Evèque de Rieux
4. Abbé de Pimpont, conseiller au Parlement de Paris. Il signait G. Valens Guellîus, ou PP.
5. Paris, Lucas Breyer. Le privilège est du 16 janvier 1574. Le vol. est d'autre part dédié à Charles IX, donc antérieur à la fin de mai. V. la Bibliothèque de l'abbé Gouget, IV. pp. 16 à 19 et 453.
6. Bl-, II, 478. — M.-L., V^I, 129. Ronsard, volontairement ou non, ne la recueillit dans aucune de ses éditions. On la retrouve dans chaque édition de l'Iliade traduite par Jamin f Breyer en donna une troisième en 1580, L'Angelier une quatrième eu 1584\ mais elle ne reparut parmi les Œuvres de Ronsard qu'en 1609.
2i8 GENÈSE ET EVOLUTION
en tête de la Franciade qu'Homère et Virgile revivaient en Ronsard ' ; celui-ci, pour ne pas être en reste de compliments, affirma que son disciple et ami avait reçu l'âme d'Homère. 11 semble d'ailleurs que notre poète ait déjà renoncé alors à poursuivre l'épopée de Francus. J'admire Homère, dit-il dans les dernières strophes, de n'avoir chanté que la guerre étrangère et j'envie son sort, moi qui ne saurais aujourd'hui, hélas ! honorer mon nom qu'en chantant la guerre civile. — Et la pièce se termine par une prière en faveur de Charles IX, de « l'antique loy » et de r « éternelle paix », qui résume bien la tristesse de Ronsard en ces mauvais jours.
Mauvais jours, enefTel, que ceux où la politique troublelessentiments, rompt les amitiés, efface le souvenir des bienfaits. Le bon cardinal Odet de Chàtillon et le bon chancelier Michel de L'Hospital étaientmorts, le premieren 1571, le second en 1M73, sans que Ronsard, qui les avait jadis portés aux nues, et pour cause, accordât un seul vers à leur mémoire -. En revanche, il exprima sou profond chagrin de la mort de Charles IX (3Umai LoT-ii et de celle de Marguerite de Savoie(18 septembre), les seuls membres de la famille royale qui se fussent vraiment intéressés à son oeuvre et lui eussent donné des marques constantes d'admiration •'. La première de ces morts surtout lui porta un coup terrible. On peut dire que le règne de Ronsard finit à peu près avec celui de Charles IX; notre poète devait bientôt se voir détrôné par un jeune disciple, Desportes, qui avait accompagné Henri d'Anjou dans son royaume de Pologne, et rimé pour lui à Cracovie des élégies amoureuses. Dès lors s'éteignit l'enthousiasme lyrique de Ronsard, qui, d'ailleurs aigri par une vieillesse précoce et le spectacle honteux de la nouvelle Cour, ne fut plus guère inspiré, comme Juvénal, que par le dépit ou l'indignation. S'il fit encore paraître environ vingt-cinq odes, la plupart d'entre elles, nous allons le voir, ont été composées avant le règne de Henri 111.