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DE l'œuvre lyrique DE RONSARD 143
ambages une généreuse pension ou une sinécure lucrative, qui lui permit d'employer tous ses loisirs à la composition delà Franciade : Donnemoi du bien, lui disait-il,
Car la seule vertu sans le bleu ne sert rien... Les vertus et le bien que je veus recevoir. C'est le nioien bien tost en armes de pouvoir Amener ton Francus avec une grand' trope D'Asie, pourdonter la plus part de l'Europe, Mais il te faut paier les frais de son arroi '
Comment expliquer une si flagrante contradiction ? Ronsard, à vrai dire, n'avait pas cessé depuis 13i9 de solliciter en termes non équivoques la générosité de Henri 11 et de son entourage - ; d'autre part tout porte à croire que deux ou trois, au moins, des odes court isanesques insérées dans l'édition de janvier looo sont antérieures à la publication du 2" Boaage, qui eu[ lieu dans les derniers jours de novembre 1554 3. On aurait donc tort de penser que, pressé par le besoin, il changea subitement de caractère et fil bon marché en décembre de celte fière attitude dont il se glorifiait le mois précédent. Avait-il écrit sa dédicace à Pasihal dans un de ces moments d'inconscience, ou d'inconséquence, / si naturelle aux gens d'imagination et de sensibilité, qui prennent leur désir pour une réalité et mentent avec la meilleure foi du monde ? Peut-être, car l'édition même de janvier lo53 en offre la preuve ; quelques pages après celles où il mettait ses Muses à prix et les vendait littéralement au roi, il avait le front de leur parler ainsi dans une ode aux filles du roi :
Vous sçavés, pueelles chères,
Que. libre, onques je n'apris
De vous faire mercenaires
Xi chetives prisonnières
Vous vendant pour quelque pris :