ODE A VULCAN
u grand Turc je riay souci, Ny du grand Souldan aussi
L'or ne maistrise ma vie,
Aux Rois je ne porte envie :
fay soucy tant seulement
De parfumer cointement
Ma barbe, et quune couronne
De fleurs le chef m environne.
Le soin de ce jour me point,
Du demain je nen ay point.
Qui (bons Dieux 7) pourroit cognoistre
Si un lendemain doit estre ?
Vulcan, en faveur de moy, Je te prï despesche toy De me tourner une tasse, Qui de profondeur surpasse Celle du vieillard Nestor :
Je ne veux quelle soit d'or, Sans plus fay la moy de chesne, Ou de Ihyerre, ou de fresne.
Ne mengrave point dedans Ces grands panaches pendans, Plastrons, morions, ny armes :
Qu'ay-je soucy des alarmes, Des assaux, ou des combas ?
Aussy ne m y grave pas Ny le Soleil, ny la Lune, Ny le jour, ny la nuict brune, Ny les Astres radieux :
Et quel soin ay-je des deux ?
De leurs Ours, de leur Charrette, DOrion, ou de Boette ?
Mais pein moy je te supply, D'une treille le reply Non encore vendangée :
Peins une vigne chargée De grappes et de raisins, Peins y des jouteurs de vins, Le ne\ et la rouge trongne D'un Silène, et d'un yvrongne.