‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 121 sur 509 · V. ci-dessus, pp. 94 et 95, n"' 3, 4, 5, G · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, pp. 94 et 95, n"' 3, 4, 5, G

6. h. Blanchard [Généal. des Maîtres de.^, Requêtes, Paris, 1670j nous apprend que

DE l'œuvre LYIÎIOl'E DE RONSAKU 137

La deuxième édition des Meslanges présente une particularité très intéressante : Ronsard y a indique la source de dix-neuf odes et ne l'a indiquée que là. On y voit que les n°^ 4, lUà 12, 21 à 25, 33 à 39 du tableau précédent sont « pris d'Anacreon » ', le n° 5 « du latin de D'Aurat » 2, le n° 6 « de Panyasis poëte grec » ■', le n° 14 « de Bion poêle grec » *, le n° 29 « de Sophocle » ■''. Ronsard n'obéissait ainsi à aucun scrupule littéraire, car il supprima ces indications dans les éditions collectives et celles qu'il donnait alors étaient volontairement incomplètes ; il négligeait par exemple de dire que l'épitaphe de Brinon est entièrement paraphrasée du poète néo-latin ,1. Cotla ''. Non; il cédait à un tout autre sentiment, étant lier de montrer en quelque sorte les litres de noblesse de sa docte Muse et du même coup son originalité, car c'était alors être original ([ue de faire passer « le premier » en vers français de l'Anacréon, du Panyasis et du Bion. Pourquoi donc,dira-t-on, ne s'en être pas vanté dès la première édition ''? Peut-être, comme fit souvent Montaigne, « pour tenir en bride la témérité des sentences hastives « et leurrer les critiques envieux qui « s'eschaudroient à injurier en lui » les poètes grecs *.

Est-il, d'autre part, pour l'historien de l'école Ronsardienne,un document plus instructif que ces simples listes du Bocage et des Meslanges ? D'abord elles nous apprennent que dans la deuxième moitié de 1jo3 la Brigade s'augmenta de Magny, Pangeas, Brinon et Charbonnier, auxquels se joignirent, très probablement en 1534, Jean Nicot, Guy de Bruès, Revergat, Choiseul et Rubampré'-*. Ce ijui est piquant, c'est de voir Ronsard admettre dans sa troupe, et en bon rang, le disciple chéri

Jean Brinon, >• pourvu d'une charge de Maître des requêtes, ne fut pas reçu à cause de sa mort arrivée l'an 1554. sans avoir été marié <', En rapprochant cette date, qui est de l'ancien style, du millésime de la deuxième édition des Meslanges (1555, n. st.), nous pouvons aflirmer que Brinon mourut avant le 14 avril, jour de l'àques en 1555 Du même coup, nous fixons la date de cette deuxième édition. Cf un passage de l'ode A Guill. Aubert, parue dans la Coittiiitialioii des Amours : « Ne vei-tu pas hyer Brinon | Parlant, et faisant bonne chère, [ Lequel au jourd huy' n'est, sinon | Qu'un peu de poudre en une bière... ? t.Bl., Il, 292. 1. V. ci-après, p. 160.

2 Je n'ai pu trouver l'original de celte pièce dans l'édition collective des Poemalia de Dorât (1586)

3 II s'agit du fragment : Ï£;v' iy; or) xi! t:ïv£. ., conservé par Stobée, Floril . XVIII, 22.

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