‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 207 sur 509 · V. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, p

y. Ibid., et p. 231.

Cosme-lez-Tours, loin des Villeroy el des L'Aubespine. Ouoi qu'il en soit, il n'y a guère de personnages que Ronsard ait plus encensés que Villeroy, « l'Hercule chasse-mal » et « le support des Muses ». C'est qu'il lui offrait, ainsi qu'à Dorât, Baïf et Jamin, une hospitalité princière en son château de Contlans, qu'il était l'un des familiers les plus intimes de Charles IX, et que, comme trésorier de ses ordres, il tenait les clefs de la cassette royale ' .

Gandar a caractérisé d'un mot plusieurs poésies du recueil de 1569 : elles sont, dit-il, improvisées 2. Ronsard, loin de s'en cacher, les lit précéder, nous venons d'en avoir une preuve, de la mention « promtement faite » ^. C'était une sorte de précaution oratoire, semblable à celle d'Oronte, et très légitime au reste, car, quoi qu'en dise Aiceste, le temps fait beaucoup à l'affaire. Ce caractère de composition trop facile apparaît bien dans les trois derniers numéros du tableau précédent : une odelette de deux strophes *, un « baiser » monostrophique^, un huilain en vers libres •>. Et pourtant on y trouve encore le sel, le parfum et la flamme qui sont proprement la poésie, parce que Ronsard y chante allègrement le vin et l'amour, et que, par bonheur, il reste notre Anacréon en ces années même où il cherche à réaliser son rêve malheureux de devenir notre Homère ''. 11 suffit pour s'en convaincre

1. V. un sonnet de l.'iTO, l'oiir aborder {Bl., VIII, 127 ; M -L., VI, 431) ; six sonnets ((ui parurent l'année suivante en tête des Mascarades dédiées à X'îlleroy ; Vous estes grand ; Les anciens sotiloient ;B1., 1,372-73) ; Ce grand Hercule ; Le bon Bacchus (\', 341-42| ; 7>ois temps. Seigneurs [id., 355) ; Villeroy dont le nom (1,427) ; la lin du sonnet Si quelque Dieu, dédié à la suite de ces Mascarades eu 1571 " au Seigneur Nicolas Segrelaire du Roy -s qui est d'ailleurs un autre personnage que \'ilIeroy iBI., \'III. 126; M -L. VI, 417) ; un sonnet de 1578: Quand Villeroy naquit (I. 372| ; un autre de 1584 : Encor que vous soyez. Quant aux sonnets : Comme la Mascarade flV, 120), et (^Jiacun cognoist V, 345 , également adressés à Villeroj', au début et à la fin des Mascarades de notre poète en 1571, ils ont pour auteur A. Jarain, et non pas Ronsard comme on l'a cru jusqu ici ^cf. lieu. d'Hist. litt. de 1906, p. 112). — \^oir encore une longue épître dédicace des Amours diverses, écrite vers 1581 (I 367), un sonnet à M""^ de N'illero}' jV, 338l, et l'épitaphe de sa chienne (VII, 257). On ne peut mieux comparer les rapports littéraires de Ronsard et de Villeroy qu'avec ceux de La Fontaine et de Fouquet : les deux poètes chantèrent la femme de leur bienfaiteur et adressèrent des quittances en vers au mari qui les pensionnait.

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