‹ Ronsard considere comme imitateur d'Homere et de PindareChapitre 18 sur 18 · Lettre de Ronsard au Chapitre de Saint-Martin, de Tourt · texte numérisé non relu

Lettre de Ronsard au Chapitre de Saint-Martin, de Tourt

(Pirii, Bibl. i»|»r. Co!l. Gâip,i„r., 640, p. J57.J

Par cette lettre, écrite en latin. Ronsard, prieur de Saint-Cosme, et, à ce litre (cf. Gallia christiana, T. IV. p. 611) l'un des dignitaires semainiers de Saint-Martin de Tours, prie les membres du chapitre de le faire remplacer dans ses fonction aux fêtes prochaines. Le motif mérite d'être remarqué : c'est Charles IX qui retient son poète à Paris pour qu'il travaille sans relâche à la Franciade. Il y a deux mois à peine que les quatre premiers chants ont paru ; on doit donc en croire Ronsard :

Si le roy Charles eust vescu, J'eusse achevé ce grand ouvrage.

Ronsard est conseiller et aumônier de Charles IX, comme il l'était de Henri II et de François II. Le gentilhomme signe et scelle de son sceau, avec trois poissons sur l'écusson. (cf. Binet. p. 239.)

t Venerabilibus et circumspectis viris decano, thesaurario et capitulo insignis ecclesi» beatissimi Martini Turonensis ad Romanaum ecclesiam nullo merfio pertineotis,

Petrus de Ronsard, serenissimi domini nostri Caroji Francorum régis christianissimi consiliarius et eleemosinarius, neenon prioratus conventualis sancti Cosme de Insula propeTurones, ordinis sancti Augustini membri , a dicta veslrn

insigni ecclesia depcndentis, ac eidem jure ordiuario et lege diocesana immédiate subjecti , prior commendatarius , ac unus ex octo dignilatibus hebdomadariis vestra' ccclesias ,

Révèrent iam , obcdientiam et subjectionem, taotis vins et patribus débitas.

Placuil prafata? majestati regiae dus aDimum nostrum ad versibus pneclara hujus nostra Gallia- gesta ad lia?c usque nostra terupora scribendum et in lucem emitiendum, quo ne videatur sopila tôt gencrosorum virtus, appelkre', jam, procul dubio cœlestis gratis dono, hujus operis limina salutaviraus , ac eadem gratia prosequemur. Quamobrem ut hebd miadem ipsam , quam in prafata vestra ecclesia nostri prioratus, bujusniodi ratione', in propria (cessante legitimo impedimento), vel per capacem ejusdera vestra Ecclesise lacère tenemur, per vos deputandum , vel a nobis jam deputatum t\ commissum , tantisper regiae majestati serviemus, vel quamdiu vestris venerandis circumspectionibus placuerit, fieri permittatis, rogo atque obsecro. Me bac vestra gratia et munificentia fruentem gratum ac memorem perpetuo prastabo.

Datum H actum Parisiis sub si^no et sigillo noslro, die XI* mensis Novembre, enno Romini MDLXX1I.

Ainsi signé (fac simile) RONSARD.

Scellé en cire rouge entre deux papiers sur lacs de parchemin.

^Ici le fac simile de l'écusson. trois poissons; puis au verso:) Et sur le dos est écrit :

« Le penult* jour de nov l'an 1572, ces présentes lettres ont esté présentées au chapitre de l'Eglise de M' S. Martin dudit Tours par Tr. Toussaint Morand , soubz-prieur dud. prieuré. M'» du ebap" de lad. Eglise ont dict qu'ilz excusoient et de faict ont excusé led. s r Trieur pour les causes mentionnées au blanc de l'autre part, faisant faire ses sepmaines qu'il est tenu faire, et ce par personne capable, jusques à ung an. — Faict au chap. de laJ. Eglise mons r s. Martin, les jour et an que dessus.

Par chapitre, QUEhCEftOT.

J'ai rétabli l'orthographe du texte latin ; on voit ce qu'il faut penser des paroles de Sainte-Marthe « latine iodimmm » : Ronsard avait beaucoup lu les latins . mais il ne savait pas écrire leur langue. Binet nous dit :

• En sa première jeunesse , il s'estoil addom é ù la muse latine , et de l'ail nous avons veu quelques vers latins de sa façon to: passables, comme ceux

1 Le texte est clair, malgré l'embarras de la phrase : Le roi veut que Ronsard s'applique (animum appdlat) à écrire en vers et mettre en lumière les gloires de la France jusqu'à ce jour (ad hax usque uostra tempora). (iuillot ne s'y est donc pas trompé , et ce n'est pas trop des trois chants qu'il a donnés aux prophéties d'Hyante. — ' « De la manière suivante: soit en personne, soit par un délégué.»

•|u'il adresse au cardinal de Lorraine ut à Charles evesque du Mans cl cardinal de Rambouillet , les épigrammes contre quelques ministres et le Tombeau du Roy Charles IX , mais qui monstrent par quelque contrainte forcée , ou qu'il n'y estoit point entièrement né, ou qu'il ne s'y plaisoit pas... »

Ronsard dit lui-même très-ingénument à Lescot (T. VIII , p. 178) :

S il en est ainsi, nous devons nous applaudir qu'il n'ait pas mieux su le latin.

Je fus premièrement curieux du latin ; Nais voyant par cflect que mon cruel destin

Ne m'avoit dextrement pour le latin faict naislre , Je me fy tout François, aimant certes mieux estre En ma langue ou second, ou le tiers, ou premier, Que d'estre sans honneur à Home le dernier.

METZ — IHP. Y. ULANC. — 1854.

Page 1