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d'Homère et de Virgile, sans obtenir un bénéfice convenable, qui lui permît de <.< philosopher à son aise ».
Une ode, une chanson, se peut faire sans pcne. Mais une Franciade, œuvre de longue iialene, Ne s'accomplist ainsy '.
Une cure, comme celle dont il était titulaire depuis quelques mois, ne lui suflisait pas-. Non pas qu'il ambitionnât un office public ou un riche évêché ; mais, comme Horace, il se fût contenté d'un « médiocre bien », par exemple d'une abbaye ■'. Henri II promit à son poète tout ce qu'il demanda, mais ses promesses restèrent sans effet ; Ronsard eut beau faire intervenir les personnages les plus puissants, tels que Madame Marguerite et Montmorency, les abbayes et même les prieurés allèrent à des courtisans plus habiles ou plus protégés. J'emprunte ces détails à une épître un peu postérieure, il est vrai, adressée au Cardinal de Lorraine, mais, outre qu'elle résume admirablement les prétentions, les démarches et les déceptions de Ronsard à celte époque, le poète y fait lui-même remonter à la première moitié de 1534 et la bienveillance de Henri 11, qui ne lui a jamais rien refusé, et le malheureux
destin.
Qui n'a voulu du lioy mettre le vueil à fin ^
Donc, vers le milieu de lool, Ronsard, peu satisfait et peu patient, sollicité d'ailleurs par la publication de VAnacréon de H. Estienne et entraîné par son tempérament dominant de poète lyrique, s'était remis à écrire sonnets, odes et chansons. Puis il en avait formé la plus grande partie des deux recueils de novembre, déclarant en tète du Bocage avec mauvaise humeur : « Je ne demande rien aux rois, car leurs bienfaits sont inconstants » •", et plaçant à dessein en tète des Meslanqes