsel.
0 Dans le monde d("s artistes, l'éclat fut plus hiuyanl encore. Quel «'«tait l'éditeur .' D'où sortait cette femme"? Ces Mémoires étaient -ils authenti(jues ?
ISt GOURCllAiMPS
« Pour moi je n'ai jamais douLù de l'exisLeuce de la inai(iuise. J'aurais rougi d'écrire que c'est de Tapocryplie, du placage, du pastiche. C'est un grand et beau livre, voilà ce que c'est; un grand et beau livre où il a fallu, par malheur, faire des soudures, des joints et des ponts. »
A l'apparition du tome III, la Quotidienne (15 juillet 1834) battait la caisse en l'honneur de son compère et la note imprimée semblant encore trop courte, trop anodine à Gourchamps et à ses amis, Théodore Muret lui donnait un long complément quelques semaines plus tard [Quotidienne du 30 août). Il dépeignait l'œuvre comme une exhumation du temps passé où se révélait tout un monde ressuscitant avec ses manchettes de dentelle, sa poudre sur les cheveux, ses habits de satin, son parfum d'aristocratie, l'aisance et le bien-vivre de ses manières. « On pardonne à i\P° de Créquy, écrivait-il, ses généalogies quelque peu longues qui font ressembler parfois son livre à un chapitre du nobiliaire de d'IIozier ou du père Menestrier ; on excuse son penchant trop prononcé à la médisance, elle sait rendre ce défaut-là amusant, et telle est notre mauvaise nature que la médisance nous divertit généralement beaucoup plus (jue l'éloge, fût-il mérité. »
Les Souvenirs de lamarquise de Créqttt/ circulaient dans le public depuis quatre mois et les journaux littéraires ne soufflaient mot. Qu'ils n'aient pas signalé l'ouvrage, on l'admet un peu, mais qu'ils n'aient pas dévoilé le pastiche et démasqué le véri-
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table auteur', ceci devient plus incompréhensible. Étaient-ils donc impressionnés par des témoignages comme celui d'un M. D. T.. cilé dans la Gazette de France du 19 juillet :
«... L'auteur de cet article a passé trois mois dans la même prison que M"'*' de Cré(ju\ (ju'on disait alors tig"ée de quatre ving^t douze ans, mais dont l'esprit avait conservé toute la grâce et la vivacité de la jeunesse. 11 a causé souvent avec elle... Ses jugements, ses opinions, ses préjugés si l'on veut et jusqu'à ses locutions familières se trouvent si bien rejjroduites ilans les 5c»//fe?//>.s' qu'aucune personnes de celles qui l'uni connue ne sauraient douter de leur tiilélité parl'aile, si ce n'est »le leur authenticité olographi(|ue, dont nous n'avons pas à nous occupei*, puiscju'aucun passage de ces Mémoires n'a fouiMii matière à contestation. »
L'allégalion (inalf lonibail mal. juslemeiil les obji'clions naissaient m Iroupr si'rr»''e. \A\Uiniricrh/ Htriru' juin 1834^ contenait niic Ujrigue réTulalion des Soiivenirs, léiulation tlont I importance «'tait indéniable. Il est superflu dr détaillei- ici ces j)reu\es convaincantes (ju on Ironxcra dans la ie\ue susnommée et dans les publications similaires (jui suixiicnt. I^a