BIBLIOTHECA
O lierres des vieux murs et des vieilles écorces, Tances amères des Terrains abandonnes, Sous vos rejets griffus ou vos lianes torses Que de chers souvenirs dorment pelotonnés!
i4uîour des noirs logis où. les âmes fidèles T{eviennent tristement, entre deux angélus, Tu mets de verts manteaux flottants, des frissons d'ailes, Lierre, et tu rends des nids aux chênes vermoulus.
Et toi. ronce, dans les coins des vieux cimetières Oii les bouquets au vent d'un jour se sont flétris, Sur les petites croix et les débris de bières Tu projettes tes bras maternels et fleuris...
Tlantes du souvenir, robe des choses mortes. Suprême floraison de ce qui va finir, Fidélités un peu moroses, mais si fortes, Êrreintes que l'oubli ne saurait désunir,
Je veux que désormais vous deveniei l'emblème De mes vers au passé tout entiers consacrés; Comme vous je le pare, et comme vous je l'aime. Et mon cœur vit avec les morts que vous couvre^.
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AVANT de le quitter, ce cabinet banal D'école, où si longtemps, réglé comme l'horloge, J'ai prodigué conseils, avis, reproche, éloge. Reçu, lu, rêvassé, — rimé même, et fort mal. Pour chasser la rancœur des besognes arides, — J'appuie encor mon front brûlant chargé de rides A ces carreaux glacés d'où j'ai vu mille fois Nos six cents écoliers, d'air et de bruit avides. Mêler leurs pas, leurs mains, leurs rires et leurs voix Dans la cour froide et sombre ou de soleil emplie; Et je regarde, hélas! avec mélancolie.
Cet essaim turbulent, égoïste et joyeux Auquel un doux lien mystérieux me lie, Et qui demain jouera, guetté par d'autres yeux, Puis s'éparpillera vers les fleurs de la vie...
— D'autres ont précédé, que j'ai conduits aussi, Qui furent de tous points semblables à ceux-ci, Et qui vont maintenant dispersés sur les routes, Tristes ou gais, forts de leur foi, rongés de doutes, Montant d'un pas rapide ou lent au but promis, Et quelques-uns déjà connaissant les déroutes, Et d'autres disparus à jamais, endormis Dans la mort, oubliés même de leurs amis... - — Et tous ont joué là les jeux que l'on y joue A cette heure, entre deux classes et deux efforts. Et ceux-ci vont bientôt prendre aussi leurs essors. Même toi, cher petit, qui, la main à la joue, Là-bas, près d'un pilier, fixes tes beaux grands yeux Sur ma vitre et sur mon visage soucieux. Etonné — puisque dès demain je serai libre, Et que ton cœur, à ce seul mot, tressaille et vibre — De me voir attristé. — Sans doute, oui, je m'en vais Vers le repos permis, vers le bois ou la grève. Reprendre où je l'avais laissé jadis mon rêve; Mais une voix me dit : « Ce que tu leur devais, A ces pauvres enfants, le leur as-tu, sans trêve. Tous les jours, à toute heure, également donné? As-tu sévi quand il fallait, ou pardonné. Encouragé, guidé, trouvé ce qui relève.
Ce qui guérit, ce qui fait qu'on devient meilleur? As-tu su t'abstenir toujours du trait railleur