CEBA ADMIRATEUR DE RONSARD
•qui, charge d’abondants tresors butines dans les champs grecs et latins, emplit la France d’admi ration \ « Moi-meme, nous dit-il, j’eprouve un profond etonnement lorsque, lisant les vers de ce poate, j’entends l’harmonie grecque f rapper mon oreille sous des sons franqais =. » Mais ce que Ceba semble surtout apprecier dans l’oeuvre lyrique de Ronsard, c’est l’art pindarique de pro-
Par ch’ ei donna
Non son lento a condannarlo.
Ne tutto cio ch’ ei disse Ne come’ 1 disse ad ogni passo io lodo; Ne veggio in quel, ch’ei scrisse Servata ogn’ hor la disciplina e’ 1 modo, Ne con le sue saette
Prender sempre del tempo egual vendette. II favor che la sua musa Con profusa
Man tutt’ hor gli concedea Tragittava a lui l’ingegno Fuor del segno Forse piii che non dovea...
1 Veggio alcun che s’avanza
Pin oltre assai per pellegrine strade,
E di Greca abbondanza Tornando carco a le natie contrade Con fortunate imprese Empie di maraviglia il ciel Francese.
Rime d'ANSALDO Ceba. In Roma, L’Anno 1611, p. 595.
2 Quel che battaglia grave Commove in me pungendo E lo stupor, ch’ io prendo Quando sento ferir l’orecchia mia Sotto Francese suon Greca armonia.
Rime d’ANSALDO Ceba. p. 469.
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teger contre les injures du temps, d’arracher a l’oubli et de faire passer a la posterite, les hommes dignes de rimmortalite \
Ecoutons maintenant Jacopo Gaddi; l’heureuse et profonde culture greco-latine de Ronsard le frappe; il lui semble que par les levres de ce poete s’expriment Homere, Pindare, Lycophron, Eschyle, Aristophane, Horace. Examinons cette liste. A cote de Pindare et d'Horace, quels auteurs y trouvons-nous cites? A une exception pres des ecrivains qui alimenterent la veine lyrique 'de Ronsard1 2 * * *.
Fait curieux : on chercherait vainement Anacreon parmi les ancetres grecs que les Italiens du xvi6 et du xvn® siecle donnent au poete franqais. L’anacreontisme ronsardien echappa-t-il a nos
1 Tel est le sens qu’il faut, nous semble-t-il, donner aux vers frangais suivants de Ceba. (Letters d’ANSALDO Ceba ad Agostino Pallavicino di Stefano. In Genova, 1623).