‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 128 sur 509 · Ode : Le petit enfant Amour (II, 270. — II · texte numérisé non relu

Ode : Le petit enfant Amour (II, 270. — II

20. — Ode ais Mises, a Venus, ai;s Grâces, als Xinfes, et aus Faunes :

Chaste troupe Pierienne (II, 272. — II, 343).

Dans la première de ces pièces, insérée à latin du livre 11, lionsard remerciait un secrétaire du roi qui avait obtenu pour lui quelque faveur ou pris son parti contre les derniers médisants ". Les sept suivantes, placées en tète du livre III, contenaient des éloges quasi ofTiciels, où Ronsard s'était cru obligé de hausser le ton jusqu'à l'épopée, d'employer le merveilleux de la mythologie et de l'allégorie, de faire appel à ses réminiscences d'Homère, d'Hésiode, de Pindare, de Callimaque, de Virgile et d'Horace (l'Horace des odes politiques). Les douze autres, disséminées dans le livre IV, s'inspiraient plus ou moins directement

1. Les trois filles de Henri II. Elisabelh née en 154G, Claude en 1547 et Marguerite en 1553. Celte dernière, étant du 24 mai, n'avait que dix-huit mois.

2 II est étonnant que Honsard n'ait pas consacré avant 1555 un seul vers à la toutepuissanle favorite, qu il proclame ici plus belle qu'Hélène, plus chaste que Lucrèce. Ronsard suivit la Cour au château d'Anet en 1555 ou 5(i Bl.. \l, 284). Il adressa encore à Diane deux sonnets en 155G et 58 Bl., V, 330 et suiv).

3. L'un des membres de la Brigade, le second auteur de tragédies après Jodelle cf. Faguet, th. fr , pp. 89 à 93 . En 1553 Ronsard et La Péruse avaient échangé des vers très amicaux {v. ci dessus, p. 115, note 3 . Outre la Médée, publiée en 1555, les Œuvres de La Péruse parurent en 1573 par les soins de Cl Binet, et furent rééditées en 1867 chez Jouaust par Gellibert des Seguins.

4. Odelette irrégulière La Rose dont il s'agit pourrait bien être la même que celle de l'ode Dieu te gard, à la suite de laquelle cette èpilaphe est placée en 1555 v. cidessus, p. 46, note 6y.

5. Je ne connais sous le nom d'ErcoIe Strozzl qu'un poète néo-latin de Ferrare, mort en 1508. Or celte èpilaphe ne peut convenir qu'à un marin, et précisément en 1554, le 26 juin mourut un Léon Strozzi, grand amiral des galères françaises, frère du maréchal de France Pierre Strozzi. Ronsard lui aurait-il donné par inadvertance le prénom du poète ferrarais ?

6. Cette pièce, bien que composée en alexandrins à rimes plates, a toujours été conservée dans les éditions contemporaines de Ronsard à la lin du livre H des Odes. Bl. l'a rangée dans les Elégies d'après la l" édition posthume. — Sur la nature du service que M. de Loménie aurait rendu à Ronsard, v. ci-dessus, p. 118, note 4.

DE l'oeuvre LYRIOVE DE RONSARD 143

d'Anacréon, deVAnthologii', de Tliéocrite, de Pétrarque, de Flaminio et de Manille. En outre, la fameuse ode à Cassandre, Mignonne, allon voir, prenait place au livre I ; de toutes les odes publiées dans des recueils isolés depuis l'édition de 15S0, c'était la seule qui fût l'objet dune pareille distinction ; Ronsard l'insérait immédiatement après l'ode à Bertran Berger, La mercerie que je porte, hautaine et stoïcienne, pour bien marquer la diversité de son inspiration et donner plus de raison d'être à ces vers de transition :

Taises vous, ma Lyre jazarde,

Ce dernier chant n'est pas pour vous :

Retournés louer ma Cassandre

Et sur votre corde plus tendre

Chantes la d'un fredon plus dous '.

En revanche, il supprimait l'ode 14 du livre 1, Puissai-je entonner un vers. Cette supression n'était pas moins significative que celles qu'il avait consenties dès la seconde édition - : le temps était passé des violences et des rodomontades, dont le besoin ne se faisait plus sentir une fois la cause gagnée, et si Ronsard, incontestablement vainqueur, comparait encore son œuvre à celle de ses prédécesseurs ou de ses contemporains, comme il le fit dans VElegie à Cassandre, sa fierté légitime se tempérait d'un air de modestie qui lui seyait bien mieux '■'■

La nouvelle édition était en outre allégée de la plupart des pièces qui formaient l'appendice des deux précédent s '* ; disparaissait aussi la Brève exposition, où i. Martin, mort dans l'intervalle, avait si maladroitement fait ressortir l'obscurité ronsardienne 5. Deux odes latines de Dorât, un sonnet de du Bellay, qui figuraient déjà dans l'édition primitive, et quelques hendécasyllabes latins de Robert delà Haye, tel était le seul supplément du volume. Enfin pour la première fois paraissait la dédicace générale Au Roy :

Apres avoir Ion tems [sic] sué sous le harnois...,

qui ne fut composée — le début le prouve assez — que plusieurs mois après la campagne de Flandre et la victoire de Renty (13 août 1354)''. Elle a cent vers, mais, à mon sens, elle était beaucoup plus

1 Bl , 11.116-117.

2 V. ci-dessus, pp. 92 et 93.

3. Voir Bl., I, 125. Au reste, la 3' édition des OJes se terminait par ce distique de Pioperce, que les deux siècles suivants devaient si injustement démentir :

At nùtxi quodvivo detraxerat inuida tiirba Post obitunt duplici fœnore reddet opiis.

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