‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 214 sur 509 · Bl · texte numérisé non relu

Bl

2. Il n'a ]>lus parlé du cardinal Odel après 1562 (v. ci-dessus, p. 234, n 3). — Quant à L'Hospital, qui aux yeux des catholiques passait pour un Ijuguenot et fut disgracié eu 1568. Ronsard l'a noiumé pour la dernière fois dans VElcgie à Monsieur de Foix, publiée en 15IJ5 (Bl. III. 367). — Au reste, même silence, prudent ou méprisant, quand disparut (en décembre 1574| le mauvais génie des derniers Valois, le cardinal Charles de Lorraine, dont il avait fait l'apothéose au temps de Henri II ; Ronsard ne lui avait pas adressé un seul vers depuis le Procès (1561-62i ; on trouve l'éloge général des Guises dans l'un des Oisco»r.s politiques : mais après la Prnsopopèe de feu François de Lorraine, Duc de Guise .févr. 1563'. plus rien, le crédit du cardinal ayant singulièrement diminué.

3. Toiubeau de Charles IX, et Tombeau de Marg. de France ;B1., VII, 17U-191J.

DE l'OEI VBE LYKIOl'E HE ROiVSARn 249

CII\PlTKt: V

ROiNSARD KT HENKl III. — LES UERMÈRES PLBLICATIÛNS

I. — Ronsard et Henri III. — Les dernières œuvres Ijriques, la plupart relatives au règne précédent.

A. Les Estoillcs (1575). — Les odes A Phœhus et Au Roy Charles.

B. La a' édition collective fl578:. — Les pièces Sur la mort de Marie. — Eurymedon etCallirée. — haCharite. — Ronsard chantred'Hèlène. — L'Amour logé. — Additions au volume des Odes. — Suppressions et transpositions.

II. — Ronsard panégjriste de Henri III et de sa cour. — La 6'' édition collective (1584). - Additions: encore Ronsard catullien et marotique. — Suppressions. — Préparatifs pour une 7' édition. — Les Derniers vers. — Les exécuteurs testamentaires. — h'Hymne des pères de famille. — Transpositions et suppressions de l'édition posthume (1586-87).

III. — Ronsard « Aristarque de ses œuvres ». — Ses admirateurs le blâment, de Pasquier à Blancheniain inclus. Notre opinion. Ronsard s'est constamment Il corrigé » avec succès. Raisons des changements. Raisons des suppressions ; elles sont surtout d'ordre historique et littéraire- — Sa prétendue caducité. Ses scrupules d'artiste. Son goût classique. Sa pensée finale.

On sait comment Henri d'.\njou, roi de Pologne, vint recueillir la succession de son frère. Après s'être enfui de Cracovie, après s'être attardé durant près de trois mois en Autriche et dans la haute Italie, il parvint le 6 septembre 1374 à Lyon, où l'attendaient la reine mère et la Cour. C'est ce moment-là que Ronsard, resté à Paris, choisit pour se recommander à l'attention bienveillante du nouveau roi. Il le fit en un discours qui n'était pas d'un courtisan vulgaire, car, tout en lui rappelant les nombreux vers qu'il avait écrits en son honneur depuis l'ode de 1353, 7'anl seulement pour ceste fois, jusqu'à l'ode de 1373, Je suis des Dieux la fille aisnée, surtout le Chant triomphal après Jarnac, et l'Hydre desfaict après Moncontour, il usait hardiment de cette liberté qu'il avait eue sous le précédent règne, de signaler les abus, de donner des conseils, d'exhorter à la Justice et à la modération '. Le 1'^'' janvier 1373, Henri III, à Avignon, recevait comme étrennes d'autres vers de Ronsard plus dignes encore

1. Discours au Hoy Henry, à son arrivée en France (var. de l'éd. de Lj'on, 1575 : aprcs son retour de Pologne). Cf. BI., III, pp. 276 et suiv. ; M.-L., VI, 399).'

et plus courageux, où le poète sollicitait entre autres faveurs celle de faire la satire de la Cour et mettait le roi en garde contre les séductions du pouvoir K Mais le roi se garda d'entendre, et Ronsard fut réduit à écrire quelques mascarades insignifiantes et quelques sonnets hyperboliquement flatteurs, lorsque Henri 111, sacré et marié à Reims, eut fait enfin son entrée à Paris (fin de février 1575) -.Henri 111 demanda des vers d'amour et des discours en prose ^; Ronsard obéit, mais sans enthousiasme, et ne tarda pas à quitter la Cour pour ses prieurés de Croixval et de Saint-Cosme*. 11 semble avoir dès lors partagé le désenchantement général et regretté plus que jamais l'amitié réconfortante dont l'honorait Charles IX. Du moins peut-on dire que la plaquette collective des Estoilles, qu'il publia cette année-là chez G. Buon, témoignait surtout des relations intimes qu'il avait eues avec Charles IX, et contenait par suite ou un exemple à suivre ou un secret reproche à l'adresse de son successeur.

Cette plaquette, dont le titre complet, très long, était une table des matières (à une exception près) ^, se composait des pièces suivantes :

1. — Les Estoilles, envoyées a Monsieur de Pibrac en Polonne. Ode. 0 des

Muses la plus faconde (B\., V, 148. — M.-L., IV, 255).

2. — Response à une elegie du feu Roy Charles IX, envoyée à Ronsard, qui

se commence : Ronsard, je congnois bien (les deux premiers vers). Charles, en (juile ciel toutes grâces inspire (III, 255-57. — III, 179).

3. — Response à une autre elegie de sadicte Majesté, qui se commence :

Ronsard, si ton vieil corps (les deux premiers vers). Charles, tel que je suis vous serez quelque jour (III, 257-60. — III, 181-82).

4. — Ode a Phœbus pour guarir le Roy Charles IX. Pha-hns, soit que tu

sois (II, 327. — II, 408).

5. — Ode au Roy Charles, luy donnant un Léon Hebrieu. Je vous donne pour

vos estreines {II. 331. — II, 412).

6. — Discours au Roy Henry, à son arrivée en France : Si L honneur de por-

ter deux sceptres en la main (III, 276. — III, 197).

Seuls, les n°M, 4 et ,5 intéressent directement notre étude.

La pièce des Estoilles est un écho des discussions passionnées aux-

1. Eslrennes au roy Henry III envoyées à sa Majesté, au mois de décembre (Bl., III, 283, et VIII, 306).

Page 1