‹ Ronsard lyrique et amoureuxChapitre 10 sur 33 · ODELETTE A CORYDON · texte numérisé non relu

ODELETTE A CORYDON

l'A Y l'esprit tout ennuyé D'avoir trop estudié Les Phénomènes d'Arate :

Il est temps que je m'esbate, Et que faille aux champs jouer.

Bons Dieux ! qui voudroit louer Ceux qui colley sus un livre N'ont jamais soucy de vivre ?

Que nous sert d'estudier, Sinon de nous ennuyer!

Et soin dessus soin accroistre A nous, qui serons peut estre Ou ce matin, ou ce soir Victime de l'Orque noir!

De l'Orque qui ne pardonne Tant il est fier, à personne!

Corydon, marche devant, Sçache où le bon vin se vend Fais après à ma bouteille

Des f milles de quelque treille Un tapon pour la boucher :

Ne m'achète point de chair, Car tant soit elle friande, L'Esté je hay la viande.

Acheté des ahricôs, Des pompons, des artichôs, Des fraises, et de la crème :

C'est en Esté ce que j'aime, Quand sur le bord d'un ruisseau fe la mange au bruit de l'eau, Est en du sur le rivage, Ou dans un antre sauvage.

Ores que je suis dispos, fe veux boire sans repos, De peur que la maladie Un de ces jours ne me die, Me happant à l'impourveu, Meurs g allant, c'est assez beu.

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