‹ Ronces et lierresChapitre 7 sur 41 · RETOUR TARDIF I · texte numérisé non relu

RETOUR TARDIF I

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APRÈS vingt-cinq ans de Paris, De pavé fangeux, de ciel gris, Nous avons revu ta Provence; Mais sous ses amandiers fleuris Rien ne revit de ton enfance.

Et ma jeunesse, qui, dix ans.

Au bruit de tes pins caressants, Berça notre amour et son rêve.

Est plus morte encor, je le sens, Et n'a pas marqué sur ta grève.

Heureux qui revient au fover Quand il a quelqu'un à choyer :

Cœur qui l'attend, voix qui l'appelle

Dans le vieux logis familier Auquel la race fut fidèle;

Mais malheur aux déracinés

Que leur folie a promenés

Un quart de siècle par les villes.

Et qui trop tard sont retournés

Au berceau des heures tranquilles!

Ils n'y trouveront pas l'accueil Deceux dont ils étaient l'orgueil, Mais qui sont morts à les attendre; Ils V vieilliront, l'àme en deuil, A remuer un peu de cendre,

Sans parvenir à ranimer Ceux qu'ils ne surent pas aimer De l'amour qui se sacrifie, Et sans personne pour fermer Leurs pauvres veux las de la vie.

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